‹ Les vignobles et les arbres a fruits a cidreChapitre 17 sur 74 · Vigne basse des environs de Paris · texte numérisé non relu

Vigne basse des environs de Paris

portent, à 0"40 au-dessus du sol, une latte horizontale sur laquelle les diverses parties du cep sont fixées [fîg. 73).

Fig. i\ . — Vigne moyejine des Fig. 72. — Supports dans quelques

palus de Bordeaux. vignobles des côtes du Rhône.

L'échalassement ne commence, pour les nouvelles plan-

Fig. 73. — Vignes du Médoc.

tations, qu'après la reprise des ceps et lorsqu'on com-

mence à les tailler. Le iîchafje ou piquage des échalas a lieu au printemps, immédiatement après avoir appliqué au sol la dernière façon d'hiver. Les échalas, taillés en pointe à chaque extrémité, sont enfoncés dans le sol à la profondeur de O'^âô à O^SO, suivant la hauteur de la vigne.

Les échalas sont ainsi enfoncés dans le sol quelquefois à l'aide d'un maillet en bois, mais le plus souvent à force de bras et en faisant peser dessus tout le poids du corps.

Fig. 75. — Fichcir Dugay.

Figure27'i. — ^Mode d'emploi du fichoir Duguay.

C'est un travail long, coûteux et très-fatigant pour les ouvriers. Aussi a-t-on imaginé plusieurs instruments,

SOUS les noms de fichoir et de plante-échalas^ destinés à rendre ce travail moins difficile.

Le flchoir représenté par les figures 74 et 75 a été imaginé par M. Duguay, constructeur d'instruments agricoles à Argenteuil, près de Paris. Il se compose d'une tige en fer A, pourvue cf'une manette B à son sommet. Cette tige porte au milieu de sa longueur un crochet G, puis à sa base une sorte de pied-de -biche D dont les angles intérieurs sont tranchants. Un é trier E est placé du côté opposé à ce pied-de-biche. Pour se servir de cet instrument on procède ainsi : Le vigneron place Téchalas dans le crochet et le pied-de-biche, de façon que cette dernière partie Îsoit à 0"28 au-dessus de la base de Téchàlas. Puis il place le pied droit sur Tétrior, maintenant Téchalas de la main gauche et appuie fortement de la main droite sur la manette. Il pèse ainsi de tout son corps sur Tétrier et enfonce Téchalas jusqu'au point où le pied-de-biche est fixé. Si l'échalas n'est pas assez enfoncé, il le saisit de nouveau un peu plus haut et recommence cette manœuvre.

M. Simon, fabricant d'instruments viticoles à Savigny, près de Beaune (Côted'Or), a inventé un plante-échalas qui a une certaine analogie avec le précédent. Il se compose d'une tige verticale en fer (%. 76), longue de 0"45. Cette tige porte au sommet une manette en bois, longue deO^lSj^t à la base deux pièces en fer A taillées en dents de scie et dans lesquelles l'échalas est arrêté. La partie inférieure se recourbe en forme d'étrier sur une longueur d'environ 0"08. La manœuvre de cet instrument est la même que celle du précédent.

Fig. 76. — Planteécbalas Simon.

Dans presque toutes les contrées où la vigne est échalassée, les échalas sont enlevés du sol chaque année avant l'hiver et disposés de place en place par petits tas isolés du sol, à Taide de quatre échalas formant chevalet, comme le montre la figure 77. Ailleurs, en Chcunpagne par exemple, ces échalas for^^'^'''—^^^^^^^^^^^^^^VTèBUyenà^nee.

ment une sorte de meule indiquée par la figure 78. Ce dépiquage des échalas a pour but d'empêcher la partie enterrée de pourrir dans le sol pendant l'hiver.

Les opérations de la taille et les façons d'hiver données à la terre sont aussi pratiquées plus facilement.

Les dépenses qu'occasionne réchalassement des vignes sont certainement les plus coûteuses

— Échalas réunis ea meule après la* vendange.

parmi celles que nécessite la culture du vignoble.

Dans la Bourgogne et aux environs de Paris le mille d'échalas est aux prix suivants :

Bois blanc , , 24 fr.

— sulfaté z\

Bois dur (chêne) 40

La durée moyenne de ces échalas est la suivante :

Échalas en bois blanc, lO ans, par an. -. 2 fr. 40 c.

— en ^ois sulfaté, 1 5 ans, par an 2 »

— en chône, 20 ans, par an 2 »

D'où il suit que, quelle qUe soit la nature du bois employé, les mille échalas représentent une dépense annuelle d'environ 2 francs. Or, en Bourgogne, on plante environ 23,000 ceps à l'hectare et chaque cep doit être pourvu d'un échalas.

Cela fait 23,000 échalas à l'hectare qui donnent Heu à une dépense annuelle de 46 fr.

H convient d'ajouter pour piquer, dépiquer et aiguiier les échalas, pour la môme surface 24

Plus l'intérêt à s p. 1 00 des frais d'achat des échalas pendant leur durée = 520 francs qui, répartis sur les 20 années de durée moyenne des échalas, donnent par an 26

9i fr.

L'échalassement des vignes coûte donc en Bourgogne environ 96 francs par an et par hectare.

En Champagne, cette opération donne lieu aux dépenses suivantes :

Les échalas coûtent, le mille :

En bois blanc 40 fr.

— de chêne 60

La durée moyenne de ces échalas est :

Pour le bois blanc de lO ans, par an 4 fr.

— de chêne, 15 ans, par an a

En Champagne, ainsi que nous l'avons vu plus haut, on plante environ 60,000 ceps à l'hectare, pourvus chacun d'un échalas.

Ces 60,000 échalas donnent donc lieu à une dépense annuelle, par

hectare, de 240 fr.

Piquer, dépiquer et aiguiser ces échalas 3S

Intérêt à 5 p. -100 du prix d'achat des échalas pendant leur durée = 1,800 fr. qui, répartis sur les 12 années de durée moyenne des échalas, donnent par an , 150

425 fr.

L'échalassement des vignes de la Champagne coûte donc environ 425 francs par hectare et par an.

Enfin dans les vignobles des palus du Bordelais et de la côte située sur la rive droite de la Garonne, depuis Bordeaux jusqu'à Blaye, Téchalassement n'est pas moins coûteux.

Voici quel est le prix moyen des mille échalas :

Pin gemmé 2m^30 de longueur. -lOOfr.

Pin non gemmé ~ 60

Châtaignier — mo

Pin gemmé 2 mètres de longueur. 80

Pin non gemmé — 50

Châtaignier — HQ

La durée moyenne de ces échalas est la suivante :

Pin gemmé, 10 ans, par an -10 fr.

Pin non gemmé, 5 ans, par an ii

Châtaignier, 15 ans, par an 10

Dons la région dont nous parlons, on plante environ 4,500 ceps à l'hectare, et chacun d'eux est pourvu en moyenne de trois échalas.

Ces 13,500 échalas donnent donc lieu à une dépense annuelle de 135 fr. » c.

Les échalas restent en place jusqu'à ce que la base soit pourrie. Il convient toutefois de compter pour replacer et aiguiser les échalas en mauvais état.. ti »

Intérêt à 5 p. 100 du prix d'achat des échalas pendant leur durée ss 675 fr. qui, répartis sur les io années de durée moyenne, donnent par an ^ 67 50

210 fr. 50 c.

L'échalassement des vignes dans cette partie du Bordelais coûte donc environ 210 francs par hectare et par an.

Dans le Médoc, ainsi que dans les départements du Doubs et de la Haute-Saône, les vignes sont palissées sur de longues lattes supportées par des piquets. Dans le Médoc, les lattesy longues d'environ 2 mètres, sont fixées à 0™40 au-dessus du sol et supportées par des pi-

in CULTURE DU VIGNOBLE.

quels ou carassons; longs d'environ 0"*60, placés à l^SO d'intervalle (%. 73). Les lattes se composent de jeunes pins résultant de Téclaircie des semis qui couvrent une grande partie des Landes. Quant aux carassons, ils sont en bois d'acacia» cultivé aussi en massif serré dans les terrains siliceux, pour les besoins du vignoble, ou en pin gemmé.

La dépense annuelle à laquelle donne lieu cette sorte de support peut être établie de la manière suivante :

Le mille de carassons en pin gemmé coûte lo Fr.

Le mille de lattes en pin coûte. i5

La durée moyenne des carassons et des lattes est la suivante :

Les carassons, s ans, par an 3 fi*. 30 c.

Les lattes, 3 ans, par an 7 50

Il faut, par hectare, 18,000 carassons, ou par an 59 fr. 40 c.

Et 4,500 lattes, ou par an 33 60

93 fr. » c.

Ces carassons et ces lattes donnent donc lieu à une dépense, par hectare et par an, de 93 fr. »c.

Plus, pour remplacer, aiguiser et lier les carassons et les lattes hors de service 20 »

Intérêt à 5 p. 100 du prix d'achat des supports pendant la moitié de leur durée = 7 fr. 35 c. qui, répartis sur les deux années de durée moyenne, donnent par an il 37

125 fr. 37 c.

Ce mode de support donne donc lieu à une dépense d'environ 125 francs par hectare et par an. Si nous prenons la moyenne du prix de revient de cette opération dans les régions que nous venons d'indiquer, nous trouvons le chiffre de 214.

Les divers modes d'échalassement que nous venons d'étudier présentent d'assez graves inconvénients. Le piquage et le dépiquage augmentent notablement la somme de main-d'œuvre nécessaire pour cette culture, menacée

déjà de manquer des bras qui lui sont nécessaires. Le piquage des échalas est une opération fatigante pour les ouvriers. — D'ailleurs, ces ouvriers piétinent le sol autour de chaque cep et font disparaître les bons efîets de la première façon donnée à la terre. La souche ou les principales racines du cep sont souvent blessées par Féchalas qu'on enfonce au pied de chacun d'eux ; — le trou fait par Téchalas laisse, après qu'on l'a enlevé à Tautomne, un accès facile aux froids de l'hiver, lesquels peuvent altérer les racines ; d'un autre côté, la surface rugueuse et crevassée des échalas sert d'abri aux œufs de certains insectes nuisibles à la vigne, et notamment de son ennemi le plus redoutable, la pyrale. Ces œufs éclosent au printemps, et, passant de l'échalas aux bourgeons, les larves y exercent des ravages incalculables. D'un autre côté, les bourgeons, réunis en faisceau contre ces échalas, enveloppent les grappes et les privent de l'action du soleil, si nécessaire pour la qualité des produits. Les bourgeons eux-mêmes, ainsi enveloppés par les feurlles, mûrissent mal leur bois et la quantité des produits en souffre. Enfin réchalassement donne lieu à une dépense annuelle qui s'élève en moyenne, ainsi que nous l'avons montré plus haut, à 214 francs par hectare.

4® Supports en bois et ûls de fer. — On a, depuis longtemps déjà, reconnu les graves inconvénients que nou^ venons de signaler, et depuis longtemps aussi on a cherché à substituer d'autres supports à ceux dont nous venons de parler.

M. de Macheco, propriétaire à Brioude (Haute-Loire), est un des premiers qui aient proposé de substituer les fils de fer aux échalas. Sa méthode consiste à planter sur les rangées de ceps, et à demeure, une ligne de pieux de 1"50 de hauteur, distancés de 3 à 4 mètres les uns des autres. Ces pieux reçoivent un fil de fer de moyenne grosseur cloué à leur sommet. Un petit échalas planté au

124 CULTlJKE DU VIGNOBLE.

pied de chaque cep soutient les bourgeons jusqu'au moment où, atteignant la ligne de fil de fer, ils y sont attachés et reçoivent une direction horizontale.

Ce procédé présente peu d'avantages sur l'échalasseinent habituel. Il nécessite remploi des échalas et les bourgeons y sont trop confusément attachés.

Plus tard, en 1845, M. André Michaux, correspondant de rinstitut, proposa do nouveau une méthode analogue et que voici :

Les échalas en bois dur, de 1"'50 de longueur sur 0"'05 à 0"*06 de diamètre, sont enfoncés dans le sol à 5 maires d'intervalle sur chaque ligne de ceps (A, fig, 79). Le pre-

Fig. 79. — Suppoit de la vigne, système Michaux.

mier et le dernier sont solidement maintenus à l'aide d'un arc-boutant B. Deux fils de fer sont fixés sur les pieux au moyen de petits crochets placés latéralement. Ces fils de fer sont enlevés chaque année à la fin de l'automne, en les enroulant sur une sorte de moulinet ou dévidoir {îîg, 80) et on les replace de la même façon au printemps.

Lorsque le moment est venu d'attacher les bourgeons, on les fixe d'abord sur le fil de fer inférieur en les étendant convenablement, puis ensuite sur le fil de fer du sommet ; sur cette seconde ligne, on partage les bourgeons de chaque cep en deux parties ; les uns sont fixés par un seul lien avec la moitié des bourgeons du cep placé

à droite, les autres sont attachés avec la moitié des bourgeons du cep placé à gauche.

Ce mode de support permet de diminuer très-notablement le nombre des échalas et les bourgeons sont convenablement palissés de façon à recevoir Taction du soleil. Mais il n'y a pas de moyen pour tendre facilement les fils de fer et cette nécessité de les enlever et de les replacer chaque année donne lieu à un travail coûteux.

M. Collignon d'Ancy , de Metz, nous paraît avoir résolu complètement cette question ; voici la description du procédé qu*il conseille :

l» Placer à chaque extrémité de la ligne de plantation un fort support en bois (A, ûg, 81), de l'n40 de longueur

Fig. 80. — Dévidoir pour enrouler les fils de fer.

Fig. 81 . — Supports en fil de fer. Système CoUigooOy u Aiicy.

et de 0™06 d'équarrissage ; Tincliner en dehors sous un angle de 45^ ; percer deux trous au travers de ces supports, l'un à 0"*27 au-dessus du sol, l'autre à 0°»67 aussi au-dessus du sol.

ist>

ClLTlîRK DU VIGNOBLE.

2« Ouvrir à chaque extrémité des lignes, et à O»80 des supports précédents, un trou de 0"'30 de largeur et de 0"40 de profondeur, dans lequel on placera un moellon d'environ 0"25 cubes, entouré de fil de fer galvanisé plié en deux E. Accrocher à ce collier Tune des extrémités d'une agrafe galvanisée, dont la moitié de la longueur devra être enterrée. Remplir ensuite les trous, et damer fortement la terre.

On a modifié cette culée de la manière suivante {ûg. 82):

L'agrafe /?(%. 81) est remplacée par un double fil de fer galvanisé n* 18 qui, après avoir fait un double tour sur le moellon, est tordu sur lui-même et terminé par une boucle.

8® Enfoncer sur chaque ligne une série de Fig. M. - culée modifiée. supports B (Bg . 81)

parfaitement alignés avec ceux des extrémités. Ces supports, de 1"*35 de longueur et de O'^OS d'équarrissage, devront s'élever de 0"70 au-dessus du sol et être placés tous les 8 mètres. Fixer sur le côté de chacun de ces supports deux pointes à crochet, la première, à 0^27 au-dessus du sol, la seconde à O'"^ au-dessus de la première. Pour augmenter la durée de tous ces supports, il sera utile de brûler et de goudronner la partie qui doit être enterrée, ou d'imprégner le tout de sulfate de cuivre. 4<> Faire passer à travers l'un des supports inclinés l'extrémité d'un fil de fer recuit, n» 13 ; engager sur ce fil de fer un roidisseur G, de façon à ce que celui-ci se trouve placé vers le milieu de la ligne. Conduire ce fil de fer jusqu'à l'extrémité opposée en l'accrochant aux pointes à crochet fixées sur les supports intermédiaires. Lui

SUPPORTS DBS CEPS. 121

faire traverser le sommet du poteau incliné et l'agrafe ; lui faire traverser la base de ce poteau et le faire revenir sur lui-même en l'accrochant aux crochets fixés à la partie inférieure des poteaux intermédiaires. Vers le milieu de la longueur de cette seconde ligne engager un second roidisseur, puis prolonger le fil de fer jusqu'à TagrafeDet réunir les deux extrémités. Enfin, enfermer le fil de fer dans les pointes à crochet, en frappant légèrement sur celles-ci, puis tendre le fil de fer au moyen du roidisseur placé vers le milieu de la longueur des lignes.

On a imaginé, pour tendre Jes fils de fer, un grand nombre de roidisseurs différents. Nous conseillons pour le vignoble celui qui a été récemment imaginé par M. Thiry et qui est représenté par la figure 83. Il donne tous les

Fig. 83. — Roidisseur ThIry.

résultats désirables et son prix est extrêmement modique (10 centimes). On fait agir ce roidisseur de la manière suivante. La ligne de fil de fer étant fixée à ses deux extrémités et le roidisseur étant glissé vers le milieu de cette ligne, introduire les deux extrémités carrées de l'axe du roidisseur dans les anneaux de la pince indiquée par la figure 84 ; cette pince à charnière est en tôle forte galvanisée et ne coûte que 30 centimes. La figure 85 indique la position de cette pince Fig. ss. — Pince pour faire

après .qu'elle a été placée. Elle . fo°<^»'o--«-^ »« roidisseur. • est solidement maintenue dans cette position avec la main gauche. On place avec la main droite la clef [fig. 86) sur l'extrémité carrée de Taxe du roidisseur, puis on imprime à celui-ci un mouvement de rotation suffisant

pour bien tendre le fil de fer. L'arrêt se fait au moyen de l'un des deux crochets qui terminent rextrémité des ailes du roidisseur G *.

Fig. 85. — Roidisseur mis en action. Fig. 86. — Clef du roidisseur.

On comprend que le système CoUignon peut être approprié aux vignes de toutes les régions. Il suffira pour cela de lui appliquer quelques légères modifications. Ainsi pour les vignobles les plus rapprochés du nord, les environs de Paris, la Champagne, la Moselle, les fils de fer seront disposés comme Tindique M.. Collignon. Pour la région moyenne et pour le Midi le premier fil de fer sera placé à 0"40 au-dessus de terre, et le second à la même distance du premier.

Comparons maintenant, au point de vue de la dépense et des résultats, ce mode de support des vignes avec Téchalassement.

Nous avons vu que Téchalassement des vignobles de la Champagne coûte chaque année, par hectare, environ 425 francs. — Si nous soumettons ces vignes au mode de plantation indiqué page 72 et au mode de taille que montre la figure 87, et si nous remplaçons les échalas

i M Thiry, rue Lafayette 121, à Paris, livre ces roidisseurs, les fils de fer ei tout ce qui est nécessaire pour ce mode de support dans les vignobles.

par des fils de fer, nous aurons pour ces supports la dépense suivante :

Pour une ligne de ceps de 100 mètres de longueur,

Une double ligne de fll de fer recuit q» 13, de 200 mètres de longueur

pesant 5 kilogrammes à i fr. le kilegramme S fr. » c.

3 piquets d'extrémité en bois sulfaté à 30 c. l'un » 60

3 culées, fil de fer et moellon,' à 30 c. l'un » 60

43 piquets intermédiaires en bois sulfaté, à 20 c. l'un 3 40

Pointes à crochet .' » iO

3 roidisseurs, a io c. l'un » ÎO

Pose. » 50

9 fr. 40 c.

Une surface d'un hectare de 100 mètres de côté planté à raison de 20,000 ceps disposés en lignes comme l'indique la page 72 peut recevoir 100 lignes de ceps. Ce nombre de lignes multiplié par 9,40 donne une dépense totale de 940 francs par hectare, dont 300 pour les piquets en bois et 640 francs pour les fils de fer et autres accessoires.

La durée des fils de fer peut être facilement portée à 40 ans, ou 6'iO fr. divisés par 40 * 23 fr. 50 c.

La durée des piquets en bois sulfaté est au moins de 25 ans, ou 300 fr. divisé par 25 <2 »

Intérêt à 5 p. 100 du prix des piquets pendant leur durée s= 375 fr. qui. répartis sur les 25 années de durée, donnent par an i5 »

Intérêt à 5 p. 100 du prix de3 fils de fer pendant leur durée = 4,280 fr. qui, répartis sur les 40 ans de durée^ donnent par an , 32 »

82 fr. » c.

La même surface échalassée coûte 425 »

Il y a donc, au profit des fils de fer, une économie annuelle de 343 fr. 50 c.

Nous devons ajouter que nous avons supposé des lignes de fils de fer de 100 mèlres de longueur ; mais que si ces lignes étaient une fois plus longues, la dépense relative

aux culées sera une fois moins considérable, parce qu^il ne faudra que deux de ces culées au lieu de quatre.

Dans les vignobles de la Bourgogne, noué avons vu que réchalassement coûte annuellement environ 96 fraûcs par hectare. — Si Ton adopte le mode de plantation et de taille indiqué à la page 72 et par la figure 87, et que Ton remplace les échalas par les fils de fer, ces supports donneront lieu à la même dépense annuelle qu'en Champagne, c'est-à-dire à 82 francs par hectare. Or, cette somme, soustraite des 96 francs résultant de réchalassement, donne un bénéfice de 14 francs par hectare et par an.

Dans les palus et la côte du Bordelais réchalassement donne heu chaque année à une dépense d'environ210francs par hectare.

Si Ton soumet ces vignobles au mode de plantation et de taille indiqué à la page 72 et par la figure 100, et si Ton emploie les fils de fer, les frais s'élèveront seulement à 82 francs ;

Ce qui donne un bénéfice de 128 francs par hectare et par an.

Enfin les. supports employés dans le Médoc coûtent environ 125 francs par hectare et par an. En remplaçant les lattes par le fil de fer, et en établissant une seconde ligne comme le montre la figure 81, la dépense annuelle sera seulement de 82 francs; ce qui donne un bénéfice de 43 francs par hectare et an.

En résumé, les fils de fer substitués aux échalas font disparaître les nombreux inconvénients signalés plus haut pour ces derniers. D'un autre côté, ces fils de fer permettent de réaliser une économie considérable, puisqu'elle s'élève en moyenne à 131 francs par hectare et par an. Aussi conseillons-nous vivement d'adopter cette nouvelle rhéthode.

FORMES POUR LA CHARPENTE DES CEPS. 131 FORMES A CHOISIR POUR LA CHARPENTE DES CEPS.

Les questions précédentes ayant été résolues, il importe maintenant d'indiquer les formes à choisir pour la charpente des ceps. Nous avons expliqué page 94 et suivantes pourquoi, quelles que soient ces formes, elles doivent remplir les conditions ci-après :

1? Le cep doit être pourvu d'une charpente ou souche aérienne, et cela dans l'intérêt de la qualité du produit ;

2* Cette charpente doit offrir des dimensions proportionnées à la vigueur habituelle des cépages, sous peine de voir diminuer la quantité de la récolte ;

3» L'élévation de la souche au-dessus du sol doit être d'autant moindre qu'on se rapproche davantage de la limite du climat de la vigne, et cela pour arriver à une maturation convenable des raisins;

4*» Enfin, les ceps doivent être disposés dans leur ensemble suivant un plan vertical le plus mince possible, afin que la vigne profite mieux de la chaleur et de la lumière, et surtout pour rendre la culture du sol moins coûteuse et diminuer la dépense relative au support des ceps.

La condition de dimension à donner à la charpente des ceps est celle qui infiue le plus sur la forme à choisir pour cette charpente. On peut sous ce rapport classer les vignes en trois groupes :

1« Les vignes à développement restreint ; ^ Les vignes à développement moyen; 8® Les vignes à grand développement.

Recherchons quellés'sont, pour chacun de ces groupes, les formes qui remphssent le mieux les conditions précédentes :

1® Vignes à développement restreint,^^Ces charpentes restreintes conviennent surtout aux cépages peu vigoureux de la Champagne» de la Bourgogne, de TOrléanai»,

de la Touraine, du Beaujolais, etc. Nous conseillons de donner aux ceps de ces contrées la disposition indi-

Fig. 87. — Cep unilatéral.

Fig. 88.— Jeune cep d'un an.

quée par la figure 87 en plantant les ceps à une distance de O^SO à 0"70, suivant le degré de vigueur habituel des cépages. Nous donnons aux ceps ainsi formés le nom do ceps unilatéraux. Pour imposer cette forme à la charpente des vignes on procédera de la manière suivante :

Nous avons conduit la plantation du vignoble, pag3 66, jusqu'à la fin du premier été qui suit cette plantation. Après la chute des feuilles, chacun des jeunes plants est pourvu de un à deux sarments souvent assez maigres (%. 88). Lors de la taille on conserve le plus beau, A ; on le coupe en B au-dessus de deux boutons et Ton ne conserve pendant Tété que les deux plus beaux bourgeons. L'année suivante le cep est constitué comme le montre la figure 89. Alors on ne conserve que le plus beau sarment A et on le taille en A, de façon à lui conserver une longueur d'environ 0"30, puis on l'attache suivant la direction indiquée par la ligne ponctuée C. Quant au sarment D il est coupé en E. On a l'année suivante le résultat indiqué par la figure 90. On conserve seulement le sarment A qui est taillé en B au-dessus d'un seul bouton, et dont

nous indiquons plus loin la destination future, puis le sarment C qui devient le sarment fructifère et qu'on coupe

Fig. 89. — Cep unilatéral, 2« année.

en D ou en E, de façon à lui conserver une longueur de 0"15 ou de O'^SO, selon la vigueur du cépage, ainsi que nous l'expliquons à la page 104. Ce sarment est attaché suivant la direction F pour les motifs indiqués page 102. Pendant Tété suivant, on ne conserve sur le vieux bois qu'un bourgeon au point B et sur le sarment fructifère un

Fig. 90. — Cep unilatéral, 3«» année.

nombre de bourgeons proportionné à la quantité de récolte que le cep peut produire sans inconvénient. Dans

Fig. 91. — Cep unilatéral après la taille.

tous les cas, le bourgeon qui naîtra au point J sera conservé avec soin pour fournir Tannée suivante le nouveau sarment fructifère. On a donc, lors de la quatrième taille, un cep constitué ainsi que le montre la figure 87. Dès lors la charpente de ce cep est constituée. On taille en D le sarment E ; on supprime en G Tancien sarment fructifère ; le

, sarment B taillé en

A vient le remplacer.

La figure 91 montre ce même cep après la taille. On procède de même chaque année.

Toutefois, la taille étant faite chaque année vers le point G (fig. 87), rattache du sarment fructifère s'éloignera chaque fois de son point de départ de quelques centimètres ; de sorte que la tige du cep s'allongeant d'autant, son sommet finira par trop se rapprocher du fil de fer supérieur. Lorsque cet inconvénient commencera à se produire on raccourcira cette tige immédiatement au-dessus du sarment D, spécialement réservé pour cette destination et qui devient alors le sarment fructifère. On répète périodiquement cette opération en profitant pour cela du développement d*un bourgeon qui apparaît toujours à un moment ou à Tautre et sur un point quelconque de Tétendue de la tige.

Nous croyons devoir donner ci-après quelques-unes des formes le plus en usage pour les vignes à petit développement, pour montrer combien peu elles remplissent les conditions dont nous avons démontré la nécessité.

Dans le vignoble de la Ghampagne, les ceps, plantés confusément, sont si rapprochés les uns des autres (six par mètre carré) qu'ils s'affament réciproquement et que

l'on est obligé, pour entretenir leur fertilité, de les soumettre à Topéralion à laquelle on donne dans cette région le nom de rabaissement. Voici en quoi elle consiste : Cha-

Fig. 92. — Forme des ceps à Ay (Chi

que année, lors du labour d'hiver, on déchausse chacun des ceps sur un des côtés et on les couche dans cette petite fosse de façon à les enterrer de 0™08 à 0°>10, pour que la naissance des deux plus beaux sarments les plus rapprochés de la base A (ûg. 92) soit enterrée d'environ 0"05. Lors de la taille on ne conserve que ces deux sarments. Les autres sont coupés en B, et Ton ne conserve

sur les deux sarments A que deux boutons au-dessus de terre. De sorte que Tannée suivante le cep se trouve encolle composé de quatre ou cinq sarments {Hg. 92). On procède de no.uveau au rabaissement et Ton ne taille toujours que sur deux sarmei.ts. On procède de même chaque année. Si, comme cela a lieu le plus souvent, le sol est incliné, on fait le rabaissement de façon à faire cheminer les ceps vers le sommet de la pente. Au bout de trente ans, chacun de ces ceps peut être pourvu, par suite de ce rabaissement annuel, d*une souche souterraine C de plus de 3 mètres de longueur. Tous les ceps étant ainsi dirigés vers le sommet du terrain, on conçoit quMl doit bientôt y avoir confusion vers ce point, tandis que la base se dégarnit. Aussi convient-il de replanter de temps en temps à la base et de faire des suppressions vers la partie supérieure.

Il y a certainement un avantage marqué à remplacer cette disposition par la figure 87. On diminuera des deux tiers le nombre des ceps. La quantité de produit restera la même, comme l'expérience Ta déjà montré dans cette contrée ; les échalas seront remplacés par les fils de fer; on pourra y introduire la charrue là où l'inclinaison du sol le permettra ; les bourgeons et les grappes, mieux éclairés par le soleil, mûriront plus complètement. Enfin les sarments attachés sur une feouche aérienne, plus ou moins âgée, donneront des produits de meilleure qualité.

Dans la Bourgogne, les ceps, plantés en foule, présentent la disposition indiquée par la figure 98. Chaque année, lors de la taille, on ne conserve qu'un sarment coupé au-dessus de deux boutons. On peut reprocher à ce mode de culture les inconvénients suivants : Pour ce climat, les raisins sont trop éloignés du sol, ce qui nuit à leur bonùe maturation, puis cette longue souche est maintenue dans une direction trop verticale qui, faisant toujours affluQr la

séve au sommet, s'oppose à la sortie du nouveau sarment sur le vieux bois pour raccourcir cette tige *de temps en temps. Il en résulte que ces souches, en s'allongeant démesurément, s*épuisent bientôt et qu'on est obligé de les renouveler souvent au moyen du provignage, opération coûteuse et toujours nuisible à la qualité du vin.

Pour les variétés plus vigoureuses de la même région, telles que les races les plus fortes de gamais, cultivées en sols riches et qui sont généralement soumises au même traitement, on éprouve cet autre inconvénient : c'est que le peu d'étendue donnée au sarment fructifère ne permet pas d'en tirer tout le produit qu'on pourrait en obtenir, et que les grappes enveloppées par les feuilles sont mal éclairées. Aussi croyons-nous qu'il y aura avantage à préférer la forme indiquée par la figure 87.

On remplacera ainsi les échalas par des fils de fer ; on pourra cultiver à la charrue :

deux modifications qui diminueront très-fortement les frais de culture. Enfin, la taille longue permettra d'obtenir un plus grand nombre de bourgeons et d'assurer ainsi la récolte en en conservant une quantité proportionnée à «la vigrueur des ceps.

^ Fig. 93. — Vigne de la COte-d'Or.

Dans le Beaujolais, les ceps adultes sont généralement constitués comme l'indique la figure 94.

Chaque année, lors de la taille, on réserve trois coursons portant chacun deux yeux.

Les mêmes reproches sont à adresser à ce mode de culture : supports au moyen d'échalas ; culture à bras ; raisins en partie privés de Taction directe du soleil. La forme que nous recommandons page 132 fait disparaître ces graves imperfections.

Dans le Gâtinais, le mode de taille est des plus bizarres et vient prouver que la vigne doit être bien fortement constituée pour résis-

Fig. 94. — Cep du Beaujolais à l'âge adulte.

Fig. 9S. — Mode de taille dans le Gâtinais.

ter à un pareil traitement. Les ceps sont privés de supports et chaque année les sarments indiqués par la figure 95

sont rasés au-dessus d'un œil. Aussi les ceps ainsi taillés présentent - ils, bientôt après la taille, l'aspect des souches A, B, G, indiqué par la figure 96. Ici encore culture à bras, pas de supports pour les ceps, et quelle taille !

Fig. 96. -ceps du Gâtinais après la taille. i^^^il3 ^^ ^j^^ ^^

cette méthode barbare doit être complètement abandonnée.

, Voici encore (%, 97) un mode de culture assez bizarre et usité dans T Yonne : Là, les ceps cultivés en ligne se divisent, dès leur base, en 4 bras rampant sur le sol et se redressant un peu vers leur extrémité pour se fixer sur

Fig. 97. — Forme des ceps dans l'Yonne.

un échalas. Chacun de ces bras est terminé par un courson taillé à deux yeux. Cette méthode présente tous les défauts des précédentes et nous la repoussons par les mêmes motifs.

2® Vignes à développement moyen. — Ce développement convient à des cépages plus vigoureux et à des régions plus chaudes que les précédentes; telles que le Bordelais, la Saintonge; la Gascogne, leBéarn, leQuercy, le Périgord, le Dauphiné, etc. Les dispositions les plus convenables pour la charpente des ceps de cette contrée sont les suivantes :

D'abord la forme indiquée par la figure 98. On voit qu'elle

Fig. 98. — Cep en forme bilatérale.

ne diffère de celle recommandée pour les vignes à développ^noent restreint (lig, 87) qu'en ce que le cep se divise

en deux bras symétriques qui doublent l'étendue de sa charpente. Nous donnons à cette forme le nom de cep bilatéral.

Le mode de formation de cette charpente diffère peu de celui employé pour les ceps unilatéraux. Lorsque les jeu-

Fig. 99. — Cep soumis au mode de taille du Médoc.

nés ceps sont arrivés à Tétat de développement indiqué parla fleure 89, on conserve les deux sarments A, D, et le sarment D est soumis à la série d'opérations appliquée au sarment A, pour obtenir le résultat indiqué par la figure 87. Cette forme bilatérale a la plus grande analogie avec le mode de taille appliqué avec tant d'intelligence par les vignerons du Médoc (%. 99). Mais elle en diffère par une double hgne de fil de fer remplaçant le support en bois. Il

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