SCENE lïl
LA MARQUISE, SAINTE-CROIX
SAI^TE-cftOlx, s'approchant, et les bras croisés. (Après un silence.) Ainsi donc, Marquise, vous me trompiez!
LA MARQUISE
Comment?..
SAINTE-CROIX
Vous me trompiez!.. 1.^, il n'y a qu'un instant... Ah !.. de la trahison, entre nous ! Mais il n'y a donc plus de bonne foi «ur In terre? Faudra-l-il désormais que je me défie de vous?..
oiis de moi;'.. i;t qi!j nous noiH mcuij;!- lous les Jeux au lé- ::iiii'j des aiili Jolf!' ?
Quelle idée
LA MAr.QVISI::.
SAlSiE-CftOIX.
Oh! àojcz franche, je vous g«-'nc un pcii...el lout-à-rheuro, |ieiit-êir(', en m'envcîoppaut de vos raresses, vous calculiez toiil bos, ce qu'il nie l'audrail de sublimé romain pour ajout'.-r nn fleuron à voire couronne de Marquise... Mais ne vous y jouez pas... j'ai lullé contre vous. {Mouvement de la Marquise.) Vous ne vous en êles jamais douté... Quand vous vouliez absolument rendre la }diice de Monsieur le Marquis vacante; tons les matins il prenait, de los m>iins, une dose qui derait lonl duuieuient l'envoyer.... et moi, tous les suirs, je lui administrais en secret une petite potion contraire, qui le forçait à garder sa place, dont la survivance m'effrayait un peu, je l'avoue ; pelile lutte qui a duré dix-huit mois !.. Si bien que le brave lunnme \ivrait penl-ètrc encor»-, sariï une fluxion de poitrine, qui s'csl rangée de votre côté.
LA MABQCIâE.
11 .-uHit, Monsieur! il s'agit de ma fdie... et quand Monsieur le Comte de Gniche me l'a demandée, ce malin, j'ignor.iis voi ilé.sirs, vos projets. Pouvais-je reluser?
SAINTE-CROIX
Mon pas ce matin... mai.s ce soir... et vou.' le refu^eioz.
l.A MARQUISE.
Impossible î Je le veux.
SIKNTE-CROIX.
l.A MAOQVisE, avec firce.
lit moi, je ne le veux pas. {Sainte- Croix la regarde avec éionnement. ) Sacrifler ma fille !.. Tonte mon ambition elait de lui donner un grand nom dans le trnnule... nn rang >'i la cour!. . il me semblait qu'en la rentlnnl hein-euse, je me ji-slifi< rais à ses yeux. ..Car, faut il le dire! je ne puis supi>orter ses regaids; je tremble devant elle, moi, qui vous regarde sans pâlir... sa candeur me fait mal!.. Et vous la donner pour femme!., oh! ce serait indigne!.. Chevalier, grâce, pitié pour elle! Je vous en supplie, laissez- moi mou enfant.. Soyez notre ami... Le Comte de Guiche est riche, puissant. . Il peut nous être utile.. <i moi, à vous-mt-me !
SAINTE-CROIX, avec emportement.
Eh! que m'importe!., je n'ai besoin de la proleclion de personne! [C han géant de ton.) Mais t'est bien... donnez-lui votre fille, j'y consens : j'ai une autre idée.