‹ Les vignobles et les arbres a fruits a cidreChapitre 13 sur 74 · PLANTATION DU VIGNOBLE · texte numérisé non relu

PLANTATION DU VIGNOBLE

. Forme à donner m la plantation* — Les trois dispositions suivantes sont en usage pour la plantation de la vigne.

:!• Plantation confuse. — Dans tous les vignobles, la vigne est d'abord plantée en lignes parallèles et les ceps ^ sont régulièrement espacés. Mais, dans certaines logions, les ceps primitifs sont successivement provi-

gnés dans tous les sens et sans ordre, de façon à les multiplier davantage et à les rapprocher à la distance à laquelle on veut les maintenir. Il en résulte une plantation confuse. C'est ainsi qu'on procède aux environs de Paris, en Champagne, en Bourgogne, dans le Jiurà, etc.

Les motifs qui ont fait adopter cette méthode sont ïes suivants: Lors de la plantation, la dépense est moins élevée que s'il fallait se procurer immédiatement et mettre en terre le nombre de plants nécessaire pour la surface à planter. Lors du remplacement des ceps, le provignage permet de combler lés vides sans qu'il soit nécessaire de se procurer des plants au dehors^ Enfin, et surtout, ce pr ovignage, pratiqué chaque année sur une notable portion du vignoble, maintient la vigueur des ceps et augmente la quantité des produits.

Mais à côté des avantages que nous venons de signaler, la plantation confuse présente les graves inconvénients que voici: Les façons données à la terre sont nécessairement exécutées à bras d'hommes ; elles se font avec beaucoup plus de lenteur, et sont dès lors plus coûteuses que dans la plantation en lignes. Ces façons mutilent souvent les tiges souterraines résultant du provignage. Le transport et la répartition des engrais, la sortie des sarments et de la vendange sont aussi beaucoup plus coûteux que dans les vignes en lignes. Dans les vignes confuses, le sol est moins échauffé par le soleil, Tair circule moins librement, les ceps s'ombragent plus les uns par les autres, que dans les Hgnes bien orientées.

2» Plantation en lignes rapprochées. — D'après cette méthode, la vigne plantée en lignes conserve celte disposition, quel que soit son âge. Ces lignes, assez rapprochées, occupent régulièrement toute retendue du terrain. Nous venons de signaler les avantages de ces hgnes comparées à la plantation confuse. Ainsi tous les travaux d'entretien sont moins coûteux, il en est de même pour la vendange. Les ceps* sont mieux éclairés par la lumière,

mieux aérés, et le sol est plus échauffé par le soleil. Ajoutons que, pour la même surface de terrain, et pour le même nombre de ceps, ces derniers seront moins gênés entre eux avec la disposition en lignes (ju*avec la plantation confuse. Cette plantation en lignes permet de substituer les fils de fer aux échalas et de diminuer ainsi très-notablement les frais relatifs au support des vignes. Enfin et surtout on peut substituer la culture à la charrue à celle pratiquée avec les instruments à bras et diminuer ainsi dans de grandes proportions les dépenses d'entretien. Aussi nous n'hésitons pas à préférer ce mode de plantation,

3« Plantation en lignes isolées. — Dans certains centres viticoles les vignes sont plantées en lignes isolées Tune de Tautre par un espace variant de 4 à 30 mètres, suivant les régions, espace consacré à la culture des plantes agricoles. Dans le Bordelais, on donne le nom de joualles à ces lignes isolées. On espère, en procédant ainsi, tirer du sol autant de produit des plantes herbacées que si les lignes de ceps n'existaient pas, et obtenir de ceux-ci une récolte qui ne coûte presque rien ; mais il est bien certain que le terrain occupé par la vigne ne peut profiter aux autres récoltes, et que la quantité de celles-ci diminue dans la proportion du nombre de lignes de ceps placées sur la surface. On a également reconnu que ces lignes isolées occupent proportionnellement plus d'espace que si on ne laissait entre chacune d'elles que la distance nécessaire à leur bonne végétation. Les travaux d'entretien que réclament ces vignes sont exécutés moins rapidement lorsque les lignes sont isolées que si on leur fait occuper toute la surface du sol. Enfin ces travaux sont souvent contrariés ou retardés par la présence des antres récoltes associées à la vigne. Il est vrai que les ceps, profitant des engrais répandus dans le sol pour les autres récoltes, poussent vigoureusement et donnent d'abondants

produits. Mais ces produits sont, toutes choses égales d'ailleurs, de qualité bien moindre que ceux des vignes disposées en lignes rapprochées. Aussi pensons-nous que ce mode de culture présente peu d'avantages.

IDtmtmnee m réserver entre le« eepis. — Cette question importante est résolue par les considérations suivantes :

1** Toutes les variétés de vignes ne se développent pas avec la même vigueur ; il conviendra donc de laisser entre les ceps un espace d'autant plus grand qu'ils appartiendront à une variété plus vigoureuse ;

2^ Toutes choses égales, la vigne pousse phis vigoureusement dans le Midi que dans le Nord. Il faut donc laisser un intervalle d'autant plus grand entre les ceps que le climat est plus chaud ;

3" La vigne est soumise à une évaporation plus considérable dans le Midi que dans le Nord, d'où il suit qu'il lui faut, pour puiser l'humidité nécessaire, une surface plus considérable dans le Midi que dans le Nord ;

A° La maturité est d'autant plus précoce que la vigne est moins vigoureuse. Un cep isolé montre ses fleurs et mûrit ses fruits après les ceps pressés les uns contre les autres, et qui ont moins de vigueur : les premiers raisins mûrs ne sont jamais cueiUis sur les ceps placés sur les bords des vignobles ; les vieilles vignes fatiguées, celles plantées dans des sols pauvres, devancent par leur maturité celles qui sont jeunes ou bien fumées. Or, dans la région du Nord, la maturité du raisin laissant souvent à désirer, il conviendra de diminuer leur vigueur en rapprochant les ceps plus que dans le Midi ;

5® Il ne faudra pas toutefois exagérer ce rapprochement, car la vigueur des caps deviendrait insuffisante pour nourrir convenablement les raisins, qui ne donneraient alors qu'un vin médiocre. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que l'air et la lumière ont besoin de cir-

culer librement autour de chaque cep et que le sol doit être échauffé par le soleil ;

6*» Enfin, tout en tenant compte des conditions précé^dentés, il faudra s'efforcer de laisser entre les ceps un intervalle tel que les façons à donner à la terre puissent être exécutées par la charrue, partout où le degré d'inclinaison du sol permettra l'emploi de cet instrument.

Nous n'aurions plus maintenant qu'à indiquer les limites dans lesquelles il convient de se renfermer par suite des. considérations que nous venons d'exposer. Malheureusement aucune expérience directe n'a encore été faite pour éclaircir cette importante question. Toutefois, si l'on examine ce qui se passe à cet égard dans la pratique générale des diverses régions viticoles, on voit, par le tableau suivant, que cette question a été résolue partout dans im sens conforme à la plupart des considérations que nous venons d'exposer,

DISTANCES RÉSERVÉES ENTRE LES CEPS DANS LES PRINCIPALES RÉGIONS VITICOLES.

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