SCÈNE XX
Les Mêmes, NINETTE , ret^cnantpar la droite.
NI NETTE , sans voir tout le monde. Ah ! ça, vous vous êtes trompé de clef , mon cher Gambelli,..
TOUS, ai'ec un cri.
Gainbetli I
GIRARD , à part .
Voilà le bouquet.
LA MARQUISE , à part.
Gambetli I,. c'était lui.
(i) Hilarion , la Marquise , Girard, le Notaire , Oscar.
CHOEUR
Air : clii fomle Oij ^ O ciel ! quelle surprise !
Un artiste, un danseur I...
Ah ! pour une marrfuise Quoi affiont ! (jt:el laaiiu'U:- i
GIRARD , à part, (i) Je voudrais être àcciit pieds sons terre... Pvîon Jaieiil e^l connu... je suis dcshoiio'.c I
OSCAI'. j bas à IS incite.
Adieu mon voyage de Paris!.., tl c'est votre fauîe.
GIRARD, b as à Niiielte .
Un mariage superbe manqué!... et tu en es cause.
NiXETTi:; , étounéc.
Comment I j'ai (ail liint de choses, à moi toute seule?
mhKYAoy , bas à la Manju se.
C'est la dame du p;ivillon
( A MARQUISE , regardunl Ninelle.
Ali ! mademoiselle est donc aussi...
M NETTE
Attachée à l'Opéra .. oui, madame, et je ne sais pourquoi ma présence cause tant de trouble .. Ai-je donc eu le malheur, [regardant la Marquise et Girard) de faire na tie des soii| cous ?. . . de désunir der.x cœurs ? ., Ah I j'en serais au désespoir, moi qui suis i'alliéc naturelle des amours.
GiRAr.n , bas.
Mais tais-toi donc.
MNLTTE , bas.
Du tout... je veux réparer ma sottise.
LA MARQUISE
Mais enfin , mademoiselle, que veniez-votis faire?
NI NETTE
Consulter mon parrain sur un pas nouveau , un pas de deux.
GIRARD , bas.
Là ! tu enfonces le poignard.
LA MARQUISE , à part j ai>ec joie.
C'est sa filleule !
n: NETTE , bas , à Girard.
Au contraire , je vous sauve... regardez... les yeux sont déjà moins méchans... je m'y connais.
LA MARQUISE, aUX Ùwités .
Et I bien , messieurs.. .. vous voilà tout interdits... pourquoi donc ?.. Monsieur est un homme de talent , une célébrité... nous ne le savions pas... mais c'est Ircs-honorable pour le pays. GIRARD , la regardant.
Elle se moque de moi.
(i) Hilarion , la Marquise , le Notaire , Oscar , Ninette , Girard.
oscah , ha.\.
J'en ai peur.
M NETTE
Moi aussi.
LA MARQUISE , continuant.
Et puisque nous sommes réunis pour un contrat, mellcz-vous l.'i monsieur Frasy... {Le notaire va se placer à la table ,) et ajoulcz le nom de Gambclti.
GIRARD, allant à la viarquiic.
Un moment permeîlez.. {bas.') Ah! madame, ne m'accablez
pas... Le corps municipal a les yeux sur moi. ( La Marquise , sans lui répondre , fait signe au notaire qui écrit. — Girard s^ échauffant .) Vous ne m'écoulcz pas., vous voulez m'humilier , me livrer aux brocards?. .. Eh bien ! vous n'y réussirez pas... Oui , madame... oui , messieurs , Gambelli... Je reprends mon nom et ma fierté., je n'aurai plus la faiblesse d'en rougir, de le cacher... Car , après tout , un danseur , un grand danseur est un grand homme. ... et
quand on ne doit son élévation qu'à la seule foicc de sou j.irret
Ainsi , repoussez uioi , déchirez ce contrat... je n'en soutiendrai pas moins que la danse est l'atl le [)lus noble , le plus beavi , et.... je danserais devant toutes les autorités du département I [La Marquise , qui a pris la plume, signe le contrat sans dire un mol.)
TOUS
Que vois-je !
Elle a signé I Elle a signé?
.iVI NETTE.
GIRARD , s^ élançant ci la table.
LA 3IARQUISE , froidement.
Cela vous étonne ?.. je n'ai jamais eu de préj'io;cs, me.-sfenrs , et il y a long-temps que je pense que tous les hom(ncs sont égaux. OSCAR , at'cc Joie.
El vous avez raison , chère tante , le talent esl à la hauteur de tout le monde.
NI NETTE
Et la danse doit avoir le pas.
GIRARD , près du contrat.
Elle a signé !.. oui , ma foi. . . marquise de C!ian)paguolles... O femme incompréhensible!... si je conçois... C'est égal, dépèchousnons d'en faire autant. ( // signe en parlant.) La main me tremble., ah! madame... diable de plume !... tant de bonté... et mon p.iraphe... Nini , Oscar , mes amis , cher notaire. . la surprise . la joie.. Ah î je voudrais presser toute ma commune dans mes bras (i) ! OSCAR , remarquant la bague ci son doigt.
Eh î parbleu ! vous étiez bien sûr de votre fait... puisque ma lanle vous avait déjà donné son portrait.
(i) I.a Marquise , Girard , Oscar , Ninette , Hilarion.
Son portrait !
Comment ?
Maladroit !
GIRARD
NI NETTE
LA MARQUISE , à part.
OSCAR
A vingt ans... absolument la copie du grand qui est dans chambre.
GIRARD , troublé et s^approcha?it de la Marquise. Qu'entends'je ?... Quoi! madame., il serait possible !.. cette bague.
LA MARQUISE , bas.
Silence î... silence , monsieur !... qu'un voile impénétrable.. . GIRARD , ùas et mettant la main sur sa bouche.
Oh î c'est juste Votre honneur le mien Commen
c'était ?... ( La Marquise lui impose silence de nouveau. ) Pauvre marquis !... quel honneur!... ( A part, en la regardant.) Je n'avais pas idée de l'élendue démon bonheur,
NINETTE , passant auprès de Girard, et à voix basse. Quoi ! mon parrain , votre belle inconnue...
GIRARD , bas.
Silence , malheureuse ! .. . ne compromettez pas mon épouse... Voyons , garde-moi le secret , Nini, et je prends la moitié des loges à ta représentation.
NINETTE, bas et cherchant à étouffer son rire.
Soyez tranquille... je ne dirai rien... ( à part. ) Comme ça
les amuser , à l'Opéra !... il me tarde d'être de retour.
HiLARiON , à part.
Eh! bien., je n'en suis pas plus avancé, moi. (basa Oscar.) M<
sieur Oscar, je vous en prie. . . qu'est-ce que not' maître a donc él
OSCAR
Imbécillej... il a été danseur.
HILARION
Danseur de corde 1... ah ! c'est donc ça. CHOEUR.
Air de la Galoppe de fa Tentation.
Pour célébrer ce mariage , Nous viendrons tous de grand cœur :
Car ce beau jour est le présage De plus d'un jour de bonheur.
NINETTE, au public.
Air du vaudeville des Wrères de lait.
Nos deux auteurs sont de bien grands coupables , Connus déjà par maint forfait , dit-on :
Je vous préviens qu'ils sont capables De vous donner du mauvais pour du bon j Mais aux pécbcurs indulgence et pardon.
Messieurs , calmez un courroux légitime Et n'allez pas... vous en seriez fâchés , Les accuser ce soir d'un nouveau crime... Ils ont assez de tous leurs vieux péchés.
riN.
PAULINE
ou
Si^I9«(!):H (^m (gDUT'^H^Sj
■«a-iîUût
ou
SAIT -ON Qtl GOUVERNE?
|Jar ilUtt. illfUôPilU et Carmoudjc;
Représentée pour la première l'ois, à Paris,
SUR LE THEATRE DU G\3IIVASE-DRAMATIQ11E
le 3o Avril i853.
QUOy, LIBRAIRE-ÉDITEUR,
BoulcvartSt-Martiii, n'^ i8.