SCHERER
La vignette qui était ainsi recommandée aux armées était depuis quelque temps déjà en usage au ministère de la guerre; le ministre Petiet l'avait employée dès l'an V, elle était, comme la plupart des en-têtes commandés par les administrations du Directoire, l'œuvre de Dugourc et Duplat. Se conformant à la circulaire ministérielle, un certain nombre de régiments et d'officiers adoptèrent, en le modifiant plus ou moins, ce type officiel ('); d'autres continuèrent à se servir
Pl. n" 199. — Général Klein, an IV.
Pl. n° 200. — Général Klein, an XIII.
des mêmes en-têtes qu'autrefois ; ne fallait-il pas user les provisions qui avaient pu être faites ? C'est ainsi que le général Klein, qui commandait sous l'Empire,
(i) Voir par exemple la vignette de la 44* demi-brigade de ligne dont la reproduction est donnée par M. Lauri-ncin Chapelle dans son volume sur les Archives de la guerre. Le modèle officiel fut adopté entre autres par Serrut, alors chef de la 8"^ demi-brigade d'infanterie de ligne ; Bruges, an X.
LES ABUS DE LA VIGNEtTE MILITAIRE
à Amiens, en l'an XIII, la i'''^ division de dragons, employait encore la vignette dont il s'était servi en l'an IV à l'armée de Sambre-et-Meuse, mais il avait fait subir à ce dessin toutes les modifications exigées par le changement de régime (pi. n° 19g et 200).
La réforme de Scherer n'eut donc pas d'effet immédiat, et, d'ailleurs, le ministre lui-même n'observa pas sa circulaire. A peine l'avait-il signée, qu'il employa un nouvel en-tête, gravé par Godefroy d'après un dessin de Chailliot(').
Si cette vignette si soignée pouvait paraître aussi luxueuse que celles qu'il s'était agi de remplacer, du moins ne comprenait-elle plus ni devises ni allégories; elle était uniquement composée d'attributs militaires : casques, armes, trophées, cou- %
ronnes de lauriers, drapeaux, etc. La mode l'adopta aussitôt. Le ministre de la guerre en fit faire plusieurs modèles ; il y en eut de gravés sur bois pour les bureaux, tandis que les épreuves sur acier étaient réservées au ministre. Nous donnons ci-après quelques spécimens des différentes vignettes exécutées d'après ces modèles (').
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(1) Sur Chailliot, chef de batailloa du génie et peintre de batailles, voir l'ouvrage du général Berthault : Lti ingénieurs-géographes militaires (i624-'83i). Paris, 1902, deux volumes in-4°. T. I, p. i45, i56, i58, 210, 287, 278, 285.
La planche n» 201 est reproduite d'après une pièce des archives du prince d'EssIing, vol. 34, loi. m.
(2) Outre les vignettes que nous reproduisons, nous pouvons encore citer celles qu'employèrent les généraux Ernouf (un bouclier avec une massue et une dépouille de lion) ; Cervoni (un bouclier avec une tête de Méduse, au milieu d'un trophée) ; Rochambeau (un trophée reproduisant exactement, mais tourné dans l'autre sens, celui du général Saint-Hilaire [pi. 5o]); Auguste Mermet, Milet-Mureau, etc. La vignette de Cervoni est signée par Poize, celle de Rochambeau par H. Pastoris. Quelques-unes des vignettes de ce genre portaient les initiales des officiers qui les employaient ; parmi ces dernières, l'une des plus belles est celle du général Groucby; celle de Beauvais, de la ig= légère, a été reproduite dans la Sabretache.