XX INTRODUCTION
^t la pratique laborieuse des vertus, les saints n'ont pas parlé autrement des moines : « Ils doivent, dit Cassien, ceindre leurs reins comme des soldats de Jésus-Christ toujours prêts à combattre. » Et saint Benoît dans sa règle adresse ainsi la parole aux moines : « C'est à vous que je parle à présent qui que vous soyez, qui renonçant à vous-mêmes, voulez combattre sous les enseignes de Jésus-Christ votre roi, et qui prenez pour cela les fortes et brillantes armes de l'obéissance. »
En second lieu, les moines ont été appelés indifféremment par les Pères grecs thérapeutes et ascètes, comme le remarque un docte commentateur de Cassien. Saint Basile appelle ses traités pour la conduite des moines, des règles ascétiques, et leurs monastères des demeures ascétiques : et en se justifiant de ce qu'on lui reprochait d'avoir donné cours à l'état monastique dans la Cappadoce : « On nous accuse, dit-il, d'avoir des ascètes ardents pour la piété, qui ont renoncé au monde. »
En troisième lieu, les exercices des ascètes furent constamment, les mêmes que ceux des moines. Ils vivaient en grande retraite : ils jeûnaient deux et trois jours de suite, ou même des semaines entières : ils observaient la xérophagie, mangeant des aliments secs, comme les noix, les amandes, les dattes, etc. Us gardaient la continence : ils portaient le cilice, dormaient sur la terre, veillaient beaucoup, lisaient assidûment l'Ecriture sainte, priaient souvent. Tels étaient les ascètes, selon Fleury. Or on ne voit pas que les moines du temps de saint Antoine vécussent autrement.
D'ailleurs, Ja différence qu'on veut mettre entre les ascètes et les moines, ne consiste qu'en ce que ceux-là s'éloignaient peu des villes, et même quelques-uns demeuraient dans leur enceinte, renfermés dans des maisons, au lieu que les moines