‹ Les vignettes romantiquesChapitre 63 sur 104 · L.Lé d'une · texte numérisé non relu

L.Lé d'une

d'Hippoljle Bonnclid

DE QUELQUES CENTRES PROVINCIAUX 2o3

Revue de Rouen fut fondée. Divers littérateurs parisiens y prêtèrent leur concours : M. Vitet et, dans un ordre plus militant, Auguste Barbier, Edouard Corbière, Chabot de Bouin, Alphonse Brot et Léon Gozlan. Les dessinateurs et graveurs ne manquaient pas à rappel : Langlois du Pont-de-F Arche, sa fille Espérance, Bellangé, le graveur Brevière ; mais le véritable romantique fut Gustave Morin, aquafortiste habile, qui ne quitta jamais le pays et à qui il ne manqua qu'un appel de l'éditeur Renduel pour prendre place dans les rangs des meilleurs vignettistes.

On doit à ce dessinateur un portrait à Teau-forte de Mélingue pour un album destiné à conserver le souvenir d'un « bal d'artistes » donné à Rouen, vignette qui a tous les aspects fatals et singuliers du futur créateur de tant de rôles dramatiques de la Porte-Saint-Martin; mais le meilleur titre du graveur est le frontispice quil dessina pour Italie^ drame du poète Coquatrix*. Noire cathédrale dans le lointain, personnages en chaperons, cadavre sur le plancher, châtelaine s'évanouissant, ont fourni au graveur des noirs et des blancs comparables à ceux des plus habiles faiseurs.

11 ne tint pas à M. Gustave Morin que Coquatrix ne fut immortalisé.

Coquatrix, doué d'un si beau nom, arbora audacieusement sa cocarde ; c'est lui qui jetait à la face de la critique ces fières paroles :

Arrière donc, théorisies bâtards, législateurs écrevisses, qui voulez mettre des muselières à la pensée et à Tart, quand le monde est en fièvre de liberté 1

Malheureusement, le champ rouennais était trop étroit pour permettre au courageux lutteur de rompre de si furieuses lances.

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