‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 47 sur 132 · ORIGINE ET UTILITÉ DU GREPFAGE · texte numérisé non relu

ORIGINE ET UTILITÉ DU GREPFAGE

dont on ait conservé la tradition. Les auteurs les plusaDcieos qai ont parlé des choses de Tagriculture, et dont les écrits sont parvenus jusqu'à nous, mentionoent tous Topération du greffage comme étant ptiquée couramment de leur temps, et ne paraissent pas connaître à quelle époque on a commencé à s'en servir, ni même quels en ont été les premiers inventeurs.

Oq croit généralement que llnde a été le berceau de toute civilisation ; il n'est donc pas téméraire de supposer que c*est aussi de Tlnde que nous sont venus les premiers perfectionnements apportés aux antiques pratiques agricoles, et que le greffage devait être probablement de ce nombre.

Les nationalités diverses qui ont successivement joui du privilège de conserver et de développer la ci- ^^lisation, ont dû se transmettre les unes aux autres la pratique du greffage, qui serait ainsi parvenue josqu'à l'époque romaine. Depuis lors, les traces en sont plus faciles à suivre. Les auteurs latins et particulièrement Théophraste, Caton. Virgile, Pline et Columelle, parlaient du greffage comme étant très usité de leur temps ; ils n'indiquaient aucunement que ce fût une pratique nouvelle ou môme récente.

Virgile, qui écrivait ses Géorgiqties un peu avant le commencement de l'ère chrétienne, décrivait la greffe en fente à peu près telle qu'on la pratique de DOS jours, et il faisait en outre la description d'une autre sorte de greffe qui se rapporte de tous points

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à notre grefTe en. écusson. Et pourtant Virgile ne faisait guère que copier, en lui donnant toutefois la forme poétique que Ton connaît, ce qu'avaient écrit sur ce sujet Théopbraste et Gaton trois cents ans auparavant.

Pline l'Ancien, généralement connu sous le nom de Pline le Naturaliste, est certainement celui de tous les auteurs anciens qui a le plus parlé de tout ce qui se rapportait à Pagriculture de son époque. On sait qu'il vivait dans le premier siècle de notre ère et qu'il fut l'une des nombreuses victimes delà terrible éruption du Vésuve de l'an 79, du fait de laquelle trois opulentes cités, Pompéi, Herculanum et Stabia, furent ensevelies sous la cendre volcanique. Déjà, à cette époque, Pline énumérait dans ses ouvrages diverses manières de greffer, ainsi que les espèces qui se prêtaient le mieux à cette opération, et, comme nous en jugerons par la suite de cette étude, on est même surpris de le voir citer des exemples de greffage entre espèces qui de nos jours sont considérées comme réfractaires à toute union de ce genre.

Cependant, il y a tout lieu de supposer que le greffage en écusson, tel que nous le pratiquons de nos jours avec tant d'avantages, et qui est actuellement l'un des modes de multiplication les plus justement usités, a une origine relativement récente. Il est probable en effet que ce n'est que progressivement, et par une série de perfectionnements

successifs, qu'on en sera venu à la greffe en écusson. Quelques-uns des auteurs anciens indiquaient déjà cependant la manière de Topérer. La greffe dite à rempldtre, sorte de grand écusson de 5 à G centimètres de côté et souvent même davantage, qui est encore usitée de nos jours dans le Midi pour le greffage des Oliviers, a dû probablement être le précurseur de la greffe en écusson telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui par tous nos arboriculteurs. Dans les- pépinières et les jardins, le greffage est un moyen très actif de multiplication, surtout pour les arbres fruitiers. La plupart des espèces d'arbres et de plantes qui sont multipliées pour différents usages économiques, ainsi que pour Tornementation de DOS jardins, fournissent généralement, soit dans un pays, soit dans un autre, des graines fertiles qui suffisent à les propager. Le semis est en effet, dans la plupart des cas, le plus économique et le plus avantageux de tous les modes de multiplication. Mais le plus grand nombre de nos variétés fniilières ne peut se reproduire par le semis. Quand on sème les pépins d'une variété, serait-ce la plus estimée des poires ou des pommes, on obtient rarement et par exception, parmi les arbres résultant de ce semis, de jeunes égrains de Poirier et do Pommier produisant des fruits qui rappellent par quelques-uns de leurs caractères essentiels la variété dont les pépins semés sont issus. Dans la plupart des cas, la presque totalité des sujets prove-

nant de ce semis produit des fruits de beaucoup inférieurs, souvent médiocres et quelquefois même détestables. Si Ton s'obstinait à multiplier nos excellentes variétés de poires et de pommes seulement par la voie du semis, on ne tarderait pas à les perdre à peu près toutes.

L'inconvénient serait un peu moindre pour les Pêchers, surtout pour certaines variétés qui se reproduisent en plus ou moins grande proportion par le semis de leurs noyaux. Mais, d'une manière générale, quand on veut multiplier, pour la propager, une variété fruitière, il faut nécessairement recourir au greffage, qui est le seul moyen certain de lui conserver intactes toutes ses qualités.

On voit donc combien il était nécessaire de recourir au greffage pour multiplier et propager tous nos arbres fruitiers, et c'est grâce à lui que nos anciennes et si excellentes variétés fruitières ont pu nous être transmises à travers les siècles.

Il n'en était pas tout à fait de même pour la Vigne. Gomme tous nos vignerons le savent de temps immémorial, notre Vigne européenne se multipliait très facilement par le bouturage, et, pour la multiplier, c'était par exception seulement qu'on avait recours au greffage. Mais, maintenant qu'il faut compter avec le Phylloxéra, le greffage devient une nécessité qui s'impose pour donner des racines résistantes à nos excellents cépages d'autrefois.

C'est aussi grâce au greffage que nous pouvons

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