LES MÊMES, GUSTAVE
GUSTAVE , agité.
A-ton ide'e de cela ! . . . Bonjour , cher oicle.
SAKRAZIN.
A qui en as-tu donc ?
GUSTAVE
Cet animal de Bernard !.. . Un domestique excellent. . . surtout pour les chev.iux anglais; qui soignait mon alezan dans la perfection. .. iJier, d.ins un moment de caprice, je lui donne son compte , et il a l'insolence de s'en «lier.
SARRAZIN
Dame! pourquoi le renvoyer?
GUSTAVE
Parce que j'avais de l'humeur : ^Marchant sur lui) quelques embarras tiuanciers. ..
SARBAZIN , l'i/iterrorrpant.
C'est bon , c'est bon ; je ne vous demaiiile pas de de'tails.
GUSTAVE , comme à lui même.
Et puis cette petite Estelle de 1 Opéra, à qui je faisais la cour, qui me ferme sa porte.
SARRAZIN
Heinl qn'csl-ce que c'est?
GUSTAVE
C'est ce marquis d'ALila; un Portugais, qui eu est cause, diton. Aussi, si je le rencontre, celui-là...
SARRAZIN
Voulez-vous vous taire , Monsieur. . . La petite Estelle., .Et TOUS pre'tendez e'pouser Mathiltie!
* Sarraziii , Giisluvc, li'A: gentières
GUSTAVE , riant.
Çi! iretnpêclie pas, mou oncle Voos-mêii.e , dans voli e
temps... c;ir vous u'ëliez pas uni iiiiinviiis sujet.
SARRAZIN
Silence !
GUSTAVE , à mi-(^oix en riant.
Et si cela se Siivait à i,) Bourse.
SARRAZ£N, avec colère.
Coninieut, Monsieui'. . .
Ain : j4h ! quel jj/ahir/ ah! quel beau jour! (de Caniill;* )
{^A part.) C'est trop d'audace !.. un dtoiu-di
Se moquer de son oncle en tace , Vit-on jaiViais pareil oubli I Point de pitié pour lui.
(j//att/ avec ironie. )
Mais je croirais être importun..- ( Montrant (VArgenlièjes. )
Pour VOUS , monsieur, voici quelqu'un.
GUSTAVE, élourdinienl.
Ah ! je sais ce que c'est, je eroi... d'argentiéres, à part.
Il est plus avancé que moi.
ENSEMBLE
SAKRAZIN.
; C'est trop d'audace , etc; . , i ;
GUSTAVE , à part.
Ah I quelle audace! un étourdi, Se moquer de son oncle en l'ace !
' Vit-on jamais pareil oubli !
C'est vraiment bien hardi !
d'aegentières , à part.
Un peu d'audace , ou c'est fini...
Quand l'un part, l'autre le remplace j Que vais- je dire à celui-ci?
J'en suis tout étourdi.
{Sarrczin sort.)
GUSTA\ b: , D ARGENTIÈIU. y.
GUSTAVK , clourdhneitl.
Il pst » linrniiint, mou oucîe. . . {A d' An^cnlièn'':. ) Ç/cài pour «pfte soTisrripfiou n-ilionalf , tiVsl-ce p»*?... Cv. haayiiet patriotique.
j)'argkNTIÈRKS.
Non , non.
'»''•;• "• ■ *- GUSTAVE
AI»! je croyais 'pi»* vuus rtie/ J*"s nôtres.
Jj'AUG ENTIÈRES.
Va n'tMnpéclie p;»» , je suis tout de uiême des vôfres.
GUSTAVE
Lli hirn ! voyons , Monsieur. .... Dépêchons , ja vous prie : cir je suis très-pressé.
^»èAilGEÎlTlÈF,.ES.
Je strais dusolé . .
GUSTAVE , roj'i.'.lant sa toi'efte devant la riace. AII^t:, allez fonjours; je vous écoule. . . C'est qu'il fiUit eue ji' ressorte... . Quand -on h des oncles qui no sont pjis plus faits
po'.r être oncles Enfin , Monsieur , vous venez de voir le
mua , hein ?
r>' ARGENTINE ES, il' Kit air cquivûquc.
Puh!...
GUSTAVE
Urave homtne. mAiz.., {Montrant sa /^/e) c'est ia jiilousie qui lui tourne la lê'e. . . l;i coquetterie de ma t;iute, . . ( L'imitant.) La sensible Kveiina !
d'augentiiîres, sourii m.
VlvfWar'.
GUSTAVE
Oui , aussi roinaneique que sou iiou». . . Et ça retombe sar iDo:. . . cest-à-difc sur mes lettres de change, qu'il ne veut pas p..yer.
î>'ARCîiîîriARES, vi\>eme:t.
Des lettres de chàn£,e. . . ( D'un air gai et familier, ) Ah ! ah' vous laites des lei'rcs de ih,in^«' 1 . . . {A part. ) \[ paraît qu'il tritvjiille dans mon genre. , . .1 est geutij,, ç^^ttit bon'uomme.
GCISTAV2.
C est qu'il me laissoi'^-it plulôt aller éni prison... Les or.cica Je notre (ipoque sont «i despotes !.. si pouvoir nhsolu ! . .
n'ARGENTlÈUES.
A qui le dites-vons ? ( /l part. ) Charmant petit bonhomme . '
GUSTAVE
Mais patience ... le règub des vienx finira. ( Juec aplomb , et la main dans son ^ilet. ) Moi , Monsieur , je suis ponr la loi agraire , et le nivellement des fortunes. d'argentières.
Le nivellement des fortunes! ça rentre toul-à-fait dans mon opinion.
GUSTAVE , s'' échauffant.
N'est-il pas indécent que les oncles aient tout, et les neveux rien ?
d'argentières.
C'est de Tanarchle !
GUSTAVE
C'est-à-dire qu'avec un pareil état de choses. . .
d'argeutières.
n n'y a pas de gouvernement possible.
GUSTAVE, triothfhanl.
Voilà!
d'argentières , à part.
Délicieux petit bonhomme !
ousTAVE, échauffé.
AtR : Je loge, au quatrième étage.
Uès que vous êtes un adepte , Moi je vous offre tout crabord Mon amitié. . .
n'AR&ENTlÈHES.
Moi je l'accepte.
GirsTAYE , lui serrant ta main.
Kl c'est à la vie , à ia mort...
D'AnoENTirnps.
Oui , partageo"iis le même sort.
GUSTAVE , à mi~t'ui.v.
Il ne faut que de réiiergic , Et nous serons maîtres bienlût:
{Kiént. ) On bien à Suintii-Pélagie...
d'argentièhes , regardant au fvnil.
CVàt ça que je croiiais plutôt.
GUSTAVE
Mais poar en reveuir à notre aflaire . .
b'AHGENTIlCRES, à part- Allons, .-liions, je puis me confier h lui y il y a S3'uipalh!c et confraternité... nous sommes fiiits pour nous comprendre. ( Haut. ) Je vois (jue vous avez , tliins ce moment-ci , quelques embarras finimciers 5 et je vous ;«cou<'r«i. . . (iUSTAVK. baLssont la Toix.
Ma (oi, il y n une denii-iieure , je ne savais où donner Je la tête ; uu misérable effet de quinze cents francs. . . d'argrntikres . involontairement.
Il ne faut pus sortir. . . Je vous tiendrai compagnie. . .
(iUSTAVE.
Heureusement qu'il y » wn Dieu pour les débiteurs et les . ivrognes.
c'AUGKNTIKRtS.
Pour les ivrognes plutôt.
GUSTAVE
Je vieus de reMConlrer a cent pas d'ici M. Lciicvre. ( /i'«/t air /l'intelligence.) M. Lelièvre, huissier.
v'ji.ï:OE'iivii'A\&^,J'roi(iernent.
Connais ym.
GtSTAVK.
Moi , je ne connais que cela. . . vu quil poursuit les autres pour mon oncle , et qu'il me poursuit pour les autres, lit save*vous la siniiulière proposition qu'il m'a faite. . .. « M. Sarrazin , » m'a - t - il dit , a un effet de mille ecus sur un homme qui a )i des ressourscs , mais avec lequel In justice perdrait tous ses » droits , à cause d'une rente vi;ignre. )>
DARGENTIKRES , Ouvrant de grands ycu.r.
Ali! Iri's Ijien. (« part) C'est mon atïnire.
GrSIAVE.
« Vous. . , TOUS derez quinze c* nts francs dont tolre ont le » ne veut pas cntrndre parler: mois il consent ;'•. pcnhc la » nuiilië de sa lettre de change poar obtenir rautrc. » d'à ■ , GENTI ÈRES, ifitriglic.
Eli bien .'
GUSTAVE
« Lh bien, a conlinut' cet estimuble M. Lfrfièvre , pour vous » rendre service à tous deux , je ce vois qu'un nioyen. . . un )j moyen extra judiciaire ; car les voies légales n'y pourraient » plus rien... ( So>:rianf.) Vons êtes vn des premiers clercs » deGRisiER... voi. s ave?, le jen brillant. .. »
i>'argentif:res , à pari.
Al: ! JI1011 dieu ' diah'c de jielit bonhonimc!
GUSTAVE
K Allez trouver Je (hîbilcur de xottc oncle; je doule qu'il » résiste à ce r.ilemnjo : une t!ë!og;iiion tlo inilie ecus sur votre V, rc^te^, ou^i,en. . . » Tous compieiie^ ?
,',,' ( Il fait le i^esle de se battre à i^épce. )
d'argektikres.
Snpci Irnrenieril. . . {s'ejfjnfçaiit de rire ) Li bourse ou la vie. {A pari.) Ces gens de loi sont atroce»... je ne peux même plus rentrer chex moi.
GUSTAVE 5 lisant sur un papier qu'il tire de son gilet. Le baron d'Argentières hôtel de Flandres.
jj'ARGETiTlÈRiiS, Sans réflexion.
Oui , rne Faintc-Anne.
GUSTAVE
Comment, vous s;ivcz ? .svujjoi»:
d'akgentières . trouble..
Je s.t!s qii il y a un hôtel de Flandres rue Sainte Anne. . ^ p>irbicu! tout le monde S'it cela. Et voi:s iiez? GrSTAVE, riant.
Paiblcu ! ( ela lii'atîujsera ; et puis c est une ïu^ni^re indirecte do faire payer mon oncle, s;:ïis qu'il s'en doute. C'est drôle , iTc t-ce pns?
d\\rG£îîti h.rf.s , r'ant cwcc lui.
Oui, oui, c'e&l un i)on tovr. {J part.) Muîneureux petit bonhomme î
GUSTAVE
Ah ! «'a, vous ne m'avez pas encore i;it. . .
d'argentières.
Quoi dojîc ?
GrSTAVE. Eh bien . ce que vous me vo:;!cz 7
n'ARGENTlÈRE."^.
Commenl, jr; »<> \oîis l'jii pas dit.' Ah! c est hicu, c'est bien. . . ne vous gciioz pa.s. . .
GISTAVE, insiitan'.
Non , du tout... je veux savoir... [tirant sa montre) de|à une heure !
d'argektikres.
Voi s vo) e? bien ^ vous êtes pressé. . . . Mais y\i^t regirdexvous donc par ià ?
GrSTAVE, indiquatit la souche.
Ce jeune humme qui se glisse de ce côte.
d'argeîïtières.
Oh ! ne fait s nrîs atlcolion , c'est un rcnde/.-voi.s que j ai d« j^ déra)i?,c.
GUSTAVE
Un Vcncicz-vous 1
l'argeîjtières.
()\i lis édiicnt ici, en lêtc-à-tête, avec Mailemoisel'**. . .
( // cherchr, ) GUSxAVjE , furieux.
Matl)il(!e ! . . . Il se pourrait!. . .
rj'ARGENTiLÈRES, s'opvrcet^'ant (h sa gauchene- AIj ! mon dieu ! qu\:st-ce que j i»i fait là ? c'esl un rival 1
GUSTAVE
.le vais lui pnrler. . . Ça ne sp passera pas^^oninic cela.
n'ARG ENTIÈRES, rotilciît le ronù'nir.
•leuuc liorame. . .
GUSTAVE , l'entrnînnn' di' coté , à giinchf, Silcme , .Monsieur. .. et ne boj.-gez pas.
LES MEMES, EUGEr>E.
Kl. GÈNE, siwà voir les dtiix autres pcrsonrni^rs ^ /illtin/ ? rrv la parle à droitr.
Elle ne vient pas I
GrSTAVK , /7i'cc irotrie *.
Oh 1 elle ue p«ul tarder.
EUGÈKK , surun's.
Gustave !
GUSTAVE
A merveille, Monsieur... C'est icpoiu'io Jiciîcnienl a la confianee «le mon oncle.
EUGÈNE
Comment?
GUSTAVE
Un prlit commis (|iii est toujours tbiirré au s don.
Ei.gÈNE, 7-<!t>emenf.
Apparemment que j'ai le droit d'y paraître.
GUSTAVE , .s't::!!j)nrtant.
Et moi , je vous le (ler<'nds , (juarid M.-.t'iiIdo y sera.
P ARGENtiÈhi^S , fouinnt les ral'twr.
Pcrraetfrz. . . •
EUGÈNE
Vous me le défendez ?
l'iipéiif , <î(i.U\c, d Argon I ICI (.s.
ertJSTATB.
Oui, IMoQsieur.
Et' GÈNE.
C'en est trop 1
GUSTAVE
Ou vous aurtz affaire à moi.
EUGÈNE
C'est tout ce que je demande .nojourcriiui.
GUSTAVE
A l'instant.
«• d'argentièues.
Eh bien 1 eii bien .' jeunes gens. . .
GUSTAVE , à Eugène.
Vous nvez un témoin?
EUGÈNE, fiionlrnnt lea bursaux.
Un «Je mes camiirades. . . Et le vôtre ?
GUSTAVE . montrant d'Argciit-.ties.
Le voilà, c'est Monsiei:r.
D'ARGENrifcRES , e'tonm'.
Moi!
GCSTAV'El'r.is jne vous êtes mon an.i.