XII INTRODUCTION
et qu'il veut qu'ils s'instruisent de leurs vertus comme de celles de leurs Pères dans la vie religieuse. Tous les écrivains ecclésiastiques qui ont eu occasion d'en parler, ne l'ont fait qu'avec les plus grands éloges, et ont reconnu que la relation de leurs actes ne pouvait être que d une grande édification pour les fidèles. Ceux qui ont écrit l'histoire de l'Église ont pris soin également d'enrichir leurs ouvrages du récit de leurs vertus. Socrate, Sozomène, Théodoret, Rufin, nous en ont appris beaucoup de choses non moins édifiantes qu'admirables. Et enfin, les différents recueils qu'on en a faits, ont été répandus partout depuis plusieurs siècles, et y ont porté la bonne odeur de Jésus- Christ. »
L'hérésie put faire des adeptes parmi les solitaires. Il y eut beaucoup de bons moines, mais il y en eut aussi de méchants. Nous le disons ici en deux mots, et nous y reviendrons dans le cours de l'ouvrage. Cependant nous serons bref sur ce point, plus bref même que ne l'a été le P. Marin. Comme nous nous proposons surtout d'édifier les chrétiens par des exemples et des maximes de sainteté, nous n'avons pas à entrer dans des détails qui, d'ailleurs, appartiennent à l'histoire générale de l'Église plutôt qu'à notre sujet.
Notons ici, avec le P. Marin, que les erreurs qui se glissèrent parmi les solitaires ne furent pas de tous les temps. « Les premiers Pères des déserts avaient une foi pure ; ensuite quelques-uns ayant malheureusement corrompu la leur, mais plus en secret qu'ouvertement, le grand nombre resta orthodoxe : enfin l'hérésie ayant acquis de la force, se montra à découvert, et l'on vit dès lors cette fatale séparation des orthodoxes et des hérétiques, qui arma ces derniers contre les autres, opposa autel contre autel, fit des confesseurs et des