ORIAINB DE LA QUESTION
végétation et de fructification d'un bon nombre de ces cépages ; il s'en trouvait, pour le moins, une trentaine d'espèces ou de variétés, soit dans lacoUection que je possédais dans mon [jardin, soit dans cellesqui existaient aussi sur plusieurs autres]points de la France et de Tltalie.
Il était intéressant de constater comment ces vignes du Nouveau-Monde se comportaient dans no* tre région méditerranéenne, c'est-à-dire sous les influences d'un climat qui difTérait essentiellement de celui des États-Unis, et leur étude attentivement faite devait nécessairement nous fournir des indications précieuses. De sorte qu'on avait déjà là, sous la main, une assez grande quantité de ces cépages, et ils ne devaient pas être les moins méritants, puisqu'ils avaient été choisis peu d'années auparavant comme étant les plus recommandables parmi ceux qui étaient alors cultivés dans les vignobles des États-Unis. Et, de fait, on trouvait déjà dans les collections françaises, il y a une vingtaine d'années, la presque totalité des vignes américaines qui ont été les plus employées jusqu'ici.
Il convenait pourtant de tenir compte, dans cette étude, des conditions exceptionnelles de sol, d'exposition, de culture et de taille, qui étaient particulières aux jardins dans lesquels ces collections étaient presque toutes placées. Elles pouvaient, en eSet, différer parfois beaucoup des conditions dans lesquelles se trouvaient les vignobles qu'il s'agissait
de reconstituer; on ne pouvait donc assurer que dans la grande culture les choses se passeraient absolument de la môme manière.
Mais, sous le bénéfice de ces réserves, Tétude des divers cépages américains, quoique faite dans ce milieu spécial, pouvait néanmoins fournir des indications utiles, et dont on pouvait faire son profit, sur la valeur relative de chacun de ces cépages, soit comme producteur direct, soit comme portegreflfe de nos excellentes variétés européennes.
Cette étude préliminaire des vignes américaines, faite comparativement dans toutes les collections qui existaient alors sur beaucoup de points, permettait d'apprécier déjà la manière dont ces cépages se comportaient dans chacune des contrées où ils étaient placés. On pouvait, de la sorte, commencer à se rendre compte de la valeur relative de chaque cépage américain, des difficultés que présentait sa culture, de la nature du sol qui lui convenait, et surtout, chose beaucoup trop négligée jusqu'ici, du mode de taille qu'il paraissait exiger pour se conserver en bon état de végétation.
J'avoue que cette étude préliminaire, quoique poursuivie pendant plus de quinze années, m'avait rendu fort perplexe, parce que ses résultats n'étaient pas très satisfaisants et qu'elle laissait encore beaucoup de points obscurs, que l'expérimentation seule pouvait élucider, pour ce qui était de l'adaptation de ces divers cépages aux exigences de la