AUTRE BRANLE
Qu'il y a de malheur
En la jeunesse.
Qui l'Amour de son cœur Fait serviteur, Et n'a la puissance et vigueur.
En celte oppresse.
De se garder toujours seigneur
De son bonheur !
Faut-il qu'un poil grison
Nous fasse sages.
Découvrant l'hameçon De trahison!
Las! quand nous sommes en prison
Dedans ces cages, N'espérons qu'en nous la raison Ait sa maison.
Qui pourroit, pour certain ,
Voir la feinlise Que l'esprit féminin Couve en son sein, 11 fuiroit cet œil trop serein
Qui nous attise Un brasier qui ard inhumain Jusqu'à la fin.
Pour servir longuement
En espérance, Tu n'auras que tourment En payement ; Car c'est tout le contentement
' Et récompense De cil qui se porte en aimant Plus loyaument.
Voilà qu'il vient d'aimer
Femme volage:
Il vaudroit mieux semer Dedans la mer.
Un repenlir vient entamer
Notre courage.
Et par un regret trop amer Nous consumer.
Tu vas, tes rets tenant ,
Après la proie.
Dont un, ne s'en peinant,
Est jouissant.
Ce que lu chasses ^ un autre prend :
Voilà la joie
' Rebrousse.
* On avait en poésie la licence de supprimer Vs finale i)ar l'élision.
LE PRINTEMPS DTYER.
Et voilà la fin qui attend Un pauvre amant !