‹ Les vieux conteurs FrançaisChapitre 94 sur 118 · AUTRE BRANLE · texte numérisé non relu

AUTRE BRANLE

Qu'il y a de malheur

En la jeunesse.

Qui l'Amour de son cœur Fait serviteur, Et n'a la puissance et vigueur.

En celte oppresse.

De se garder toujours seigneur

De son bonheur !

Faut-il qu'un poil grison

Nous fasse sages.

Découvrant l'hameçon De trahison!

Las! quand nous sommes en prison

Dedans ces cages, N'espérons qu'en nous la raison Ait sa maison.

Qui pourroit, pour certain ,

Voir la feinlise Que l'esprit féminin Couve en son sein, 11 fuiroit cet œil trop serein

Qui nous attise Un brasier qui ard inhumain Jusqu'à la fin.

Pour servir longuement

En espérance, Tu n'auras que tourment En payement ; Car c'est tout le contentement

' Et récompense De cil qui se porte en aimant Plus loyaument.

Voilà qu'il vient d'aimer

Femme volage:

Il vaudroit mieux semer Dedans la mer.

Un repenlir vient entamer

Notre courage.

Et par un regret trop amer Nous consumer.

Tu vas, tes rets tenant ,

Après la proie.

Dont un, ne s'en peinant,

Est jouissant.

Ce que lu chasses ^ un autre prend :

Voilà la joie

' Rebrousse.

* On avait en poésie la licence de supprimer Vs finale i)ar l'élision.

LE PRINTEMPS DTYER.

Et voilà la fin qui attend Un pauvre amant !

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