‹ Les Vies Des Hommes Illustres Grecs Et RomainsChapitre 4 sur 43 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

corps, avec le ciel et F air ou nous avons premièrement respiréy qui semble une obligation naturelle. Mais comme ainsi soit que toutes nations, non plus que tous hommes particuliers, ne sont pas propres à estre régies d'une s mesme sorte de gouvernement, pource quil est plus expédient à aucunes de servir que de commander, et quau jugement du prince des philosophes, la plus parfaitte des trois espèces du gouvernement de la chose publique, et la plus selon Dieu et nature, est celle de la royauté, ceulx lo qui par élection ou par nativité y sont soubmis, doyvent bien affectueusement esvertuer toutes leurs forces, et decorps et d'entendement, pour faire, chacun en son endroit et selon sa vacation, service à leur souverain : attendu que servans à un, il^i profitent à tous, et qu'en luy seul gist is Vheur et malheur de ses subjects ; de luy dépend le repos ou travail, l'aise ou misère de tous ceux qui vivent soubs son empire ; luy seul représente la chose publique, veu que sa voulunté est loy, sa parole arrest, et sa vie discipline exemplaire de bien ou de mal faire. Si me semble à ce 20 propos qu'Artabanus, Pun des capitaines du roy Xerxes, respondit sagement à Themistocles, lors qu'il se retira fuitifde la Grèce en la cour de Perse : « Les loix et « coustumes des hommes, dit il, sont différentes, Themis- « tocles, et y a des choses tenues pour honestes[en un pats, 25 « qui ne le sont pas en un autre : mais bien est il par « tout honeste à un chacun, de maintenir et garder celles « de son paîs. Car quant à vous autres Grecs, on dit que « vous n'avez^ rien si cher ny en si grande recommandation « que la liberté et l'égalité : mais nous Persiens estimons 30 « que la plus belle et la plus saincte ordonnance que nous

18 A et D : volonté — 20 D : Tun des principaux dn roi

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