‹ Les Vies des Pères des déserts d'OrientChapitre 42 sur 61 · L:' ice spirituelle dont nous venons de parler finit par · texte numérisé non relu

L:' ice spirituelle dont nous venons de parler finit par

cette prcdicti es quoi on lit la prière, et Théodore, a;

frères, remit Ammon entre les mains de Thé< celui que saint Pacôme, comme nous l'avons !:l chef d'un logement d'environ vingt soli-

taires grecs, et qui avait Ausone pour second. Le saint abbé lui recommanda de se hâter de l'instruire dans les saintes Écritures, parce qu'il ne devait pas demeurer longtemps dans l'Ordre, et qu'il était destiné pour servir l'Église dans le clergé, ainsi que Dieu le lui avait fait connaître.

Ammon avait d'abord de la peine à croire que le Saint pût connaître les secrets des cœurs, et demanda à Ausone s'il pouvait se faire que Dieu accordât cette grâce aux hommes, et s'il y en avait des preuves dans les Livres saints. Ausone lui répondit qu'il l'éprouverait lui-même, lorsque dans l'occasion il verrait que Théodore lui déclarerait clairement ce qu'il croyait bien caché dans sa conscience, et il lui montra par plusieurs passages de l'Écriture que cela n'était pas impossible, ni sans exemple. Mais Ammon ne tarda pas d'en faire l'expérience.

Une nuit qu'il fut obligé de sortir du monastère pour quelque nécessité, il entendit tout à coup Théodore qui l'appelait. Il avoue qu'il en fut effrayé et que, bien qu'il n'eût que sa robe de lin sur le corps, il se trouva d'abord tout en sueur. Il se rendit pourtant à la voix de son abbé, et le trouva qu'il faisait une sévère correction à un religieux thébéen nommé Amaï, qui, bien loin de combattre les pensées que le démon lui mettait dans l'esprit, les entretenait de propos délibéré. Le détail qu'il lui faisait de ces pensées était si clair, que ce frère ne pouvant plus en disconvenir, se jeta à ses pieds et le pria de lui en obtenir le pardon auprès de Dieu ; mais il parut que son regret n'était pas tout à fait sincère ; car bien loin de s'en corriger, il forma le dessein de quitter l'Ordre; ce qu'il exécuta à quatre mois de là pour se jeter dans les troupes. Cependant il ne tarda pas de ressentir les traits de la colère de Dieu dont le Saint l'avait menacé, car en moins d'un an il mourut d'hydropisie après avoir langui quelques mois.

Ammon alla ensuite avec le Saint à Tabenne, où il fut témoin de la guérison d'une jeune femme mariée qu'on croyait s'être

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empoisonnée par mégarde, et que les médecins désespéraient de guérir. Son père, désolé de la perdre, vint au monastère accompagné d'une trentaine d'hommes de son village, qui se jetèrent avec lui aux pieds de Théodore, le conjurant de venir à la maison de cette femme pour prier le Seigneur de la guérir. Théodore répondit que Dieu se trouvait partout, et que si c'était sa volonté que cette femme recouvrât la santé, il l'exaucerait aussi bien dans l'oratoire du monastère. H y alla sur-le-champ avec ses religieux, et après la prière il bénit de l'eau qu'il envoya à la malade, dont elle eut à peine pris quelques gouttes, qu'une abondante évacuation la délivra de son mal. Cette guérison subite arriva en présence d'un grand nombre de personnes, parmi lesquelles se trouva un arien d'Alexandrie, qui ne put s'empêcher de rendre gloire à Dieu.

st. Am. Quelque temps après saint Théodore revint à Pabau, où il prit avec lui environ cent vingt religieux pour aller couper, dans une île du Nil, des joncs dont on faisait les nattes. Il y demeura plusieurs jours et ne manquait pas de faire le soir la conférence spirituelle comme s'il eût été au monastère. Un mercredi, dans le temps qu'il la faisait, deux petites vipères se glissèrent autour de ses pieds avec un danger évident de le piquer. Il ne voulut pas pour cela interrompre son discours, de peur de troubler les frères, mais il mit le pied sur ces bêtes, qu'il tint ainsi tout le temps que dura la conférence, après quoi il les fit tuer. Il dit ensuite aux frères, qu'un ange lui avait apparu, et lui avait nommé quelques religieux qui n'avaient pas assez de soin de leur salut, et un entre les autres qui se trouvait actuellement à Pabau , et que Dieu lui ordonnait de le chasser du monastère.

Cette déclaration ne fut pas reçue de tous avec une égale soumission d'esprit. Silvain, égumène ou chef d'une compagnie de vingt-deux solitaires, qui avait Linuphon pour second, et Macaire, frère de notre Saint, pour un de ses inférieurs, méprisa

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