MOYENS D* ATTÉNUER LA CHLOROSE
pour que la soudure soit aussi parfaite que possible ;
3* De laisser se développer à côté du greffon un ou deux rameaux de Riparia^ pour donner un aliment convenable à la sève du sujet porte-greffe, en attendant que le greffon se développe suffisamment;
4* De prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter l'ébranlement du greffon ;
5o De placer des piquets au moment du greffage*, pour soutenir le jeune rameau à mesure qu'il se dé* veloppera ;
6* De cultiver soigneusement et de fumer énergiquement ;
7** Enfin, d'augmenter progressivement, autant qu'on le pourra, le développement arborescent de Id charpente de la souche.
Ensuite, s'il s'agit des plantations nouvelles à faire* il faudrait encore :
l'' S'abstenir d'une manière absolue de les faire dans les terres blanches ou dans celles trop marneuses, trop argileuses, trop imperméables ou trop maigres ;
2'' Se borner autant que possible à les établir dans les sols réunissant les diverses conditions que nous avons précédemment énumérées, c'est-à-dire seulement dans les terrains ferrugineux, siliceux, profonds et très perméables ;
3"* Dans les sols qui ne réuniraient pas absolument ces dernières conditions, mais dont ils ne s'écarteraient cependant pas trop, on pourrait y
cultiver le Jacques, soit comnoe producteur direct, soit comme porte-greffe ;
4"* Réserver les autres producteurs directs, ceux surtout qui sont des hybrides à un degré encore plus accentué que leJacqt^:^ pour les sols les plus profonds et les plus riches. Ces cépages, tels que V Othello, le Canada, le Brandt, le Senasqua, le Triumph, etc. , sont plus sensibles au Phylloxéra que le Jacquez, et ont besoin d'être soutenus par des fu-
notres énergiques;
5^ Donner la préférence aux plants enracinés et déjà greffés, à la condition toutefois de choisir avec soin ceux dont la tige est bien saine» dont les racines sont longues et abondantes, et dont les soudures sont aussi parfaites que possible.
Ces divers conseils semblent résulter des faits acquis par Texpérience de ces dernières années. Il sera utile d'en tenir compte, pour ne pas ajouter de nouveaux insuccès à ceux déjà trop nombreux qui sont signalés un peu partout. Quoique toujours bons à suivre, il ne faudrait pourtant pas s'exagérer leur importance. Ces moyens pourront aider à la conservation du vignoble, mais ils seront impuissants en présence d'un sol absolument réfractaire au cépage qu'on y aura planté.
Peut-être qu'une partie de ceux qui liront ces lignes nous accuseront-ils de nous être montré trop pessimiste ? Loin de nous en plaindre, nous voudrions de bien grand cœur qu'ils fussent dans
MOYENS d'atténuer LA c\(LOHO§E. 687
le vrai, et nous serions le premier Vneus estimer heureux si nous constations avec bonheur, dans quelques années, que nous nous sommes trompé dans nos appréciations. Gomme tout le monde, nous ne désirons rien tant que le retour à la prospérité de notre région méridionale, et nous n'ignorons pas que la reconstitution des vignobles est le seul moyen pour l'obtenir.
Désintéressé dans la questioit, et ne possédant pas un seul pied de Vigne, il n'a fallu rien moins que des considérations bien puissantes pour nous décider à écrire encore sur ce sujet. C'est toujours une tâche fort ingrate que de chercher à prémunir contre le danger ; il est infiniment plus agréable et moins dangereux de flatter les espérances en enjolivant l'avenir. On a plus de plaisir à contempler un riant paysage qu'à parcourir le désert aride qu'il cache quelquefois.
Mais quand l'avenir de notre viticulture est en cause, quand on a la conscience que déjà des millions ont été dépensés en pure perte, quand on est persuadé que l'on fait fausse route et que l'on court à une ruine certaine, il n'est que temps de dissiper les illusions et de rechercher enfin la vérité. Il est alors du devoir de tout bon citoyen de sonner le tocsin d'alarme pour signaler le danger, sous quelque forme qu'il se manifeste, alors surtout qu'il est encore possible de l'éviter.
b09 MOYENS DE DÉFENSE.