CONDITIONS ÉCONOMIQUES DES DIVERS SYSTEMES DE TAILLE
Par les différents modes de culture de la Vigoe. de même d'ailleurs que par tous les systèmes de formation en moyenne ou en grande arborescence usités, soit en Italie, soit en France, et que nous avons indiqués sommairement, on trouverait toute une série de procédés culluraux qui pourraient nous rendre des services signalés, dans la situation qui nous est faite par les progrès de la funeste invasion phylloxérique. Nous pourrions y trouver le moyen d'utiliser, avec profit pour la culture, un certain nombre de vignes américaines qui sont de véritables lianes à un plus haut degré encore que notre Vigne européenne, et qu'il y aurait avantage, par
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conséquent, à conduire en grandes formes pour que leur mode de traitement s'éloigne moins de leur état de nature.
J'ai déjà indiqué, au commencement de cette élude, les résultats d'une expérience que j'avais poursuivie, il y a plus de vingt ans de cela, sur les vignes américaines de ma collection. Quoiqu'elles se fussent déjà considérablement affaiblies, ainsi que jeTai expliqué, elles ne tardèrent pas néanmoins à reprendre une nouvelle vigueur et devinrent môme luxuriantes de végétation ; ce résultat se produisit quaad j'eus changé leur mode de taille et de formation arborescente, quand surtout, après leur avoir donné beaucoup plus de bois, je les eus palissées sur de grandes surfaces.
Nous pourrions ajouter que les contrées de l'Italie et surtout de l'Italie centrale, dans lesquelles ces procédés de culture de la Vigne sous des formes grandes ou moyennes sont pratiqués avec succès depuis les temps les plus reculés, se trouvent placées dans des conditions climatériques qui ne manquent pas d'analogie avec celles de notre région méditerranéenne. Or c'est précisément là l'objection qu'on pourrait faire à ces formations en moyenne ou en grande arborescence : on pourrait craindre en effet que l'accroissement considérable du nombre de grappes sur chaque pied ne retardât outre mesure l'époque de maturité, ce qui aurait alors de graves inconvénients.
Nous pouvons être rassurés à peu près complètement à cet égard, en songeant que dans nos vigobles français les plus grandes formes données à la Vigne sont justement en usage dans des contrées comme la Touraine, le M&connais, TÂin, Tlsère, ta Savoie, les Pyrénées et surtout la Haute-Savoie, c'est-à-dire dans des régions dont les étés sont sensiblement moins chauds que ceux du Languedoc, de la Provence et du Roussillon. On peut donc être complètement tranquillisé à cet égard, et ce que Ton obtient dans chacune de ces contrées, ce ne sera pas le défaut de chaleur estivale qui nous empêchera de l'obtenir ici.
Cependant, ces formes en grande arborescence présentent un inconvénient pour notre région méditerranéenne, dont le climat est très sec pendant Tété. Le sol, n'étant pas assez bien recouvert par le feuillage des pampres, se desséchera plus facilement et les racines pourront souffrir beaucoup plus de la sécheresse.
Il ne suffît pas toutefois qu'il y ait avantage, au point de vue cultural, à employer un procédé plutôt qu'un autre ; il faut encore tenir compte nécessai* rement des conditions économiques dans lesquelles on devra opérer. Une amélioration, quelque utile qu'elle puisse être par elle-même, ne saurait devenir réellement profitable si elle ne dédommage pas amplement des frais supplémentaires qu'elle entraîne. Or, malheureusement, si Ton envisage la