XVI INTRODUCTION
ainsi, et on appelle proprement moines ceux qui se sont retirés des villes, pour vaquer tout entiers, et loin du commerce des hommes, aux exercices de piété, soit dans un corps de communauté en qualité de cénobites, soit seuls, ou deux et trois ensemble, en qualité d'ermites et d'anachorètes.
Les auteurs sont fort partagés sur l'origine de l'état monastique pris dans ce sens rigoureux. Les uns veulent qu'on reconnaisse une succession de moines depuis les apôtres jusqu'à saint Paul ermite et saint Antoine le Grand; les autres, au contraire, soutiennent que saint Paul fut le premier qui habita seul dans le désert, que saint Antoine est le premier Père des solitaires, et saint Pacôme l'instituteur des cénobites, coiiat. 18, Cassien se déclare ouvertement pour le premier sentiment
dans la 18e Conférence, où, faisant parler l'abbé Piammon, il voye« aussi établit comme une chose sûre, que la vie cénobitique a précédé
Biv. de vet.
mon. i. 2. celle des anachorètes ; que celle-là commença avec les Apôtres ; que c'était l'état des premiers fidèles de Jérusalem, et que toute l'Église était alors composée de personnes qui vivaient tellement en commun, que les monastères qu'on établit depuis en ont eu peu qui leur ressemblassent.
« Mais, ajoute-t-il, après la mort des Apôtres, les fidèles commençant à se relâcher, ceux qui étaient encore dans la ferveur que ces chefs de l'Église avaient allumée, et qui se souvenaient de ce qu'ils avaient vu pratiquer, sortirent des villes, se retirèrent dans des lieux écartés ; et peu à peu s'éloignant davantage de la conversation des autres fidèles, on leur donna le nom de moines et de solitaires, et leur union fit qu'après on les appela cénobites. Et c'est de cette tige féconde de tant de saints, que sortirent ensuite les anachorètes, dont les principaux fondateurs furent saint Paul et saint Antoine. »