ORIGINB DE LA QUESTION
grande culture. Il était déjà facile d'apprécier que la même nature de soi ne convenait pas à toutes les espèces ou variétés de vignes américaines, et on ne sait que trop aujourd'hui qu'il y avait là une difiBculté de culture qui a causé, par la suite, bien des mécomptes.
Ensuite, la fructification généralement peu abondante de la plupart de ces cépages, le faible développement de leurs grappes, le peu de volume des baies, et surtout leur goût particulier qui persistait après la vinification, les rendaient de beaucoup inférieurs à nos cépages européens. Les appréciations généralement trop bienveillantes données par quelques auteurs sur la valeur des vins produits par les cépages américains étaient généralement empreintes d'une exagération manifeste. C'est ainsi que le Catalogue de MM. Bush et Meissner compare complaisamment le vin de certains de ces cépages à nos excellents vins de Bordeaux. Il suffit de citer ces appréciations vraiment trop fantaisistes pour en faire justice. Les viticulteurs, et ils sont nombreux maintenant, qui ont récolté du vin avec les cépages américains, serait-ce avec les meilleurs hybrides de ces cépages, n'hésiteraient certainement pas à les échanger volontiers contre une quantité équivalente de Château Laffitte, serait-ce même de quelque autre cru moins renommé.
li fallait aussi tenir compte du mode de taille et de formation arborescente sous lequel, il y avait
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tout lieu de le croire, on serait obligé de soumettre les vignes américaines, et c'était là unedifiBculté de culture, dans le Midi surtout, qui avait une importance capitale.
Ces diverses considérations, il faut Tavouer, n'étaient pas très rassurantes et ne semblaient guère de nature à donner grande confiance dans le succès de Texpérience qui allait être entreprise. Si tous ceux qui ont commencé à planter des vignes américaines vers cette époque, c'est-à-dire il y a une douzaine d'années, s'étaient préalablement rendu compte de tout cela, peut-être bien que leur enthousiasme en aurait été considérablement diminué et qu'il n'aurait pas aussi facilement dégénéré en engouement.
D'ailleurs, ce n'était pas la première fois que les cépages du Nouveau-Monde étaient essayés, même dans les vignobles, et par conséquent en grande culture. A l'époque de l'invasion de l'Oïdium, on avait remarqué dans les collections où il se trouvait déjà un certain nombre d'espèces ou variétés de vignes américaines, que celles-ci résistaient aux atteintes de ce redoutable champignon, qui exerçait alors de grands ravages et qui menaçait de ruiner notre région, tandis que, vaincu par le soufrage, il en a fait, on peut le dire, la fortune. Aussi bon nombre de propriétaires qui redoutaient la perte de leurs vignobles essayèrent-ils à cette époque, c'est-à-dire vers 1850, déplanter des vignes amé-