‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 358 sur 403 · SCENE ni · texte numérisé non relu

SCENE ni

Les Mêmes, PIERRE, GARNIEU, Plusieurs Ofliciers <^f Aspirans.*

PIERRE. Mais! eh! mais, <|ucl vacarme! que vois-je!

GARNIER. Alice!

PIERRE. Ces dames!

FROMOlVT, iCun air étonne. Ou'cst-cc que cela signifie, lieutenant, qu'est-ce que cela yeut dire, messieurs? des Icmmcs sur «non bord? qui est-ce qui a osé se permettre?

CÉLESTE, le regardant. Ah! mon Dieu! est-ce que ça ne serait pas lui...

PAUL, à Alice. Au nom du ciel... pas un mot.

PIERRE , (Tan air respectueux. Pardon , capitaine, je crois deviner... cela ne mérite pas un châtiment bien sévère... {Regardant son fils.) et je soupçonne que l'amour seul a pu décider...

GARNIER, s'avançant.Vdxno\xv\.. Comment vous croyez que c'est pour me suivre... Pauvre petite!., ah bien, ma loi... je no croyais pas être aimé à ce point-là.

ALICE, à part. Ah ! mon Dieu ! qu'est-ce qu'î! dit donc ?

CÉLESTE, à part. Il croit que c'est pour lui.

FROMONT, d part. Est-il bon enfant, le chirurgien!

-PAUL , bas d Alice. Mais détrompez-le donc.

ALICE, tremblante. Je n'oserai jamais.

GARNIER, la figure épanouie. Pardon, capitaine... mais ma foi, je n'y tiens plus... tant de dévouement , de courage, mérite une récompense... et puisque nous avons un aumônier à bord... je veux qu'on nous marie sur-le-champ!..

TOUS. Bravo!..

PAUL, bas à Alice. Dites donc que vous ne voulez pas...

ALICE, bas. Je n'oserai jamais...

PAUL, à part. Je n'oserai jamais... je n'oserai jamais... C'est comme ça... qu'on laisse faire un malheur!..

GARNIER, prenant la main (€ Alice. Venez, chère Alice!..

UNE VOIX, dans les hunes. Navire !

Tout le monde reste iminubile.

TOUS. Aavire!

FROMOXT, étonné. Qu'est-ce qu'ils demandent là-haut?

* Celcsle, Pierre, Fromont, Garniur, Alice, Paul.

Le Capitaine 7*

PIERRE, à Fromonl. Chul ! c'est la vigie.,, {Haut.) Où est le navire?

BOUQUIN, demandant. Au bossoir de bâbord?

LA VOIX. Non ; par le bossoir de tribord.

BOUQUIN, courant regarder le long des bastingages. A la hauteur des mats , et à l'envergure , ce doit être notre homme d'hier.

PROVENÇAL, sautant de joie en regardant. C'est le corsaire! Les dames et Paul passent à la droite du vaisseau.

TOUS , passant à la gauche du vaisseau et regardant. C'est le corsaire.

Paul et les daines passent à droite.

PIERRE, à part. Très bien... il arrive à propos... {Haut.) Prévenez les officiers, et qu'on se tienne prêt au premier signal... c'est l'ordre du capitaine.

Les matelots se mettent en mouvement.

FROMONT, bas à Pierre. Hein... dites donc... est-ce qu'il y a quelque difficulté?

PIERRE. Non c'est ce corsaire d'hier soir, à qui nous allons donner une leçon de politesse. {Le regardant.) Eh bien... qu'avez-vous donc capitaine?., vous pâlissez?

FROMONT. Non, non... je sais ce que c'est... ca méprend très souvent ! quand je suis à jeun.

PIERRE , bas. Rappellez-vous bien qu'avant de donner les ordres... je dirai toujours:» Oui commandant! » Comme si je ne faisais que transmettre les vôtres...

FROMONT, inquiet. Mais permettez, je crois qu'il y a une manœuvre toute simple ! si le corsaire est sur notre gauche... il me semble qu'en prenant à main droite...

PIERRE, élevant lavoix. Oui , commandant... {A un officier.} Augmentez votre voilure.... l'intention du capitaine est que nous en finissions au plus vite avec cet écumeur de mer.

TOUS. Vive le capitaine !

FROMONT. Bien ! si c'est comme ca que les ministres expriment les sentimens de celui qui gouverne... ça fait du joli!

GARNIER, d Alice. Ma chère Alice, il va faire chaud ici... descendez vite à fond de cale , vous pourrez nous être utile, vous ferez de la charpie.

FROMONT, à part. De la charpie?.. Ah ça, nous allons donc nous déchirer comme des bêtes féroces?

TOufe.

Air des Chevau-Légers. (du Pré-aux-Clercs.)

Allons, amis, vive Ja joie, C'est le corsaire, oui, oui, c'est lui, c'est lui '

riEKBE, regardant.

Son pavillon qui se déploie A nus regards brille aujourd'hui I ALICE, (ristement et rei^ardant Paul.

Pcrdrai-jc, hélas! mon seul appui!

CBOEOB, sur les haubans.

C'est le corsaire, oui, oui, c'est lui ! PAut. et ALICE, bas entre eux.

Séparons-nous, le sort l'ordonne,

Mais sur mon comptez touiourb!

cœur «^ '

Pour protéger ici ,

Que le ciel veille sur ^°' »»""'• • CHCEi'B, ref^ardant le corsaire.

Voyez la pcurqui le talonne, A tous les saints il a recours ; Il appelle en vain sa patronne A son secours!

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