‹ Les Vies des Pères des déserts d'OrientChapitre 9 sur 61 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

martyrs, et attira la colère de Dieu sur des solitudes ç\\ taut de moines éminents en piété l'avaient glorifié par leurs travaux et par leurs vertus, et avaient fait de ces lieux une terre de bénédictions et de grâces. »

La vie monastique a eu ses précurseurs dans l'ancienne alliance ; mais c'est la nouvelle alliance qui lui a donné sa perfection. « Déjà dans la religion mosaïque, dit Cantu, s'appuyant sur Philon, on avait vu des personnes pieuses qui, pour se livrer plus exclusivement à la vie contemplative , abandonnaient leurs biens, leur patrie et se retiraient dans des lieux déserts. Ces solitaires appartenaient aux Esséniens, et on les appelait en grec Thérapeutes ; ils se tenaient principalement aux environs du lac Mœris, en Egypte, dans des habitations séparées, mais non pas assez distantes les unes des autres pour qu'ils ne pussent se porter réciproquement secours contre les brigands. Ils vivaient dans l'abstinence, ne prenant rien quaprès le soleil couché ; et quelques-uns, tous les trois ou six jours seulement, ne mangeant que du pain, en y joignant au plus de lhysope et du sel ' . Leur vêtement était en rapport avec ce régime austère : ils priaient matin et soir, et passaient le reste du temps à lire, à méditer sur les livres sacrés, à y chercher des allégories, à composer des hymnes et à les chanter 2. » Ils avaient des exercices en commun et se réunissaient notamment toutes les sept semaines pour manger et prier ensemble. Les femmes étaient admises à ces réunions.

1 Nous ferons remarquer ici que le climat de l'Egypte permettait des abstinences qui seraient impossibles dans les pays froids. 1 César Cantu, Histoire universelle, t. V, p. 547.

Lue. if, 22.

Page 1