CN SEIGNEUR
Oh! oui... Digne pelile-Olle Je Henri IV.
Le. MARQUIS.
Aussi, c'est l'orgueil et l'.-imour de la France!
SAiNTE-Cttoix d (a Marquise.
Lui avei-vous été préàenlée ?
tA MARQi'isE , dislraitc , et regardant plusieurs dames qui passent.
Pas encore... j'attends.
LE MARQtis, suivant ses regards.
Que regardez-vous donc, Marquise?
LA MARQiiSE , montrant les dames.
Ces Dames que je ne me rappelle pas...
LE MARQCis , les lui indiquant.
C'est Madame de Lal'ayelte... Madame de Sévigné.. la belle Comtesse de Fiesque.
LA MARQUISE , d' un air gracieux.
Je vous remercie ! {A part) celle que l'on veut faire épouser au Comte... ne peut pas êire parmi elles... Oh! je la connaîtrai; ma haine la devinera !
LE MARQUIS, sc 1 approchant.
Et où est-donc votre charmante Marie ?
LA MARQUISE, montrant la gauche.
Dans ce salon... elle a rencontré quelques jeunes personnes de ses amies... [Bas, et se retournant xers Sainte-Croix.) Eh! bien, Sainte-Croix, vous êtes parti après moi?
SAINTE-CROIX , baS.
On ne savait rien encore.
LA MARQUISE , bos.
El mes gens?
SAiNTE-cnoix , bas.
J'ai recommandé de respecter le sommeil de votre frère.
LA MARQUISE , baS.
Chul! {Se tournant vers Feuquières qui s'est rapproché.) Ne diton pas que le Roi doit honorer cette lêle de sa présence ?
LE MARQUIS
Certainement ; il doit venir de Versailles. {Avec importance.) J'en sais quelque chose , je suis du quadrille de Sa Majesté. LA MARQUISE, souriant d'un air distrait . Ah! cela sera très-brillant, (bas dSainte-Croix.) El le Comte de Guiche, vous ne i*aTez pas vu ?
SAINTE-CROIX, bilS.
Pas encore, et cela m'inquiète.
LA MABQUISE , baS
Pourquoi?
SAINTE-CROIX, buS.
Je ne sais .. mais ses regards, sa conduite d'hier au soir...
LA MARQUISE, ÙaS.
Folie! il oe songe qu'ù son nouveau mariage. (A elle-même , avec une fureur concentrée.) Et si je pouvais découvrir celle qui nous l'enlève !
Elle reprend un air riant , en voyant entrer Marie, et Mademoiselle de Montalais. Sainte- Croix se mêle à la foule des Courtisans.
MARIE
Ah ! maman , si tu savais quel bonheur je viens d'éprouver I Mademoiselle de Montalais, ma meilleure amie de couvent, qui nous avait quittées l'année deruière, et que je retrouve ici.
LA MARQUISE
Mademoiselle de Montalais!
m'" DE MONTALAIS.
Jugez de notre joie, Madame la Marquise!., se revoir après une si longue absence!., car nous étions inséparables! C'est à moi que ma chère Marie parlait toujours de sa tendresse pour sa famille, pour son excellente mère !.. Moi, j'ai perdu la mienne, et j'étais impatiente devons êtes présentée , pour vous demander un peu de celte amitié {Montrant Marie.) qui la rend si heureuse. S'il ne faut, pour la mériter , qu'aimer votre fdle comme une soeur, je crois y avoir quelques droits .. N'est-ce pas , Marie?
MARIE
Oh! sans doute.
LE MARQUIS , Bus à la Marquise.
Mademoiselle de Montalais , la favorite de Madame, amie de votre fille... cela peut la mener loin.
m"° de montalais.
Mais qu'a- t-elle donc, cette chère Marie?., elle est toute triste.
LA MARQUISE
Ce n'est rien... un chagrin, dont votre amitié la consolera aisément.
MARIE, tristement.
Oh! non... c'est la seule chose...
m"' de yi.oTnxh.LKn , gaîmcn t.
Tu crois ?.. c'est ce que nous verrons... je te ferai la guerre!
LA MARi^miSE, luis d Maiir,
Et puis, loul n'est pas désespéré.
Marie, avec espoir.
Vous rroycz ?
LA MARQLISE, baS.
Fie - toi à ta mère.
m"* de montalai».
Eh ! mon Dieu ! qui n'a pas ses peines, ses lourmens? {gaiment) moi qui vous parle... il ne tiendrait qu'i moi d'êlrB triste, de pleurer... mais à la cour, on n'a pas le toms!.. il faut sourire à tout le monde, c'est d'étiquette., {lui prenant la main) nous nous conterons nos chagrins, et...
uw HUISSIER, appelant d haute voix.
Madame la Marquise, et Mademoiselle de Brinvilliers...
m''° de MONTALAIS, AfW.
C'est pour votre présentation... Son Altesse vous attend.
LA MARQUISE
Venez, Marie ?
MARIE
Ah! mon Dieu ! voilà que j'ai peur !
m"° de MONTALAIS , l>as.
Ne crains donc rien... elle est si bonne!
MARIE, bas.
Est-ce que tu ne seras pas avec nous ?
m"* de MONTALAIS.
Je ne puis ; il faut que je fasse commencer le bal, dos que le lloi paraîtra, (courant de côté) Eh! mais, ce bruit de chevaux... ces flambeaux... c'est lui! c'est Sa Majesté. {On entend an grand mouvetnent dans la coulisse , et plusieurs voix.) le Roi! le Roi, messieurs !
TOUS
Le Roi !... courons!...
m"" de MONTALAIS, au marquis de Feuquières. Eh! vite, M. de Feuquières, donnez-moi la main.
Madame de Brinvillieis et Marie ont suivi l'huissier. — Les Seigneurs et Dames de la cour sortent pour aller au devant du Roi. Le Marquis de Feuquières donne la main à mademoiselle de Montalais, qui va sortir la dernière, lorsqu'elle aperçoit le comte de Guiche qui païaît à gauche.
SCÈIVE II.