GREFFAGE EN PÉPINIÈRE
drait alors d'opérer sous châssis ou dans une serre à multiplication, afin d'obtenir une réussite plus complète.
Dans chacun de ces cas, on obtiendra des sujets dont la tige T (voir âg. 28) sera très saine et qui de plus seront pourvus d'excellentes racines R. La bouture deviendra le nœud vital N d'où partiront à la fois la tige et la racine. On aura enân des plants de Tigne aussi bien constitués que ceux obtenus par le semis de pépins.
Tout le monde connaît, sans qu 'il soit besoin de les développer ici, les avantages que présententces conditions essentiellement favorables. On aura, grâce à elles, des sujets dont la tige T (flg. 28) se conservera toujours mieux en parfait état ; leur moelle sera moins abondante que dans ceux obtenus avec les boutures ordinaires. Ce dernier avantage n'est à dédaigner dans aucun cas, mais surtout quand il s'agit de plants destinés à être greffés ; la soudure se fera plus facilement en se conservant en bon état pendant plus longtemps, et de cette manière plusieurs des inconvénients du greffage seront ainsi évités.
Établissement de la pépinière. — Pour établir une pépinière de boutures greffées qui n'y resteront qu'un an, ou bien de plants enracinés destinés àètre greffés, qui devront ainsi y séjourner pendant deux années, il conviendra toujours de choisir, autant que possible, un terrain léger, bien ameubli
400 6REFFA0B.
très perméable, coûvenablement défoncé et parfaitement préparé. S'il était arrosable, ce serait alors parfait; toutefois ce n'est pas rigoureusement indispensable, au moins pour le greffage en pépinière sur plants enracinés.
On pourra suppléer à Tarrosage par des binages] fréquents pendant la saison d'été. Mais pour obteo une bonne soudure et une reprise convenable de greffes-boutures t l'arrosage devient alors très util sinon absolument nécessaire, et il serait imprude de négliger cette précaution, car, selon les cas les circonstances, on pourrait être exposé à épr ver un échec.
On devra aussi, tout en plantant en pépinière] boutures greffées, de même qu'en greffant ment en pépinière les plants enracinés d'un j placer entre les plants et dans le sens de la des piquets distancés de 1", 50 environ qu'on rAra entre eux par une première ligne de roseaux] mant cordon, comme on le ferait avec des fils d^ mais ici dans des conditions beaucoup plus miques. Le roseau sera d'ailleurs préférable aJ de fer, en ce que son contact sera plus doux etufera moins, par le frottement, les jeunes rameaux dveloppés par le greffon. Ce cordon en roseau d^ra être établi à 5 ou 10 centim. au-dessus de l'œil su rieur du greffon. Une fois ainsi fixé, le rameau dé^ loppé par chaque sujet s'allongera encore^ et, (}ua il aura grandi davantage, on l'attachera plus tard
6RBFFAGE EN PÉPINIÈRE. 401
un second étagement de roseaux assujettis sur les piquets de la même manière, mais à 30 centim. environ au-dessus du premier cordon.
Il ne faudra pas, cela va s'en dire, négliger de pratiquer le buttage en y apportant tous les soins nécessaires. On devra le faire iei par ados» de chaque côté, en lignes continues sur toute la longueur de la rangée, et on ne devra pas non plus négliger aucune des autres précautions déjà indiquées et décrites quand il s'est agi du greffage sur place.
Greffage en pépinière sur plant enraciné. —
Pour effectuer cette opération dans de bonnes conditions, il conviendra de choisir de bonnes boutures en bois assez gros, et de les planter à 10 centim. environ l'une de Tautre, en conservant im écarte* meut de 80 centim. entre les lignes. Il y aurait inconvénient à réduire encore cet espacement, qui parait nécessaire pour que les ouvriers préposés au greffage puissent effectuer Tannée suivante cette opération sans être trop gênés dans leurs mouvements. On ne pourra loger par ce moyen que 135,000 boutures dans un hectare de pépinière.
Ces boutures, convenablement soignées, étant beaucoup plus distancées qu'elles le sont ordinairement en pépinière, se développeront nécessairement mieux, et à la fin du premier été elles montreront de beaux sarments indiquant qu'elles ont
aussi un système radiculaire d'un développement qui leur correspond.
On les greffera à l'anglaise au printemps d'après, et les greffons se développeront pendant tout Tété de la deuxième année. On les traitera de la même manière que les boutures greffées, en y apportant les soins spéciaux indiqués ci-dessus; ils seront toujours utiles dans chacun de ces deux <;as. Ces plants greffés et pourvus de fortes racines, une fois convenablement triés, seront excellents pour être mis en place l'hiver suivant dans les vignobles qu'il s'agira de reconstituer.
Greffage en pépinière sur bouture. — L un
des plus intrépides viticulteurs des Pyrénées-Orientales, qui s'est occupé très activement de toutes les questions relatives à la reconstitution des vignobles, M. Vincent Malègue (de Pezilla-la-Rivijre), a essayé une autre manière d'opérer. Il plante les boutures en pépinière au mois de décembre, et les greffe dès le mois de mai de l'année suivante.
Ce nouveau procédé donne à M. Halègue toute satisfaction et mérite, paraît-il, d'être expérimenté par tous les viticulteurs qui établissent comme lui des pépinières de plants enracinés et soudés pour les plantations qu'ils peuvent avoir à effectuer.
Il est évident qu'il convient, dans ce cas, de procéder pour tout le reste comme il est dit ci-dessus a propos du greffage en pépinière des plants enracinés.