‹ Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs, et architectesChapitre 26 sur 46 · LORENZO DI CREDI · texte numérisé non relu

LORENZO DI CREDI

achevé ce travail, il fit un tombeau (i), dans l'église de Pescia, pour Messer Baldassare, et trois figures de marbre en demi-relief dans une chapelle della Consolazione, à Rome.

Vivant plus en philosophe qu'en sculpteur, et aimant la tranquillité, il se rendit à Orvieto où il vieillit avant le temps, en dirigeant la construction de Santa Maria, qui, du reste, lui doit de nombreuses améliorations. Je crois que, s'il eût abordé de grands ouvrages, il aurait obtenu de plus glorieux résultats. Mais, comme il était un homme bon et modeste, qui fuyait les ennuis et se contentait de ce que le sort lui donnait, il laissa échapper maintes occasions de faire des choses d'importance (2).

Il était très bon dessinateur et entendait les choses de l'art mieux que son père Baccio ; dans les ornements d'architecture, il imita la manière de Michel-Ange, comme en témoignent les cheminées, les portes et les fenêtres qu'il fit dans le château Saint-Ange, à Rome, ainsi que plusieurs belles chapelles qui ont été construites d'après ses plans ci Orvieto. Mais, pour en revenir à Baccio, sa mort affligea vivement les Lucquois, qui l'avaient connu pour un homme juste, bon et affable pour tous. Ses œuvres datent environ de l'an 1533 de Notre- Seigneur.

LORENZO di CREDI

Peintre florentin, né en 145 g, mort en i53-j

Tandis que Maestro Credi (3), excellent orfèvre dans son temps, travaillait ci Florence, avec autant de crédit que de renom, Andrea Sciarpelloni s'aboucha avec lui pour qu'il apprît son métier à Lorenzo Sciarpelloni, son fils, jeune homme d'un bon esprit et d'excellentes manières. Autant le maître était savant et enseignait volontiers, autant

(1) Existe encore.

(2) Mort à Orvieto en décembre i566, etenterré dans le Dôme; sépulture commune avec Mosca.

(3) Toute cette histoire est complètement inexacte. Il s'appelait Barducci, et dans le livre de comptes de Santa Maria Nuova, on lit : Lorenzo d'Oderigo Barducci dipintore in boflega d'Andrea del Verrocchio. Dans le testamentde Verrocchio il est dit: Laurentius quondam Andrea de Oderich (1488), et dans son propre testament, fait en i53i : Laurentius olim Andrée Credi.

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l'élève apprenait avec ardeur et rapidité tout ce qu'on lui montrait, en sorte que Lorenzo ne tarda pas à devenir excellent dessinateur, orfèvre élégant et expérimenté, et à surpasser tous les jeunes gens de son temps, au grand honneur de Credi. Aussi n'appela-t-on plus son élève Lorenzo Sciarpelloni, mais bien Lorenzo di Credi. L'ardeur de Lorenzo augmentant avec les années, il se plaça près d'Andrea del Verrocchio, qui par fantaisie, s'était mis à peindre; il y eut, pour compagnons et amis en même temps que pour rivaux, Pietro Perugino et le Vinci ets'attacha avec ardeur à la peinture. Comme la manière de Léonard lui plaisait outre mesure^ il arriva à l'imiter si bien que personne plus que lui n'approcha du fini précieux de ce maître, comme le prouvent une foule de dessins au crayon, à la plume et à l'aquarelle que l'on conserve de lui (i), entre autres quelques portraits d'après des modèles, en terre, sur toile de lin enduite, imités avec tant de soin et terminés avec une telle patience que l'on peut à peine le croire et que l'on en ferait autant difficilement. Étant donc très aimé de son maître pour ces raisons, quand Andrea alla à Venise pour couler en bronze la statue équestre de Bartolommeo de Bergame, celui-ci lui laissa la gestion de ses atfaires,et confia à sa garde ses dessins, ses bas-reliefs, ses statues et en un mot, tout le matériel de son atelier (2). De son côté, Lorenzo avait une telle affection pour Andrea, son maître, que non seulement il s'employa à Florence avec un zèle incroyable à toutes ses affaires mais encore il se rendit plus d'une fois à Venise pour le voir et lui rendre compte de sa bonne administration, le tout à la grande satisfaction d'Andrea qui aurait institué Lorenzo son héritier, si celui-ci y eût consenti. L'élève d'ailleurs se montra reconnaissant de ces bons sentiments; car, à la mort de son maître, il alla à Venise, ramena son corps à Florence et remit aux héritiers ce qui appartenait à Andrea, à l'exception des dessins, des peintures, des sculptures et des autres objets d'art.

Ses premières peintures furent un tableau rond représentant la Vierge, qui fut envoyé au roi d'Espagne et dont le dessin est tiré d'un tableau d'Andrea, son maître, puis un tableau infiniment supérieur, reproduit d'un tableau de Léonard de Vinci et envoyé également en Espagne, mais si semblable à celui de Léonard, que l'on ne pouvait

(1) Au Musée des Offices,

(2) Dans son testament, Verrocchio le charge de terminer la statue du Colleone,^ quia est sufficiens ad id perficiendum.

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