‹ Les Vies des Pères des déserts d'OrientChapitre 17 sur 61 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

tant par le nombre prodigieux de ceux qui F embrassèrent que par leurs vertus éminentes, et les dons merveilleux dont Dieu favorisa plusieurs ; 2° que quand même il n'y aurait point eu de moines, tels qu'on les entend dans le sens le plus rigoureux, c'est-à-dire, des chrétiens qui se fussent retirés dans les déserts, ou seuls ou unis en corps de communauté avant saint Paul, saint Antoine et saint Pacôme, on peut dire que l'état des ascètes, qui a été de tous les temps dans F Église, doit être considéré comme Fessai ou Fébauche de l'état des moines qui reçurent les derniers traits de leur profession en demeurant dans les déserts. 3° Ne pourrait-on pas ajouter qu'avant saint Antoine il y avait un habit monastique, puisque saint Palémon, plus ancien que lui, quoique de fort peu de temps, en revêtit saint Pacôme, ce qui prouve qu'il en était revêtu lui-même, sans qu'il soit prouvé d'ailleurs qu'il en fut l'instituteur. 4° Il est encore vrai de dire qu'avant que saint Pacôme formât ses communautés, il y avait des solitaires qui vivaient ensemble, et peut-être même en assez grand nombre, comme on peut le conjecturer de l'histoire des monastères de Chenobosque et de Moncose, ainsi qu'on le verra dans la vie de ee Saint. De tout cela on pourrait conclure que si les historiens ecclésiastiques n'ont pas parlé avant saint Antoine de Fétat monastique, comme ils l'ont fait depuis, c'est que les premiers moines n'eurent pas les dons extraordinaires qu'il plut à Dieu de communiquer avec tant d'abondance, à saint Antoine, à saint Hilarion, à saint Pacôme et à tant d'autres; et qu'étant, d'ailleurs, en petit nombre, ils faisaient trop peu de sensation pour occuper une place distinguée dans l'histoire de l'Église.

INTRODUCTION. XSHI

Arnaud d'AndiJly, dans sou discours sur les Vies des saints >}èresdes déserts, s'est particulièrement attaché à démontrer que ces vies peuvent être fort utiles, non-seulement aux personnes religieuses, mais aussi aux séculiers. Il donne ses raisons un peu trop longuement pour que nous les reproduisions en entier ; mais voici quelques lignes de sa conclusion qui nous paraissent s'appliquer mieux encore à notre temps qu'elles ne s'appliquaient au sien.

Après avoir très-bien montré que la connaissance de ces saintes vies offre un attrait et des enseignements qui conviennent atout le monde, il ajoute :

« Je crois que ces vies de tant de pénitents et de solitaires seront encore plus utiles à ce royaume dans le siècle où nous vivons, qu'elles ne Font été à l'Espagne, il y a près de huit cents ans, lorsque la langue latine commençant à n'y être plus dans un usage commun, les prêtres catholiques voyant les fruits de piété et de grâce que ces agréables vies produisaient dans les esprits, les traduisirent en arabe avec l'Ecriture sainte et les livres de la Cité de Dieu de saint Augustin : car comme le feu n'est jamais si nécessaire que dans la violence des plus rigoureux hivers ; aussi les exemples des grandes et extraordinaires vertus ne sont jamais plus utiles que lorsque le monde est plein de grands vices. Et quoique ces exemples ne soient pas de personnes vivantes, mais mortes depuis tant de siècles, néanmoins, comme les reliques de leurs corps, bien que réduits en cendre, ont encore une vertu divine qui fait des miracles, et que leurs portraits même servent quelquefois parla grâce de Dieu à la conversion des pécheurs, aussi l'his

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