XIV INTRODUCTION
Les solitaires de la nouvelle alliance qui, dès le commencement, ont embrassé cet état, ont eu en vue, dit le P. Marin, de pratiquer les conseils de l'Évangile, et d'exécuter à la lettre ces paroles de Jésus-Christ : Vendez ce que vous avez, donnez-le aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le ciel ; après cela venez et me suivez. Et ces autres : Quiconque aura quitté pour ï amour de moi sa maison, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou ses enfants, ou ses terres, il en recevra le centuple et possédera la vie éternelle.
Ainsi ce saint état n'est pas une invention humaine, puisqu'on y prend pour règle les conseils évangéliques ; et comme Jésus-Christ est l'auteur de ces divins conseils, il doit être aussi regardé comme auteur d'une institution où l'on fait une profession expresse de'les suivre.
Ce divin Maître, dont la sagesse dispose tout avec force et avec douceur, ne proposait pas ces maximes comme des lois indispensables à chaque fidèle pour le salut ; il les conseillait comme de salutaires moyens qu'on pourrait suivre, si Ton voulait devenir parfait, et qu'on était libre de ne pas suivre sans qu'on perdît pour cela la vie éternelle.
Il faut donc distinguer dans l'Évangile ce qui est de précepte, et ce qui n'est que conseillé comme plus parfait. C'est sur cette distinction que sont fondés deux états différents : l'un, d'une vie commune, où, parmi les embarras de la vie civile, on travaille à se sanctifier, en observant fidèlement les préceptes; l'autre, d'une vie particulière, où, en renonçant aux choses du siècle, on s'applique uniquement aux exercices de la religion, et l'on s'efforce de s'élever à la perfection par 18 pratique des conseils évangéliques.
Tel est le principe de la profession monastique, et ce qui