DES DEUX MARGUERITES
SONNET
Ce plu-nix tout fameux que l'Orient liniiorc, l'nii|nc on son c^tx-cc, cl en rare lie.iiilé, De riiéhus renaissanl la Irès-bellc clarlé; Car autre que Pliébus, ce bel oiseau n'adore.
Du lit (le son Titon silôt ne sort l'Aurore , Que son clianl recommence, oui de tout colé; Mais quand \';)^c envieux lui a la force olé, Lui-même se brûlant se fait revivre encore.
France, dorénavant tu te peux bien vanter D'avoir vu un phénix qui sut si bien clinnlcr Qu'on ne trouve aujourd'hui personne qui l'imite,
Sinon l'aulrc phénix héritier du renom , El gloire du i)rciiilL'r, ainsi comme du nom Qu'il laissa en mourant , l'unique Marguerite.
J. Passeuat Trove.n.
SONNET
Timon athénien , grand ennemi de l'iiommc. Trop sévère censeur de noire infirmité, Déteste en grand'horreur l'humaine vanilé. Pour laquelle Heraclite en larmes se console.
Le raillard Démocrite on se moquanlde l'Iionmie, Un farceur qui se rit de la débilité Des humains, savourant en vain de volupté La poison , qui les corps et les esprits assomme.
Le ris de l'un , les jilcurs que sans cesse distille De ses yeux le second, du tiers la haine hostile, A faire nous semond d'honnêteté l'élite;
Mais la reine sans pair, au discours de ce livre, En haine de totU mal, en pleurs et ris nous livre Timon et Heraclite, avec un Démocrite.
Par J. Yesou.
' Ces deux Marguerite sont sans doute la reine de Navarre, auteur de ces Nouvelles, et Marguerite de Prance, fdle de Henri II et de Catherine de Médicis, née en lf)62. Ces deux Marguerite ont porté également le nom de f^alois. La seconde pourrait élre aussi Marguerite de Bourbon, duchesse de Nivernais, fille de Charles de P>ourbon, duc de Vendôme, et de Françoise d'Alençon ; à la(|uelle est dédiée la première édition de V Histoire des amans fortunes.