SCÈNE V
PAULINE, sctt/t.
^ Allons, nous voilà broudlés tout-à-fait... eb bien tant mieux; c'est ce que je voulais. . . Ab! ces hommes de cour!... ils sont
Le Coinlc, Soubise, Pauline.
12 PAULINE
tous les mêmes... celui-ci qui veut bien me protéger, maïs i condition de faire de moi une petite favoiile. . . une Poinpadour de troisième classe... Grand merci, iMoa>eigiieur... Suis-je malheureuse pourtant !... de la naissance, tout ji;sle ce qu'il en faut pour ne pas me mariera mon goût... on ne uie souffre ici que par pitié!...
AiH : Te soiivicns-tu, Mavic^{de M. Dolive). Seule, hélas! pam're fille, Je n'ai rien aiijourd'ljui!
.le n'ai plus de l'amiile , Et je n'ai point d'appui.
Je n'ai point de fortune, Point d'amis à la cour, Sans espérance aucunel. .
Et de plus, en ce jour. Pour comble d'infortune.
Je sens là de l'amour.
( A mi-voia-, regardant autour d'elle. )
DEUXIÈME CODPLET.
Ignorant ma tendresse.
Lui-même est sans espoir;
11 n'a point de noblesse,
il n'a point de pouvoir. . .
Sans or, sans tiire, il n'ose
I5èver un doux retour.
A ses vœux, tout s'oppose'. ..
Pourtant., j'espère... un jour!. . .
Car c'est bien quelque chose
Que d'avoir mon amour.
Oli i oui. . . il est si bon , si dévoué. . . je n'aurai jamais d'antre mari. . . [Regardant autour d'elle) Voyons donc, pendant qu'il n'y a persop.ne, s'il est à sa petite fenêtre comme d'habitude... c'est ma seule consoh'tion... tous les malins, quand il travaille à son l)uriau, je le regarde de temps en temps... et quoiqu'il n'en ait ■pas l'air, je crois bien qu'il me voit aussi. [Elle s'approche de la croisée d sa gauche et soulève le rideau) Eh ! bien... il n'y est pas... à midi!... comment, négliger son devoir !... un commis !... c'est Irès-mal... ah! mon dieu! est-ce qu'il se dérange? ( Elle entend du bruit, se retourne virement., voit entrer Colas Rozier et laisse retomber le rideau ) Ciel ! c'est lui !
PAULINE. i5
SCÈ?^E VI.