Vignette passe-partout. (Pl. n° 2o
6. — Les administrateurs généraux des poudres et salpêtres en 1806. (Pl. n" 206.) n, — Watier, colonel du 4° régiment de dragons. (Pl. 11° 207.)
8. — Le chef de brigade Charles Lasalle, commandant le 10' régiment de hou-
SARDS. (Coll. G. Gain.) [Pl. n° 208.]
La vignette militaire était ainsi devenue gouvernementale ; elle parut un instant devoir reprendre un caractère personnel. Les officiers qui avaient pris part à l'expédition d'Egypte, ceux qui avaient assisté au 18 brumaire tinrent à conserver ces souvenirs et à en faire montre sur leurs papiers de correspondance. Peut-être d'ailleurs y furent-ils encouragés par le général Bonapai'te.
LES ABUS DE LA VIGNETTE MILITAIRE
Pl. n° 2o3.
Pl. s° 2o5.
Pl. n° 206.
Pl. n° 207.
Pl. n° 208.
La vignette de l'amiral Ganteaume, rappelant le retour à Fréjus, avec celte légende : « Nous gouvernions sur son étoile », dut être faite sous son inspiration ('), et un en-tête comme celui du chef de brigade Gaspard Thierry (') n'était pas pour lui déplaire. Ce sabre sortant des nuages se retrouve sur d'autres en-têtes et, notamment, sur celui du colonel Gaspard Eberlé Q ; il porte sur la lame l'inscription : « Le premier consul au colonel Gaspard Eberlé, chef de brigade, pour ses éclatants services dans les armées de la République. »
Pl. n° 209. — Colonel Gaspard Thierry.
7ai,
Qyôeâi^mfaô' uJ/û/r//Mûf/'î'J.
Pl. n° 210.
Outre le frontispice, si souvent reproduit déjà, du congé délivré aux anciens
(i) Voir cette vignette page 116.
(2) Gaspard Thierry, soldai au régiment de Provence en 1783, lieutenant au 1="^ bataillon de Paris, 21 juillet 1791, colonel de cavalerie en 1798, colonel d'état-major en 1810. Mort à l'hôtel des Invalides le 29 lévrier i848.
(3) Gaspard Eberlé, né à Schlestadt (Bas-Rhin) le 11 juillet 1764, général de brigade le 12 germinal an X. Mort le 16 février 1887.
LES ABUS DE LA VIGNETTE MILITAIRE
soldats du régiment des Dromadaires, et qui est l'œuvre du graveur marseillais Poize, nous ne connaissons que très peu de vignettes qui rappellent l'expédition d'Egypte.
Pl. !;• 211. — Général Dugua.
{Cah. des Estampes.)
Pl. n» 212. — Pépin, chef de la g' demi-brigade d'infanterie de ligne.
'eàSùr
Nous en reproduisons trois ; l'une d'entre elles est conservée au Cabinet des Estampes dans la collection Labédoyère (pl. n" 211); malgré l'absence de
légende, il est facile de retrouver le nom de l'officier général qui s'en servait.
i38 ' LES VIGNETTES EMBLÉMATIQUES
N'esl-ce-pas, en effet, l'inspecteur de la cavalerie dans l'armée d'Egypte, le général Dugua, qui seul pouvait se faire représenter conduisant une charge au pied des Pyramides et pouvait faire rappeler, dans l'allégorie dont il ornait son papier, ses campagnes devant Toulon, à l'armée des Pyrénées- Orientales, à l'armée d'Italie, et son entrée dans Trieste, le 28 mars 1797?
La seconde vignette rappelant l'expédition d'Egypte (pi. n" 212) était employée par le chef de brigade Pépin; les sept coups de sabre à la tête et le coup de pistolet à la jambe droite qu'avait reçus cet officier, à l'affaire du Caire, le 21 octobre 1798, justifiaient bien sur l'en-têle de ses lettres les souvenirs d'Egypte que montre cette intéressante vignette ('). La 9" demi-brigade d'infanterie de ligne, que commandait Pépin, employait un timbre ovale certainement fait en Egypte et représentant, sur un fond composé d'une pyramide, d'un palmier et d'un faisceau de drapeaux avec un canon et des boulets, un bouclier sur lequel la Liberté était figurée.
Quant à l'en-tête que nous reproduisons sous le n° 21 3, il n'a plus les
caractères ordinaires de la vignette emblématique ; ce n'est qu'une illustration, un ornement dont se servait en 18 10, sur son papier de correspondance, l'administrateur général des poudres et salpêtres Champy.
Cette nouvelle manifestation, dans les armées, de la viqnelte personnelle, dont témoignent les en-têtes
Pl. N° 2i3. (Coll. ifasson.) or o
comme ceux qui sont reproduits sous les n'"' 208, 2 1 o et 2 1 1 , ne fut que passagère. Arrivé au pouvoir, le premier consul ne pouvait que désapprouver un usage dont il avait si bien connu et les avantages et les inconvénients. L'en-tête choisi par le ministère de la guerre s'imposa dès lors à tous les corps de troupes : quelques-uns, il est vrai, lui firent subir des modifications plus ou moins grandes. L'en-tête des papiers de correspondances mihtaires put ainsi conserver une certaine variété ; mais il n'était plus qu'un
(i) Joseph Pépin, né le 28 mai 1765 à Pont-Saint-Esprit (Gard), sous-lieutenant au 2= bataillon des grenadiers du Gard en 1792, chef de bataillon, 1798; passé successivement à la i4', à la 63=, à la 9= demibrigade d'infanterie de ligne, était chef de cette demi-brigade à l'armée d'Orient ; en 1808, colonel du 2« régiment ("'infanterie de ligne; général en 1809 à l'armée d'Espagne, tué le 16 mai 181 1 à la bataille d'Albuhera (Estramadure). — V. Noël Charavay : Les générauja morts pour la Patrie (i8o5-i8i5).
LES ABUS DE LA VIGNETTE MILITAIRE
Pl. n° ai'i.
simple ornement du papier. La mode fut alors d'employer les vignettes ou les fleurons dessinés par les graveurs sur bois (pl. n" 2i4[']); les passe-partout des Dugourc, des Duplat, des Besnard pouvaient en effet être adoptés sans aucun inconvénient par les différentes armes ou les différentes administrations militaires.
Le directeur de la fabrique républicaine de papiers peints, l'éditeur des cartes républicaines , Jean - Démos thène Dugourc Q, fut l'un des
graveurs d'ornements les plus en vogue à la fin du xvni'^ siècle. Avec son collaborateur habituel, Duplat ('), à qui la Société d'encouragement pour l'industrie nationale décernait, au concours qu'elle avait ouvert en l'an XIII pour la gravure sur bois, une médaille, comme étant le seul artiste qui ait conservé en France « cet art précieux », Dugourc ne publiait pas seulement des planches comme les Campagnes des Français Q), il composait la plupart des en-têtes qui eurent cours à cette époque. Nous avons vu qu'il avait eu sous la Convention la commande de ceux des comités et de nombreuses administrations ('). Le Directoire fit également appel à lui et lui confia le soin de dessiner plusieurs de ses vignettes officielles. Mais l'œuvre principale de Dugourc et Duplat consiste dans les fleurons qu'ils destinaient indifféremment à l'illustration des livres ou à l'ornementation des papiers de correspondance. Au milieu des
(i) Celle vigiiellc pa.sse-parloul a servi au chef d'escadron Christophe, commandant le 8« régiment de hussards, à l'armée du Danube, en l'an VII. Pajol, commandant le 6= régiment de hussards, au camp d'iîlrechl, en l'an XII, employait une vignette du même genre, mais sans encadrements.
(2) Dugourc (J.-D.), né à Versailles en 1749, mort à Paris en avril 1825. Voir Renolvier, t. II, p. 3-]!i; l'autobiographie de Dugourc publiée par M. de -Monlaiglon dans les Nouoelles Archives de V Art français , 1877, p. 367; des notes de .M. Gaston Brière, avec l'acte de baptême, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de l'Art fran(;ais, igog, p. 218-220, el des notes complémentaires dans le même Bulletin, 1910, p. 3i3-3ig.
(3) Re.nouvier, t. II, p. 38o, cite une Feuille de modèles d'imprimerie, gravée sur bois par Duplat, à Paris, rue Serpente, 16. ^
(4) Campagnes des Français depuis le 8 septembre lygS Jusqu'au ly pluviôse an III, gravé et publié par J. L. Duplat et J. D. Dugourc.
(5) Voir pages 9-1 1, 27-28.
vignettes si nombreuses qu'ils ont dessinées, nous en retrouvons plusieurs qui avaient servi pendant les premières années de la Révolution. Ils reprenaient dans leur œuvre toutes celles qui leur paraissaient pouvoir être utilisées, après en avoir supprimé les légendes ou les attributs qui rappelaient l'époque héroïque à laquelle ils avaient prêté le concours de leur talent ; et c'est ainsi que de la belle vignette des Transports et convois militaires que nous avons reproduite sous le n° 44> ils faisaient une réduction dont le général d'Hautpoul se servait en l'an X (pi. n° 2 1 7). Certaines vignettes populaires dans les armées se maintenaient ainsi dans l'usage, et nous voyons encore employer sous l'Empire ce soldat armé de la baïonnette qui veillait au salut de la Patrie à côté du coq vigilant (pi. n" 67). L'artiste, opportuniste, n'avait fait que supprimer l'ancienne légende. Nous reproduisons ici quelques vignettes militaires de Dugourc et Duplat :
1 . — Le général de division Pierre Devaux, de la Légion d'honneur des consuls, an IX. Signé : Duo. et Dupl. (Pl. n° 2i5.)
2. — Le chef de brigade La Martinière, commandant l'école d'artillerie et du génie, Metz, i8o/i. Signé : F. G. del. Duplat, sel. (Pl. n° 219.)
Pi., no 21.5.
Pl. n» 216. Pl. n° 217.
3. — Le général de division d'Hautpoul, inspecteur général de la cavalerie, a
Lunéville, en l'an X. Signé : Duo. et Dupl. se. (Pl. n° 217.)
4. — Le corps impérial d'artillerie de la marine, troisième régiment, an XIV. {Coll.
Hennet). Signé : Duplat sclp. (Pl. n° 216.)