‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 127 sur 132 · DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

DÉPARTEMENTS

Ardèche

Bouches-du-Rhône

Charente

Charente-Inférieure

Dordogne

Drôme

Gard

Gers

Gironde

Hérault

Lot-et-Garonne

Pyrénées-Orientales

Rhùne...

Saône-et-Loire

Var

Vaucluse

Totaux des 16 départements

Totaux pour la France entière. . .

Aude

Haute-Garonne

'il375

Ce tableau comparatif, dont les chiffres Indiquent le nombre de milliers d* hectolitres produits à différentes époques par 16 de nos départements, presque tous méridionaux, les plus éprouvés par le Phylloxéra, est fort instructif quand on Texamine avec attention. Nous pouvons en tirer les conséquences suivantes :

STATISTIQUE VJTICOLE ET VINIGOLE. 725

l'* Quoique l'année 1875 ait été la plus féconde de ce siècle comme production de vin en France, nous voyons néanmoins que les 16 départements réunis produisirent près de quatre millions et demi d'hectolitres de moins qu'en 1869 ; c'était évidemment le commencement du déficit occasionné parle Phylloxéra.

2oLa production réunie des 16 départements pendant Tannée 1885, comparée à celle de 1869, a diminué des quatre cinquièmes. Ce déficit s'élève au chiffre considérable de plus de 36 millions d'hectolitres, c'est-à-dire à onze millions d'hectolitres de plus que la production totale de la France en 1886. On peut juger par là de la perte énorme éprouvée par ces 16 départements, et le calcul sera facile à faire, car, en mettant seulement à 30 francs la moyenne du prix de vente de Thectolitre de vin pendant ces cinq dernières années, c'est une perte annuelle de plus d'un milliard de francs.

Se doute-t-on de ce qu'un accroissement de production annuelle de vin pour une valeur d'un milliard de francs ferait entrer dans les caisses du Trésor sous diverses formes, soit directement par les impôts multiples, et qui augmentent sans cesse, dont les vins sont grevés» ce qui faisait dire avec juste raison que le vin était la bête de somme du budget, soit indirectement par les droits de mutation et les impôts de toute nature qui frappent la consommation ? On sait, en effet, que Taugmenta-

tion du bien-être résultant d'un accroissement de la fortune publique entraîne nécessairement une augmentation correspondante de la consommation de beaucoup de denrées sur lesquelles le fisc perçoit des impôts élevés.

3* Le chiffre de ce déficit serait encore plus considérable si nous défalquions, comme il conviendrait de le faire, de la production réunie de ces seize départements, les vins obtenus par la reconstitution des vignobles submergés ou plantés dans les sables. Ainsi, par exemple, pour le département du Gard seulement, la production, par l'effet du Phylloxéra, était descendue à 241 mille hectolitres en 1876. Après cela, le Phylloxéra a continué à détruire les vignobles qui restaient encore, et néanmoins la récolte s'était élevée, pour 1 884 , à 655 mille hectolitres, et nous verrons qu'en 1886 elle atteindra 749 ,000, produite presque en tolalité par les vigno blés dans les sables d'Aiguesmortes et les vignes submergées. Il en serait de même dans plusieurs autres départements, et particulièrement dans ceux de l'Hérault et de Vaucluse, pour lesquels il conviendrait de déduire de l'importance de leur récolte en 1885 et en 1886 le chiffre considérable du vin produit par les vignobles plantés dans le sable ou qui sont submergés.

4® Les départements de l'Aude et de la Haute- Garonne, dont la production est indiquée séparément, étaient entrés tardivement dans le mouve-

ment. La plus grande partie des vignobles qui s'y trouvent ont été créé? pendant ces vingt dernières années. Comme jusqu'à ces derniers temps le Phylloxéra n'y avait pas encore exercé de ravages sérieux, la production de ces départements avait augmenté progressivement dans de rapides proportions. Elle était même devenue fort considérable, dans l'Aude surtout, dont le chiffre de vin récolté en 1884 s'élevait à 4,371,000 hectolitres ; il était alors trois fois plus élevé qu'il y a vingt ans, ce qui démontre l'extension considérable que les nouvelles créations de vignobles ont prise pendant ces dernières années. Ce département, dont la récolte de vin dépassait de beaucoup, en 1884, celle de THérauit, prenait alors, comme importance de production, le premier rang de tous les départements français; mais en 1885 et en 1886 l'Hérault a repris sa place habituelle.

50 En comparant la production totale de ces 16 départements à celle de tous les vignobles français réunis, nous voyons qu'en 1863 elle en était à peu près la moitié. Elle avait dû augmenter beaucoup pendant les six années qui suivirent, et d'importantes plantations avaient dû évidemment être faites dans l'intervalle , puisque la production, en 1869, dépasse les trois cinquièmes de celle de la France entière. Mais en 1875, le Phylloxéra ayant commencé à exercer ses ravages , cette production descendit sensiblement au-dessous de la moitié.

.ygg MOYENS DE DÉFENSE.

Enan, en 1885, elle n'est guère supérieure au quart de la récolte de tout le vignoble de notre pays.

Le tableau suivant nous montrera l'importance des trois dernières récoltes, comparée à celle de l'année 1875, qui a été pour les vins français la plus féconde de ce siècle. Il comprend 18 départements, et les chiffres indiqués représentent toujours des milliers d'hectolitres.

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