LE JAGQUEZ PORTE-GREFFE
pierre et placé sous l'habile autant qu'intelligente direction de M. Clareton, régisseur de cette propriété, des greffages admirablement bien réussis A'Aramon sur Jacquez, qui ne paraissent laisser rien à désirer sous aucun rapport ; là, comme partout ailleurs, la soudure est faite dans d'excellentes conditions, et il n'y a pas ou presque pas de différence de diamètre entre le sujet et le greffon, ni d'excroissance sensible au point de soudure, ce qui constitue un ensemble de circonstances très favorables. Il est essentiel de tenir compte de ces avantages quand il s'agit de choisir un porte-greffe pour nos cépages européens.
Dans la Gironde, de môme que dans le Lyonnais, on a à peu près reconnu aujourd'hui l'impossibilité de cultiver le Jacques comme producteur direct ; aussi depuis quelques années a-t on essayé de l'utiliser comme porte-greffe, et on parait généralement en être assez satisfait.
On signale pourtant, sur quelques autres points, des accidents survenus dans le greffage des Jacqvsz en vignes européennes ; mais ces accidents sont infiniment moins fréquents que sur les Riparia, sans doute parce qu'il existe ici une affinité plus grande, des liens de parenté plus rapprochés, entre le sujet et le greffon. Cette question sera examinée plus îittentivement quand il s'agira d'étudier le greffage considéré dans ses effets, selon les conditions dans lesquelles se sera faite l'opération.
lia été parfois remarqué aussi que la fertilité des cépages européens greffés sur Jacquez ne se conserve pas toujours entière, et qu'elle laisse même beaucoup à désirer, au moins dans certains cas. On cite des exemples dans lesquels des /aryt/es greffés depuis trois et quatre ans, ayant par conséquent quatre ou cinq ans de plantation, produisaient moins de fruits que les Jacquez francs de pied du même âge et placés tout à côté. Ce sont là des questions à étudier de près, car elles ont une importance qui n'échappera à personne. Il ne paraît pas du reste que dans ces dernières conditions il y ait avantage, au moins dans la plupart des cas, à courir les chances du greffage» puisque les Jacquez non greffés donnent le plus souvent un rendenaent qui ne doit pas être à dédaigner, dans la situation nouvelle où se trouve aujourd'hui notre viticulture.
Je crois d'ailleurs que cette infertilité relative du greffon sur Jacquez, qui s'est montrée dans quelques rares circonstances, tient uniquement à des conditions spéciales de milieu, qui sont exceptionnelles, car elles ne se produisent que dans certains cas, comme j'ai eu le soin de l'indiquer. Il est possible que la nature du sol exerce à cet égard une influence prépondérante, et il pourrait se faire aussi que cet inconvénient vienne à s'atténuer, sinon à disparaître, au fur et à mesure que les souches vieilliront. Peut-être conviendra-t-il, dans ce cas, de soumettre les ceps à une taille plus allongée, et il