‹ Les Vies des Pères des déserts d'OrientChapitre 7 sur 61 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

en reçoit, que des autres ornements précieux qu'il a mis en elle dans sa miséricorde.

Le monde allait trouver au désert ces hommes qui s'étaient séparés de lui. On verra qu'ils souffraient bien sincèrement de cette atteinte portée à leur solitude. Ils craignaient les dons éminents dont Dieu- les favorisait et ils n'en faisaient usage qu'à regret. On verra en eux des hommes droits, sincères, humbles, patients, charitables, d'une conduite irrépréhensible, d'une conversation des plus édifiantes, d'une vie plus angélique que terrestre, et qui, par leur dégagement de toutes choses et par la pureté de leurs saints désirs, étaient habitants de l'éternité autant qu'on peut l'être sur la terre. D'autres religions ont eu et ont encore des solitaires ; mais on ne trouvera nulle part des hommes qui puissent être comparés aux solitaires catholiques, des hommes chez lesquels on puisse reconnaître la même droiture, la même sagesse, la même humilité, la même charité, le même goût delà retraite, de la contemplation ; le même zèle pour les intérêts de Dieu. C'est que là seulement était la vérité avec sa force, ses lumières et son amour.

On doit comprendre par ce bref exposé, de quelle utilité peut être cet ouvrage. « Nous n'avancerons rien de trop, en disant que la lecture des Vies des saints solitaires n'est pas moins utile que celle des combats des saints martyrs, puisque leur vie pénitente, assortie des autres vertus, nous représente en eux un long martyre, et qu'ils ont été regardés comme substitués à leur place pour rendre gloire à Jésus-Christ par un nouveau genre de souffrances.

« Voilà pourquoi saint Benoît, ce grand patriarche des moines d'Occident, en a recommandé la lecture à ses religieux

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