Cours de M. Joly, les Origines du feu
Nos alchimistes ont analysé, divisé, dénommé le feu de cent façons. Je vous ferai grâce des trois sortes de feu de Raymond LuUe, le naturel, le non naturel & le contre naturel, ainsi que du quatrième de George Ripleus, l'élémentaire. Je ne vous dirai rien du feu philosophique d'Artéphius, ni du parallèle qu'établit entre celui-là & le feu vulgaire, dans son traité de Arbore solari, Christophe le Parisien. Et surtout, pour ne pas vous affoler avec le jargon des Hermétiques» rien du feu Popansis, rien du feu Epsesis^ rien du feu Optesis, les trois analogues des trois règnes de la nature. Cela nous est absolument inutile pour faire le verre, principe de l'émail & de la majolique.
Trois centres fameux ont vu fleurir d'une façon tout exceptionnelle ces trois rameaux d'un même art pyrotechnique : c'est Venise, Limoges & le duché d'LJrbin. En nous transportant dans chacun de ces milieux nous pourrons examiner & admirer ces rares produits; mais, pour suivre une marche logique dans notre petite étude, commençons par ceux de la verrerie dont procèdent les autres.
L'art de la verrerie est de la plus haute antiquité. Le paraphraste Jonathan, le rabbin Salomon, d'autres interprètes, avec eux, voient le verre désigné, en compagnie de la pourpre de Tyr, dans ces paroles de Moïse bénissant Zabulon : a Ils suceront le lait des richesses de la mer & les trésors cachés dans le sable \ » Il faudrait peser les raisons qu'ils allèguent pour être édifié sur leur interprétation. L'hébreu ^Houl, qui veut dire sable, est probablement la racine du mot grec 3aXo;, verre.
Au livre de Job, la vertu est mise au-dessus de Tor