‹ Les vieux arts du feuChapitre 9 sur 35 · I. Dtutéronome, XXXIII · texte numérisé non relu

I. Dtutéronome, XXXIII

& du verre par le fils de Zanech » . Le mot sechochit, que la version des Septante traduit par Sa^oç, a pour racine ^ach, vocable qui signifie. briller, être pur, net, transparent. Cependant la version arabique dit hyacinthe, la chaldaïque traduit par cristal & le Tayoum dit un miroir. Dans la belle version latine de Sanctès Pagninus, qu^il mit vingt-cinq ans à parfaire, & que les Junte imprimèrent en 1528, le mot hébreu est traduit par « une pierre plus précieuse que Tor ». Il y aurait lieu de s'étonner qu'une pierre d'une telle valeur, qu'elle ornait le rational d'Aaron, ne fût simplement que du verre. Mais si l'Ancien Testament fait mention plusieurs fois de cette substance, Homère n'en dit mot, car on ne saurait prétendre qu'il l'ait entendu désigner par le nom d^ électron., Selon Flavius Vopiscus, cité par Marcellus Donatus, les Egyptiens pratiquaient l'art de la verrerie depuis le légendaire Mercure Trismégiste. Aristophane serait le premier parmi les auteurs grecs qui aurait employé le mot CaXoç*. Lucien parle des vases de verre ; Alexandre Aphrodisée également.

I. 0(w lataHoiTon autiQ Xpuaiôv xai uoXcç. Job, XXVIII, 17. a. Les Nuées j act. II, se. i.

Plutarque nous apprend que le bois de tamarisque est plus apte qu'aucun autre à cette fabrication. Si j'en crois quelques vieux auteurs, sans avoir vérifié leur allégation, Lucrèce aurait, le premier entre les poètes latins, fait mention du verrez Pline cite la ville de Sidon comme l'endroit qui a été le plus anciennement fameux par ses verreries. On veut que cette industrie ne se soit établie à Rome que sous Tibère. Mais si elle y eût été si nouvelle, Dion Cassius ne nous eût pas débité la fable d'un pauvre homme que ce prince fit mettre à mort pour avoir trouvé le secret de rendre le verre malléable à froid comme le plomb. La même absurdité fut répétée à l'égard du cardinal de Richelieu, avec cette variante, que le malheureux inventeur, au lieu d'être mis à mort, subit une prison perpétuelle. Rien ne persiste comme les légendes. Viennentelles à mourir, une incarnation nouvelle les rend à la vie : tant l'erreur plait aux masses & tant la superstition, cette plante remontante, a des organes vivaces !

Qu'était l'étonnante sphère de verre dont nous parle Claudien dans une épigramme, & qui fut construite par Archimède? Qu'était cette rangée de colonnes de verre

qui décorait le théâtre construit par Tédile Marcus Emilius Scaurus, au temps de Pompée^ & dont nous parle Pline avec admiration? Que devons-nous croire de ce Sapor, roi de Perse, qui fit, dit-on, édifier de verre une machine si grande & de telle complexion que, se plaçant au centre, comme en la sphérule de la terre, il voyait & contemplait les astres & les étoiles aller, venir, se lever, se coucher au-dessus de sa tète & sous ses pieds, pensant être, là dedans, ainsi qu'un dieu au milieu de Tunivers? Or, que sont devenus les ouvriers de telles œuvres, & quel vent d'oubli les a balayés dans le néant?

Les anciens, qui ne se rendaient pas un compte scientifique des formules, nous ont laissé des recettes généralement erronées ou sans précision. Leur verre n'était, presque toujours, que du sable pur joint à un composé alcalin servant de fondant. La plupart du temps ils n'indiquent pas la chaux comme entrant dans la composition de leur masse vitreuse. Est-ce à dire qu'elle ne s'y trouvait pas? Non, car elle existait dans le sable, dans le fondant alcalin, en quantité variable, mais insufiîsante. Pline parle de

rintroduction d'une faible quantité de chaux comme d'un perfectionnement ingénieux des verriers de son temps; mais les modernes seuls ont su faire emploi de cet élément qui communique au verre une solidité supérieure.

La faible quantité de débris vitrifiés qu'on retrouve en fouillant le sol antique tient à ce que^ depuis longtempS; tous les objets en verre ont dû disparaître par le fait de la dissolution des parties alcalines. Ceux qui nous sont demeurés contiennent une certaine quantité de chaux & ne sont pas d'une époque relativement très-reculée. Ces merveilleuses irisations, qu'ainsi que les opales ou les bulles de savon, ils présentent aux regards charmés, sont le fait de la disparition des sels alcalins sous l'influence des agents atmosphériques. Cette action de l'atmosphère sur les substances vitrifiées avait été parfaitement discernée par notre illustre Palissy. Lorsque les bonnes gens voulaient que ce fût la lune qui corrodât les vitraux par le dehors, l'immortel auteur des rustiques Jigulines affirmait que l'humidité des pluies était seule coupable de ce méfait, en dissolvant quelques parties des verrières, c'est-à-dire le

sel fourni par le lessivage des cendres. C'est à l'absence de chaux dans les vitraux anciens qu'est due la destruction de presque tous ceux qui sont antérieurs au xu* siècle^ ainsi que de toute la verrerie antique <•

La France, sous la première race de nos rois, jouissait, dans l'industrie du verre, d'une célébrité méritée. Saint Benoit Bishop, évéque d'Angleterre, vint chez nous recruter des ouvriers pour clore en vitres son église, son réfectoire & son cloître. Déjà, du temps de Radegonde, femme de Ciotaire 1"*, le verre, ainsi que nous l'apprend Fortunat, servait à façonner des plats de toutes sortes pour y mettre la volaille* On faisait alors de nombreux calices de cette substance; le concile de Tibur les proscrivit à cause de leur fragilité. Cependant l'empereur Henri II fit présent, deux siècles après, à Richard, évéque de Verdun, de deux calices, dont un d'onyx & l'autre de verre; cela prouve que l'usage en fut continué longtemps après le concile & malgré sa défense.

L'industrie du verre était répandue par toute la

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