DUMESNIL, LEFÈVRE
Dieu !.. il est blessé.
BEAUCHAN, étonné.
Laissez donc, j'ai fermé les yeux.
LÉON, d'une voix faible.
Je suis mort!
LEFÈVRE, courant à lui.
Mille tonnerre!.. [Menaçant Beauchan.) Si je m'en croyais!., et pas lie secours; personne !
DUMESXIL, s' approchant de Léon, et éloignant Lefèvre. Allendez , je m'y connais un peu.
BEVLCHAIV.
Mais ce n'est pas possible! faut-il être maladroit.
DUMESNIL, près de Léon.
Il n'y a plus d'espoir.
LEFÈVRE
Mon pauvre officier.
BEAUCHAIV, jetant son pistolet.
Infortuné jeune homme !
LEFÈVRE
Taisez-TOus donc.
LÉOX, se soulevant avec peine.
Vos soins sont inutiles, mes forces s'épuisent et bientôt... M. Beauchan, je tous pardonne !
BEAUCHAN.
Le fait est qu'il n'y a nullement de ma faute ; vous avez été témoins. Vous l'avez voulu, malheureux jeune homme!
LÉON
Fuyez! fuyez vite, vous n'avez qu'un moment... dérobezvous à la vengeance.
DUMESNILj bas d Léon.
Ne parle pas trop , abrège tes derniers momens.
LÉON, s' affaiblissant.
C'est le dernier conseil qu'un ennemi généreux... Ah!..
Adieu !
II retombe.
TOUS, avec un mouvement différent et d'une voix étouffée.
Ah!
DUMESNIL , la main sur la poitrine de Léon. C'en est fait , plus rien !
BEAUCHAN, abattu.
Me voilà donc un meurtrier! un malheureux! l'effroi des familles, la terreur du genre humain... Qu'allons-nous faire maintenant?
DUMESNIL
Il n'y a pas a hésiter, allez-vous-en.
LEFÈVRE, le menaçant.
Et dépêchez-vous.
UEAI'CIIAN.
Que je m'en aille!
DUMESNIL
Vous n'avez pas un moment à perdre, rortho du joui du toinmandant, les lois, la cour d'assises!., passez vile la frontière... Lefèvrc, ouvre-lui la grille.
IJEALCIIAX.
Du tout , je ne m'en irai pas.
LÉOX, à part.
Hein?
DIÎMESMI-.
Fuyez.
BEAUGUA.V.
Non vraiment ; et mon mariage!
DLMESNIL.
Il est bien question de mariage quand vous êtes menacé ! ma tante d'ailleurs ne vous donnera plus sa lille ; et quand l'autorité militaire va savoir que vous avez tué votre homme.
BE AUCHAN.
Air : Vaudeville de Haine aux femmes.
PcrinettCE , je n'ai point de tort , Pour me punir, suis-je coupable ?..
L'événement est déplorahli* , Mais nous pouvons cacber sa mort !
Cet accident, on peut le taire...
LES AITRBS.
Oni , mais comment ?
BBAicBAN, baissant la voix.
11 faut soudain L'ensevelir dans le mystère!
Et l'eatener dans le jardin!
// montre Léon.
Vous me devez le secret! écoutez : il fait nuit, ce jeune homme n'était pas de la ville ; nous trouverons bien quelque endroit; comme cela personne ne se doutera... DUMESNIL, d part.
Par exemple, je ne m'attendais pas à celui-là.
LÉOX , à part.
Comment! ils vont m'enterrcr.
BEA.UCHAN.
Tenez! çà sera fait tout de suite.
Il remonte vers le fond.
LÉON, bas à DumesnU quiestdt son côté.
Du tout ! je m'y oppose. '-^
Les Duels. 5.
BEAUCHAN, se retournant, et d Dumesnil. Et pourquoi vous y opposez-vous?
DUMESML , embarrassé.
Je veux dire que je n'entends rien...
BEAUCHAN.
Bah!., en nous y mettant tous les trois, vous allez voir. {Cherchant de côté.) Si j'avais le moindre instrument... LÉON, bas à Dumesnil.
Tire-moi donc de là, ou je ressuscite.
MAD. DE BRACY, appelant du dehors et de très loin. Dumesnil, M. Beauchan i
BEAUCHAN.
Qu'est-ce donc?
LEFÈVRE
La voix de madame.
DUMESNIL, avec joie.
Elle aura entendu les coups de feu.
BEAUCHAN.
Ah! diable! *