CLINTON ET CONCORD
OU mauvais selon les conditions dans lesquelles on le place.
Quant au Concord, il était surtout recommandé comme producteur direct, et, de fait, c'était le cépage dont la culture était considérée, à ce point de vue, pendant ces vingt dernières années, comme à peu près la seule possible dans les vignobles des États-Uois, où il composait, il y a peu de temps encore, la plus grande partie des plantations.
Le vin que produisait ce cépage avait bien ce goût foxé auquel les consommateurs européens auraient eu beaucoup de peine à s'habituer, mais on pouvait espérer que la culture en diminuerait Tintensité et que peut-être des études œnologiques permettraient plus tard de corriger ce défaut. Aussi avaiton planté, il y a dix ou douze ans de cela, d'assez grandes quantités de pieds de Concorda on pourrait même dire de très grandes quantités, car on chiffrait par millions le nombre des boutures de ce cépage importées d'Amérique pendant une seule année.
De toutes les plantations qui en furent faites un peu partout à cette époque, il n'en reste presque plus aujourd'hui, si ce n'est dans quelques rares vignobles où le Concord a trouvé exceptionnellement des conditions de sol et d'exposition suffisantes pour s'y maintenir jusqu'à présent en bon état de végétation. Ce cépage avait pourtant partagé avec le ClintonlB. gloire d'avoir été le premier choisi, et de plus il avait été recommandé comme étant le meil-
leur de tous les cépages américains ; quoique cela, il n'a pas eu l'honneur d'être nommé dans les séances du Congrès viticole qui se sont tenues à l'École d'Agriculture depuis 1884, et on pourrait dire dès lorsqu'il n'existe plus guère aujourd'hui qu'à l'état de souvenir.
On doit pourtant se rappeler qu'il y a trois eu quatre ans à peine, le Concord avait encore des défenseurs, et qu'on montrait sur un assez grand nombre de points des plantations de ce cépage, peu importantes il est vrai, mais en assez bel état de végétation. Quelques personnes s'en déclaraient même très satisfaites, autant sinon davantage que de la plupart des autres vignes américaines, el on trouve encore quelques plantations de ce cépage qui se conservent et dans lesquelles il a pu être utilisé avec succès comme porte-greffe de nos variétés européennes. Dans ma collection, il n'avait fourni qu'une bien faible végétation, mais j'avais remarqué que c'était un des cépages américains, de même d'ailleurs que la plupart de ses congénères appartenant à l'espèce VUis labrusca, qui avait supporté le mieux la taille courte, et il possédait là un avantage qui, à certains égards, n'était pas à dédaigner.