‹ Les vieux péchés; comédie-vaudeville en un acteChapitre 58 sur 403 · LES MÊMES, GUSTAVE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, GUSTAVE

GUSTAVE , agité.

A-ton ide'e de cela ! . . . Bonjour , cher oicle.

SAKRAZIN.

A qui en as-tu donc ?

GUSTAVE

Cet animal de Bernard !.. . Un domestique excellent. . . surtout pour les chev.iux anglais; qui soignait mon alezan dans la perfection. .. iJier, d.ins un moment de caprice, je lui donne son compte , et il a l'insolence de s'en «lier.

SARRAZIN

Dame! pourquoi le renvoyer?

GUSTAVE

Parce que j'avais de l'humeur : ^Marchant sur lui) quelques embarras tiuanciers. ..

SARBAZIN , l'i/iterrorrpant.

C'est bon , c'est bon ; je ne vous demaiiile pas de de'tails.

GUSTAVE , comme à lui même.

Et puis cette petite Estelle de 1 Opéra, à qui je faisais la cour, qui me ferme sa porte.

SARRAZIN

Heinl qn'csl-ce que c'est?

GUSTAVE

C'est ce marquis d'ALila; un Portugais, qui eu est cause, diton. Aussi, si je le rencontre, celui-là...

SARRAZIN

Voulez-vous vous taire , Monsieur. . . La petite Estelle., .Et TOUS pre'tendez e'pouser Mathiltie!

* Sarraziii , Giisluvc, li'A: gentières

GUSTAVE , riant.

Çi! iretnpêclie pas, mou oncle Voos-mêii.e , dans voli e

temps... c;ir vous u'ëliez pas uni iiiiinviiis sujet.

SARRAZIN

Silence !

GUSTAVE , à mi-(^oix en riant.

Et si cela se Siivait à i,) Bourse.

SARRAZ£N, avec colère.

Coninieut, Monsieui'. . .

Ain : j4h ! quel jj/ahir/ ah! quel beau jour! (de Caniill;* )

{^A part.) C'est trop d'audace !.. un dtoiu-di

Se moquer de son oncle en tace , Vit-on jaiViais pareil oubli I Point de pitié pour lui.

(j//att/ avec ironie. )

Mais je croirais être importun..- ( Montrant (VArgenlièjes. )

Pour VOUS , monsieur, voici quelqu'un.

GUSTAVE, élourdinienl.

Ah ! je sais ce que c'est, je eroi... d'argentiéres, à part.

Il est plus avancé que moi.

ENSEMBLE

SAKRAZIN.

; C'est trop d'audace , etc; . , i ;

GUSTAVE , à part.

Ah I quelle audace! un étourdi, Se moquer de son oncle en l'ace !

' Vit-on jamais pareil oubli !

C'est vraiment bien hardi !

d'aegentières , à part.

Un peu d'audace , ou c'est fini...

Quand l'un part, l'autre le remplace j Que vais- je dire à celui-ci?

J'en suis tout étourdi.

{Sarrczin sort.)

GUSTA\ b: , D ARGENTIÈIU. y.

GUSTAVK , clourdhneitl.

Il pst » linrniiint, mou oucîe. . . {A d' An^cnlièn'':. ) Ç/cài pour «pfte soTisrripfiou n-ilionalf , tiVsl-ce p»*?... Cv. haayiiet patriotique.

j)'argkNTIÈRKS.

Non , non.

'»''•;• "• ■ *- GUSTAVE

AI»! je croyais 'pi»* vuus rtie/ J*"s nôtres.

Jj'AUG ENTIÈRES.

Va n'tMnpéclie p;»» , je suis tout de uiême des vôfres.

GUSTAVE

Lli hirn ! voyons , Monsieur. .... Dépêchons , ja vous prie : cir je suis très-pressé.

^»èAilGEÎlTlÈF,.ES.

Je strais dusolé . .

GUSTAVE , roj'i.'.lant sa toi'efte devant la riace. AII^t:, allez fonjours; je vous écoule. . . C'est qu'il fiUit eue ji' ressorte... . Quand -on h des oncles qui no sont pjis plus faits

po'.r être oncles Enfin , Monsieur , vous venez de voir le

mua , hein ?

r>' ARGENTINE ES, il' Kit air cquivûquc.

Puh!...

GUSTAVE

Urave homtne. mAiz.., {Montrant sa /^/e) c'est ia jiilousie qui lui tourne la lê'e. . . l;i coquetterie de ma t;iute, . . ( L'imitant.) La sensible Kveiina !

d'augentiiîres, sourii m.

VlvfWar'.

GUSTAVE

Oui , aussi roinaneique que sou iiou». . . Et ça retombe sar iDo:. . . cest-à-difc sur mes lettres de change, qu'il ne veut pas p..yer.

î>'ARCîiîîriARES, vi\>eme:t.

Des lettres de chàn£,e. . . ( D'un air gai et familier, ) Ah ! ah' vous laites des lei'rcs de ih,in^«' 1 . . . {A part. ) \[ paraît qu'il tritvjiille dans mon genre. , . .1 est geutij,, ç^^ttit bon'uomme.

GCISTAV2.

C est qu'il me laissoi'^-it plulôt aller éni prison... Les or.cica Je notre (ipoque sont «i despotes !.. si pouvoir nhsolu ! . .

n'ARGENTlÈUES.

A qui le dites-vons ? ( /l part. ) Charmant petit bonhomme . '

GUSTAVE

Mais patience ... le règub des vienx finira. ( Juec aplomb , et la main dans son ^ilet. ) Moi , Monsieur , je suis ponr la loi agraire , et le nivellement des fortunes. d'argentières.

Le nivellement des fortunes! ça rentre toul-à-fait dans mon opinion.

GUSTAVE , s'' échauffant.

N'est-il pas indécent que les oncles aient tout, et les neveux rien ?

d'argentières.

C'est de Tanarchle !

GUSTAVE

C'est-à-dire qu'avec un pareil état de choses. . .

d'argeutières.

n n'y a pas de gouvernement possible.

GUSTAVE, triothfhanl.

Voilà!

d'argentières , à part.

Délicieux petit bonhomme !

ousTAVE, échauffé.

AtR : Je loge, au quatrième étage.

Uès que vous êtes un adepte , Moi je vous offre tout crabord Mon amitié. . .

n'AR&ENTlÈHES.

Moi je l'accepte.

GirsTAYE , lui serrant ta main.

Kl c'est à la vie , à ia mort...

D'AnoENTirnps.

Oui , partageo"iis le même sort.

GUSTAVE , à mi~t'ui.v.

Il ne faut que de réiiergic , Et nous serons maîtres bienlût:

{Kiént. ) On bien à Suintii-Pélagie...

d'argentièhes , regardant au fvnil.

CVàt ça que je croiiais plutôt.

GUSTAVE

Mais poar en reveuir à notre aflaire . .

b'AHGENTIlCRES, à part- Allons, .-liions, je puis me confier h lui y il y a S3'uipalh!c et confraternité... nous sommes fiiits pour nous comprendre. ( Haut. ) Je vois (jue vous avez , tliins ce moment-ci , quelques embarras finimciers 5 et je vous ;«cou<'r«i. . . (iUSTAVK. baLssont la Toix.

Ma (oi, il y n une denii-iieure , je ne savais où donner Je la tête ; uu misérable effet de quinze cents francs. . . d'argrntikres . involontairement.

Il ne faut pus sortir. . . Je vous tiendrai compagnie. . .

(iUSTAVE.

Heureusement qu'il y » wn Dieu pour les débiteurs et les . ivrognes.

c'AUGKNTIKRtS.

Pour les ivrognes plutôt.

GUSTAVE

Je vieus de reMConlrer a cent pas d'ici M. Lciicvre. ( /i'«/t air /l'intelligence.) M. Lelièvre, huissier.

v'ji.ï:OE'iivii'A\&^,J'roi(iernent.

Connais ym.

GtSTAVK.

Moi , je ne connais que cela. . . vu quil poursuit les autres pour mon oncle , et qu'il me poursuit pour les autres, lit save*vous la siniiulière proposition qu'il m'a faite. . .. « M. Sarrazin , » m'a - t - il dit , a un effet de mille ecus sur un homme qui a )i des ressourscs , mais avec lequel In justice perdrait tous ses » droits , à cause d'une rente vi;ignre. )>

DARGENTIKRES , Ouvrant de grands ycu.r.

Ali! Iri's Ijien. (« part) C'est mon atïnire.

GrSIAVE.

« Vous. . , TOUS derez quinze c* nts francs dont tolre ont le » ne veut pas cntrndre parler: mois il consent ;'•. pcnhc la » nuiilië de sa lettre de change poar obtenir rautrc. » d'à ■ , GENTI ÈRES, ifitriglic.

Eli bien .'

GUSTAVE

« Lh bien, a conlinut' cet estimuble M. Lfrfièvre , pour vous » rendre service à tous deux , je ce vois qu'un nioyen. . . un )j moyen extra judiciaire ; car les voies légales n'y pourraient » plus rien... ( So>:rianf.) Vons êtes vn des premiers clercs » deGRisiER... voi. s ave?, le jen brillant. .. »

i>'argentif:res , à pari.

Al: ! JI1011 dieu ' diah'c de jielit bonhonimc!

GUSTAVE

K Allez trouver Je (hîbilcur de xottc oncle; je doule qu'il » résiste à ce r.ilemnjo : une t!ë!og;iiion tlo inilie ecus sur votre V, rc^te^, ou^i,en. . . » Tous compieiie^ ?

,',,' ( Il fait le i^esle de se battre à i^épce. )

d'argektikres.

Snpci Irnrenieril. . . {s'ejfjnfçaiit de rire ) Li bourse ou la vie. {A pari.) Ces gens de loi sont atroce»... je ne peux même plus rentrer chex moi.

GUSTAVE 5 lisant sur un papier qu'il tire de son gilet. Le baron d'Argentières hôtel de Flandres.

jj'ARGETiTlÈRiiS, Sans réflexion.

Oui , rne Faintc-Anne.

GUSTAVE

Comment, vous s;ivcz ? .svujjoi»:

d'akgentières . trouble..

Je s.t!s qii il y a un hôtel de Flandres rue Sainte Anne. . ^ p>irbicu! tout le monde S'it cela. Et voi:s iiez? GrSTAVE, riant.

Paiblcu ! ( ela lii'atîujsera ; et puis c est une ïu^ni^re indirecte do faire payer mon oncle, s;:ïis qu'il s'en doute. C'est drôle , iTc t-ce pns?

d\\rG£îîti h.rf.s , r'ant cwcc lui.

Oui, oui, c'e&l un i)on tovr. {J part.) Muîneureux petit bonhomme î

GUSTAVE

Ah ! «'a, vous ne m'avez pas encore i;it. . .

d'argentières.

Quoi dojîc ?

GrSTAVE. Eh bien . ce que vous me vo:;!cz 7

n'ARGENTlÈRE."^.

Commenl, jr; »<> \oîis l'jii pas dit.' Ah! c est hicu, c'est bien. . . ne vous gciioz pa.s. . .

GISTAVE, insiitan'.

Non , du tout... je veux savoir... [tirant sa montre) de|à une heure !

d'argektikres.

Voi s vo) e? bien ^ vous êtes pressé. . . . Mais y\i^t regirdexvous donc par ià ?

GrSTAVE, indiquatit la souche.

Ce jeune humme qui se glisse de ce côte.

d'argeîïtières.

Oh ! ne fait s nrîs atlcolion , c'est un rcnde/.-voi.s que j ai d« j^ déra)i?,c.

GUSTAVE

Un Vcncicz-vous 1

l'argeîjtières.

()\i lis édiicnt ici, en lêtc-à-tête, avec Mailemoisel'**. . .

( // cherchr, ) GUSxAVjE , furieux.

Matl)il(!e ! . . . Il se pourrait!. . .

rj'ARGENTiLÈRES, s'opvrcet^'ant (h sa gauchene- AIj ! mon dieu ! qu\:st-ce que j i»i fait là ? c'esl un rival 1

GUSTAVE

.le vais lui pnrler. . . Ça ne sp passera pas^^oninic cela.

n'ARG ENTIÈRES, rotilciît le ronù'nir.

•leuuc liorame. . .

GUSTAVE , l'entrnînnn' di' coté , à giinchf, Silcme , .Monsieur. .. et ne boj.-gez pas.

LES MEMES, EUGEr>E.

Kl. GÈNE, siwà voir les dtiix autres pcrsonrni^rs ^ /illtin/ ? rrv la parle à droitr.

Elle ne vient pas I

GrSTAVK , /7i'cc irotrie *.

Oh 1 elle ue p«ul tarder.

EUGÈKK , surun's.

Gustave !

GUSTAVE

A merveille, Monsieur... C'est icpoiu'io Jiciîcnienl a la confianee «le mon oncle.

EUGÈNE

Comment?

GUSTAVE

Un prlit commis (|iii est toujours tbiirré au s don.

Ei.gÈNE, 7-<!t>emenf.

Apparemment que j'ai le droit d'y paraître.

GUSTAVE , .s't::!!j)nrtant.

Et moi , je vous le (ler<'nds , (juarid M.-.t'iiIdo y sera.

P ARGENtiÈhi^S , fouinnt les ral'twr.

Pcrraetfrz. . . •

EUGÈNE

Vous me le défendez ?

l'iipéiif , <î(i.U\c, d Argon I ICI (.s.

ertJSTATB.

Oui, IMoQsieur.

Et' GÈNE.

C'en est trop 1

GUSTAVE

Ou vous aurtz affaire à moi.

EUGÈNE

C'est tout ce que je demande .nojourcriiui.

GUSTAVE

A l'instant.

«• d'argentièues.

Eh bien 1 eii bien .' jeunes gens. . .

GUSTAVE , à Eugène.

Vous nvez un témoin?

EUGÈNE, fiionlrnnt lea bursaux.

Un «Je mes camiirades. . . Et le vôtre ?

GUSTAVE . montrant d'Argciit-.ties.

Le voilà, c'est Monsiei:r.

D'ARGENrifcRES , e'tonm'.

Moi!

GCSTAV'El'r.is jne vous êtes mon an.i.

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