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CHAPITRE IV

DE l'emploi de la LYRE

Les poètes du Directoire et de l'Empire s'étaient servis fréquemment de la lyre comme accompagnement à leurs versifications ; les premiers romantiques de la Restauration tirèrent encore quelques sons de l'instrument. A diverses reprises, Corinne, ou plutôt M'"® de Staël, est représentée sur le cap Misène, tenant une lyre et défiant les éléments de s'opposer à son chant. A cette époque, toute personne du sexe, inspirée, porte un turban sur la tête et une lyre à la main.

Delphine Gay faisait seule exception. On remarque en tête de ses poésies* une lyre entrelacée à un fuseau; mais M"* Gay, qui à quelques années de là devait devenir M"** de Girardin, était une femme d'esprit : pressentant le courant, elle laissa de côté les preux et les troubadours, passa à l'ennemi et fut une des premières à ouvrir son salon aux insurgés de la nouvelle école; et si elle ne tint pas précisément un fuseau dans les doigts, son esprit resta féminin.

On doit compter Casimir Delavigne comme un des derniers instrumentistes qui sut pincer de la lyre avec quelque habileté. Son jeu manqua peut-être de flamme; mais le musicien apportait de la conscience dans l'exercice de son art, et c'était avec conviction qu'il prenait en mains la lyre à quatre cordes pour accompagner les Messéniennes dans les salons.

Les culs-de-lampe de ces temps poétiques représentent souvent

I. Essais poétiques, par M"« Delphine Gay. Paris, impr. Gaulticr-Laguionie, 1824. In-8*.

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