‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 86 sur 132 · CONDITIONS ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

CONDITIONS ÉCONOMIQUES

situation écoDomique dans laquelle nous sommes obligés de reconstituer nos vignobles disparus, il est à craindre qu'il ne soit pas toujours possible d'accrottre encore outre mesure les frais de culture, qui sont déjà aujourd'hui beaucoup plus considérables qu'autrefois. Dans la plupart des cas, les frais absorberaient, et au delà, la totalité de la valeur de la production, en constituant ainsi le viticulteur en perte, ce qui évidemment ne saurait être admissible.

Le renchérissement toujours croissant de la maind'œuvre sera, pour la région méridionale de la France, il y a.lieudele craindre, un oi)stacle très grand, peut-être insurmontable, à l'adoption de ces méthodes culturales ; elles sont pourtant très séduisantes, en ce qu'elles offrent une foule d'avantages, mais elles ont pour conséquence d'augmenter encore dans de notables proportions les dépenses d'exploitation de nos vignobles. Il y a là une question de prix de revient qui domine la- situation, parce qu'elle est d'une importance capitale dans des contrées comme la nôtre où la main-d*œuvre augmente de plus en plus. Quels que soient les avantages de ces procé* dés, on le comprendra facilement, il ne faudrait pas que, tout compte fait, les frais d'exploitation vinssent absorber une trop grosse part de la production.

Cette question d'accroissement trop considérable de la main-d'œuvre prime tout, et elle esta peu près le seul obstacle à la réalisation de cette idée ; car enfin, pourrait-on se dire, si ces modes de culture

sont pratiqués dans Tltalie centrale, dont le climat est analogue au nôtre, si môme on cultive avec avantaget sur divers points de la France beaucoup plus froids que notre Midi, «a Vigne en grande arborescence, pourquoi ne pourrait-on pas le faire également dans notre région méditerranéenne ? Il ne semble pas qu'il y ait aucune autre bonne raison pour l'empêcher. Il y a là néanmoins une étude d'une importance économique qui n'échappera à personne et qu'il est nécessaire de faire un peu partout, parce que ce sont des expériences qui ne sauraient être trop recommandées à tous les hommes de bonne volonté, plus nombreux qu'on ne le pense, qui se préoccupent, avec beaucoup de raison, de Tavenir de notre pays.

Il serait inutile de répéter tout ce qui a été dit sur cette question à propos de la fructification du Jacquez, On pourra recourir aux pages 124 et suivantes, dans lesquelles sont développées des codsidérations qui pourraient trouver ici leur place.

La viticulture méridionale traverse une crise épouvantable dont elle ne sortira qu'au prix d'efforts incessants et de labeurs infinis. Nos courageux viticulteurs, on doit leur rendre cette justice, sont animés de la plus louable ardeur, et ils ne s'épargneront certainement aucune peine pour arriver à obtenir un résultat utile, qui vienne enfin les dédommager de leur longue persévérance. C'est eu cela surtout que réside le salut de notre viticulture,

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