V5I1 INTRODUCTION
présenta à saint Helien, < vêquc d'Héliopolis en Egypte, qui la baptisa et la mit dans un monastère d'hommes, où sa piété éclata si fort, qu'après la mort de l'abbé on la mit en sa place, jusqu'à ce qu'ayant déclaré son sexe, pour une raison qui intéressait la gloire de Jésus-Christ, elle assembla une communauté de Yierges, et souffrit enfin le martyre.
On cite pour le troisième siècle saint Nicon, qui passa de l'état religieux à Fépiscopat, sans pourtant quitter la profession monastique, et souffrit le martyre avec 199 de ses religieux ; les ascètes dont parle Origène contre Celse ; sainte Théodote, martyre sous l'empereur Alexandre, et qui avait demeuré dans un monastère ; les actes de saint Galaction, qui portent qu"0nufre moine convertit sa mère Leucippe, et que ce saint ayant, avec son épouse Epistème, quitté le monde, ils se retirèrent, l'un dans un monastère d'hommes près du mont Sina, et sa femme dans une petite communauté de vierges, et finirent ensuite leur vie par le martyre ; saint Moïse martyr, qui se retira l'an 233 dans le désert de Raïthe, où il y avait déjà des solitaires ; saint Pansophe d'Alexandrie, qui vécut vingt-sept ans dans le désert après la mort de son père, et mourut pour la confession de la foi ; saint Abibe, diacre et moine, qui souffrit dans la même persécution que saint Pansophe ; les saintes Victoire et Anastasie, martyres, qui avaient servi Dieu dans un monastère de vierges ; saint Léon de Patare, aussi moine et martyr; saint Denis, qu'on dit avoir été moine avant que d'être élu Pape, et plusieurs autres qu'on peut voir dans Bivarius et Bulteau qui les a recueillis dans un seul article.
Mais ce dernier, après avoir donné cette longue liste de saints moines et de vierges, qu'on met dans l'ordre monastique, montre les difficultés qu'on objecte, ou sur la vérité ou sur
INTRODUCTION. XIÏ
l'antiquité de leurs actes, et nous fait désirer des preuves plus convaincantes de la succession que ces exemples ont d'abord semblé démontrer. On doit pourtant convenir qu'ils ne sont pas tout à fait inutiles, et que bien qu'on n'y puisse pas faire fonds comme sur de fortes preuves, ils ajoutent quelques degrés de probabilité à d'autres raisons dont cette succession est appuyée.
Baillet nous en fournit une dans la vie de saint Marc. « Il ^ est certain, dit-il, que dès le temps de saint Marc il y avait wiL plusieurs chrétiens que le désir de vivre plus parfaitement que le commun, portait à se retirer à la campagne dans le voisinage d'Alexandrie, et à demeurer enfin dans des maisons, priant, méditant l'Écriture sainte, travaillant de leurs mains, faisant des abstinences de plusieurs jours de suite, et ne prenant leur nourriture qu après le soleil couché. »
Ces fervents chrétiens étaient sans doute du nombre de ceux qu'on a appelés ascètes, c'est-à-dire, exercitants ou combattants, à cause de leur ardeur à s'exercer dans le combat de la vie spirituelle. Mais si ces ascètes ne sont pas différents des moines, voilà la question de la succession monastique depuis les apôtres pleinement décidée ; car personne ne doute qu'il n'y ait eu dès le commencement, des ascètes dans l'Église, Origène en parle d'une manière trop positive, et les exemples «Nf- * ~ en sont si fréquents dans l'histoire ecclésiastique, qu'on ne peut pas disputer là-dessus.
Or il y a plusieurs raisons de croire que ces ascètes étaient de véritables moines. 1° La signification de leur nom, qu'on applique avec justice aux moines : car si les ascètes sont ainsi appelés parce qu'on les regardait comme des athlètes spirituels qui s'exerçaient généreusement dans le combat des passions
ites