LE JAC0UE2 PORTE-GREFFE
est bien possible que par ce moyen on leur rende la fertilité qui leur manque. C'est là, je le répète, une étude qui se fera, par la suite, d'une manière plus complète, quand on aura sur cette question une expérience plus longue ; car, jusqu'à présent, on avait considéré le Jacqv^z comme producteur direct, et c'est seulement depuis peu de temps qu'on a soDgé à l'employer comme porte-greffe de nos cépages européens.
Dans le Midi, en effet, on se plaint généralement que la végétation de la plupart des cépages américains, qu'ils soient greffés ou cultivés comme producteurs directs, a eu beaucoup à souffrir de la sécheresse pendant Tété de 1886. Il n'est donc pas surprenant que la végétation des Jacquez greffés s'en soit ressentie, d'autant plus que le Mildew avait déjà bien éprouvé les vignobles pendant l'été de 1885.
Quoi qu'il en soit, je ne pense pas avoir besoin de rassurer à cet égard les viticulteurs, et ils sont fort nombreux, chez lesquels le Jacquez prospère admirablement bien et montre une végétation presque partout splendide. L'expérience de ce cépage comme producteur direct est à peu près complète maintenant ; quant à celle de son utilisation comme porte-greffe, elle est en bonne voie de se compléter, car depuis deux ou trois ans on a beaucoup greffé s^TjacqtteSy et on est maintenant à peu près fixé, d'une manière définitive, sur les avantages et les inconvénients que celte expérience peut présenter.
M. Piola, M. Albert Maquin et bon nombre de viticulteurs du Sud-Ouest ont renoncé au Jacquez comme producteur direct, mais sont satisfaits de ce cépage comme porte-greflFe. Quelques viticulteurs de la région méditerranéenne se plaignent que nos cépages, et VAramon en particulier, greffés sur ' Jacquez, ne donnent pas une végétation suffisante ; le bois est plus court et la fructification moins abondante qu'avec ces mêmes variétés greffées sur Riparia.