‹ Les vignobles et les arbres a fruits a cidreChapitre 18 sur 74 · Cep soumis à la forme en cordon à long bois · texte numérisé non relu

Cep soumis à la forme en cordon à long bois

en résulte que les bourgeons peuvent être attachés verticalement au lieu d'être réunis en deux faisceaux horizontaux, enveloppant les raisins dans les feuilles et les privant ainsi de Faction du soleil. — Enfin, nos sarments

fructifères sont soumis à une arqure prononcée dé façon à favoriser le développement vers leur base du bourgeon qui fournira Tannée suivante le nouveau sarment fructifère. Ce sont ces motifs qui nous feraient préférer la forme que nous venons de décrire.

Toutefois, cette disposition bilatérale présente, comme celle du Médoc, un inconvénient fâcheux : c'est la nécessité où l'on est de maintenir l'équilibre de la végétation entre les deux bras du même cep. Aussi trouvons-nous les ceps unilatéraux beaucoup plus convenables. Mais la forme indiquée par la figure 87, ne convient que pour les vignes qui ne doivent prendre qu'un petit développement. Of , pour concilier ces diverses exigences, nous recommandons vivement, pour les cépages qui ont besoin d'un développement moyen^ l'emploi de la forme indiquée par la figure 100 et à laquelle nous donnons le nom de cordon à long bois.

Les ceps soumis à cette disposition présentent exacte-

Fig. -101. — Cep en cordon à long bois, ^^ ann(^e.

ment la même étendue que les cordons bilatéraux et n'en présentent pas l'inconvénient. Le mode de formation de cette charpente est d'ailleurs des plus simples : Le jeune cep {ûff. 89) ne conserve que le sarment A qui est taillé en F, incliné suivant la ligne C et fixé horizontalement à son

extrémité sur le fil de fer H. Après une année de développement, on a le résultat qu'indique la figure 101. On supprime complètement les deux sarments A ; le sarment E est taillé en E et abaissé suivant la ligne G pour former le premier sarment fructifère. Quant au sarment B, il est taillé en B pour donner lieu à ce point au second sarment fructifère pour Tannée suivante. Il n'y aura plus, lors de la quatrième taille, qu'à compléter les résultats montrés par la figure 100. On devra toujours laisser un intervalle d'environ 0"50 entre les points d'attache de chacun des sarments fructifères.

Mais on peut objecter que, les sarments fructifères étant

Fig. -102. — Rabaissement du point d'attache du sarment fructifère dans les ceps en cordons à long bois.

annuellement remplacés vers le même point, leur point d'attache s'éloignera progressivement du cordon et finira par former une partie, noueuse E, constituée comme le montre la figure 102. Nous répondons que cette objection est vraie pour tous les modes de taille appliqués aux sarments fructifères de la vigne, aussi bien pour la taifie en courson que pour celle à long bois accompagnée d'un courson à bois pour le remplacement. Mais voici comment on surmonte, dans ces divers cas, la difficulté que nous venons de signaler :

La sève, éprouvant de la difficulté à traverser la partie noueuse E pour agir sur le sarment fructifère B, dépen-

sera une partie de son action vers la base de cette nodosité et y fera naître, à un moment ou à Tautre, un bourgeon qui produira le sarment C, lequel servira de sarment fructifère et permettra de faire disparaître celte partie noueuse en taillant en D. Cette opération sera répétée périodiquement, à mesure des besoins.

Montrons, comme nous l'avons fait pour les ceps à développement restreint, quelques-unes des formes imaginées pour les vignes à développement, moyen dont nous venons de nous occuper.

Dans les palus des environs de Bordeaux, les ceps sont

souvent soumis à la disposition indiquée parjafigure 103.

L'espace occupé par ces ceps sur le sol s'oppose à remploi de la charrue. Les supports, composés de deux ou trois échalas de 2 mètres de hau-

Fig. 103. —Cep des palus du Bordelais.

Fig. 104. — Cep du Puy-de-Dôme après la taille.

teur, sont très-coûteux. Enfin, les raisins, enveloppés

dans chacun des faisceaux de bourgeons, sont imparfaitement chauffés par le soleil.

Dans le Puy-de-Dôme, la plupart des vignes présentent la disposition indiquée par la figure 104. Ces vignobles, disposés en lignes, sont généralement très-bien cultivés. Mais, ainsi qu'on le voit, la culture à la charrue y est rendue impossible par la forme irrégulière des ceps, qui forment souvent saillie en dehors des lignes ; puis les deux ou trois échalas qui accompagnent chaque cep donnent lieu à une dépense élevée. Enfin, les bourgeons réunis en paquet sur les échalas enveloppent les grappes soqs les feuilles.

Dans certaines parties de la Tourainé, on trouve les vignes disposées comme le montre la figure 105. Là encore,

Fig. 105. — Forme des ceps dans la Tourainé.

nous trouvons des supports coûteux et les raisins trèsimparfaitement éclairés.

Enfin, un des modes de culture du vignoble les plus bizarres et les plus primitifs est certainement celu que nous avons rencontré dans l'Aunis (%. 106 et 107). L'inspection de ces deux figures suffit pour faire comprendre ce mode de culture et le faire condamner. Les sarments qui naissent annuellement sur le périmètre de cette sou-

che rampante sont tous taillés à 2 yeux, sauf quelques cas exceptionnels oii on laisse un long bois, comme en A

Fjg. 106. — Cep de TAunis après la taille.

(iîgr.l07).Il résult3 de cette taille que les bourgeons rampent sur le sol, s'opposent aux cultures d'été et mettent les grappes en contact avec la terre, qui les fait pourrir. 3® Vignes, à grand développement. — Les grandes di-

Fig. 407. — Cep de TA unis avant la taille.

mensions données à la charpente des ceps conviennent surtout aux vignes vigoureuses et aux régions chaudes

du climat de la vigne. Nous conseillons, dans ce cas, remploi des formes suivantes :

La forme qui nous paraît la plus simple et dont les résultats seront surtout les meilleurs est certainement celle indiquée plus haut (fig. 99) pour les vignes à développement moyen. — Toutefois, comme il s'agit de cépages plus vigoureux, les ceps seront placés à plus grande distance sur le rang ; puis le cordon sera allongé de façon à lui faire porter trois ou quatre longs bois, selon la vigueur habituelle du cépage. — Mais pendant la formation de ces ceps, on ne devra constituer à la fois qu'un seul long bois, afin que chacun d'eux étant séparé des autres par une taille pratiquée sur le sarment qui a formé le cordon, la sève se distribue plus également entre chacun de ces longs bois.

Lorsque la vigne présentera une vigueur exceptionnelle, ou encore qu'il s'agira de cultures en lignes isolées, séparées par des surfaces consacrées à d'autres récoltes, comme les joualles du Bordelais, nous conseillons vivement l'emploi du procédé suivant, que nous avons vu donner d'excellents résultats en Savoie. — Nous donnons à cette disposition le nom de hautins sur treillage.

Ces sortes de hautins sont établis en Savoie avec plus ou moins de soin. Nous allons choisir pour notre description ceux que nous avons vus exécutés avec le plus de perfection chez M. Sylvos, àSaint-Joire, l'un des propriétaires agriculteurs les plus distingués des environs de Chambéry.

Les lignes de hautins sont placées à 7 mètres d'intervalle, si on peut les diriger du sud au nord, et à 14 mètres lorsqu'elles vont du levant au couchant.

On enfonce sur la hgne, tous les 2"»o0, une série de poteaux en bois de châtaignier de 0™10 carré et de 2"'10 de longueur [fig, 108). Ces poteaux sont enterrés sur une longueur de 0«»50 ; ils supportent trois lignes de fils

de fer n° 19. La ligne inférieure est placée à 0""80 au-dessus du sol et les deux autres sont à 0"*40 Tune au-dessus de l'autre. Les poteaux de chaque extrémité de la ligne

ij :

'Fig. 108. — Support des hautins sur treillage.

sont traversés par les fils de fer qui vont ensuite se fixer sur une pierre enterrée comme le montre Ja figure 108. Les poteaux intermédiaires supportent les fils de fer sur des pointes à crochet.

On réserve de chaque côté de la ligne de poteaux une bande de terre large de 0n*65, pour la culture et les soins que réclament les hautins pendant leur végétation.

La plantation de la vigne est faite comme nous l'avons expliqué pour les supports en bois vivant (page 110), et de façon à ce que chaque poteau soit pourvu d'un cep. Chacun de ces ceps se compose d'une tige verticale qui s'élève jusqu'à la hauteur du fil de fer du miheu. . Là cette tige est couchée horizontalement sur le fil de fer, et s'allonge jusqu'au poteau suivant. Elle porte tous les O^Sô un sarment fructifère auquel on conserve une longueur de 0™80 et qu'on djrige vers le sol dans une position verticale en les attachant sur le fil de fer inférieur. La figure 109 montre un de ces ceps immédiatement après

Fig. 109. — Cep en haulin sur treillage.

la taille et isolé de son support. Le cordon horizontal ne doit ôlre allongé chaque année, pendant sa formation, que

de la quantité nécessaire pour n'obtenir chaque fois que deux sai'ments fructifères. Il en résultera qoe la sève arrêtée de place en place par ces tailles distribuera plus régulièrement son action entre tous les sarments fructifères du cordon.

Pendant l'été chacun des longs sarments fructifères se couvre de bourgeons. Aussitôt que ceux-ci ont atteint une longueur telle qu'on distingue les jeunes grappes, on procède à l'ébourgeonnement. On conserve alors les deux bourgeons A [fig. 110) destinés à fournir un nouveau sarment fructifère Tannée suivante. Un seul bourgeon serait suffisant, mais on en conserve deux pour mieux assurer le remplacement. On garde en outre tous les autres bourgeons pourvus de grappes. Le bourgeon B qui en est privé est supprimé. Tous les bourgeons fructifères sont soumis au pincement avant l'épanouissement des fleurs. On les coupe immédiatement au-dessus du nœud qui vient après la dernière grappe, puis on attache les bourgeons de remplacement A sur le fil de fer G. A la suite du pincement pratiqué sur les bourgeons fructifères, on voit naître bientôt des bourgeons anticipés qui sont rognés à environ 0"'06 au-dessus de leur base dès qu'ils arrivent à une longueur d'environ 0™20. Il sera presque toujours nécessaire de répéter ce rognage une secouvle fois. Enfin, lorsque les raisins commencent à se colorer on supprime quelques feuilles pour placer les grappes sous l'action dii*ecte des rayons solaires.

Au moment de la taille d'hiver suivante, chacun des sarments fructifères primitifs est constitué comme Tin-

Fig. iio. — Sarment fiuctifère d'une vigne en hautin sur treillage avant l'ébourgeonnemcnt.

Fig.m.— Sarment fructifère d'une vigne en tiautin, sur treillage, à la taille de l'hiver suivant.

dique la figure 111. Alors on choisit le nouveau sarment fructifère A le plus rapproché du cordon, puis on coupe l'ancien en B, et le sarment A taillé en D, sur une longueur de 0"*80, est abaissé dans une direction verticale et attaché sur le fil de fer G. La même opération est répétée chaque année.

Le produit maximum est obtenu vers la neuvième année après la plantation et ce produit est des plus abondants ; mais, par suite de l'élévation des raisins au-dessus du sol, il laisse à désirer pour la qualité. Dans des régions plus chaudes il n'en serait pas ainsi. Ces supports coûtent à M. Sylvos 47 francs par an y compris l'intérêt

et ramortîssement, pour une ligne de 100 mètres de longueur.

Dans la région méridionale, le Languedoc, la Pro-

vence, etc., les ceps sont tous soumis, d'une façon plus ou moins complète, à la forme indiquée par la figure 112 et que nous appelons taille en coupe.

Les ceps soumis à ce mode de taille sont privés de support. Ils se composent d'une tige haute d'environ O^âO, dans les sols un peu humides, et seulement de 0"10 à 0"15 dans les terrains secs.

Cette tige se divise à son sommet en 4 ou 6 bras ou cornes, selon la vigueur des ceps ou la fertilité du sol. Ces bras

rayonnent le plus I*é- Flg.4i3.— CepdelafigureH2aprèslatailIe.

gulièrement possible autour de cette tige en s'en éloignant obliquement. Après la taille (%.113), chacun d'eux est terminé par un sarment coupé au-dessus do trois bou-

Fig. 1 U. — Jeune cep âgé d'un an. Fig. 4i5. — Jeune cep âgé de deux ans.

tons y compris celui du talon. Cette taille est faite de façon à maintenir ces bras le plus court possible et à établir

entre eux un degré de vigueur égal. On procède de la manière suivante à la formation de ces ceps :

Nous avons conduit la plantation du vignoble jusqu'à la fm du premier été qui suit cette plantation. Après la chute des feuilles, chacun des jeunes ceps est constitué comme l'indique la figure 114. G est alors que commence la taille de formation.

Les jeunes vignes présentant, au moment de la taille, le développement indiqué par la figure 114, on conserve seulement le plus beau sarment A et on le taille en B pour garder deux boutons. L'année suivante, les deux plus beaux sarments obtenus (%. 115)aont aussi taillés à deux

Fig. iie. — JeuDO cep ftgé de trois ans.

boutons en A ; on a donc à la fin de la végétation suivante quatre sarments principaux (/zgr. 116) destinés à former quatre bras ou cornes. Pour les variétés qui ne présentent pas une grande vigueur, on s'en tient à ce nombre de bras et chacun des quatre sarments choisis est coupé en A de façon à lui conserver une longueur d'environ O^SO. Cette taille donne, pour l'année suivante, le résultat que montre la figure 117. On ne conserve sur chaque corne que le sarment A le plus beau et on le taille enB, au-dessus du second bouton. Le même mode d'opérer est ensuite répété chaque année. Pour les cépages

les plus vigoureux, on fait bifurquer deux des quatre

Fig. < 17. —Jeune cep âgé de quatre ans.

sarments primitivement choisis A {ûff. 118), afin de porter à six le nombre des bras. Le sarment fructifère

Fig 118. — Jeune cep âgé de cinq ans.

réservé chaque année à Textrémité de chaque corne, est toujours taillé très-court, au-dessus de deux à trois boutons. Toutefois ces cornes ou bras s'allongent un peu chaque année. Lorsqu'elles commencent à dépasser les limites convenables, on profite de la présence d'un sarment A (Hg, 112) développé sur le vieux bois pour raccourcir les bras. On coupe alors enB, et le sarment A est taillé comme sarment fructifère. — On procède de la même façon pour raccourcir Tun des bras devenu plus vigoureux que les autres et qui menace de rompre l'équilibre de végétation qu'on doit maintenir entre eux.

Ce mode de culture du vignoble présente deux avan-

tages incontestables : On évite la dépense à laquelle donnent lieu les supports ainsi que les opérations de liage des ceps, d'ébourgeonnement, de pincement, de rognage des bourgeons. On diminue donc ainsi assez notablement les frais de culture. Mais ce mode d'opérer présente aussi de graves inconvénients : La culture du sol avec la charrue est rendue difficile par suite de la saillie des cornes des ceps en dehors des lignes. Cela oblige à laisser sur chaque rang de ceps une bande de terre d'environ 0"60 de largeur, qu'il faudra cultiver à bras d'homme; d'un autre côté, la culture du sol pendant la végétation ne se fait que d'une manière imparfaite, empêchée qu'elle est par les nombreux bourgeons qui, privés de support, s'étendent bientôt dans l'intervalle des lignes ; comme néanmoins on applique quelques façons à la terre au commencement de l'été, ce travail ne peut se faire sans détacher des ceps un certain nombre de bourgeons ; ceux-ci étant abandonnés à eux-mêmes, les vents violents en enlèvent aussi une notable quantité ; les opérations du soufrage, indispensables dans ces régions, sont plus coûteuses qu'ailleurs, par suite de la difficulté qu'éprouvent les ouvriers au milieu de cette confusion de bourgeons; enfin les raisins, ombragés et souvent en contact avec le sol, ne reçoivent qu'une action insuffisante du soleil et pourrissent souvent lorsque l'automne est un peu humide.

Malgré ces imperfections, les vignobles ainsi conduits donnent de très-beaux bénéfices, el c'est ce résultat final qui engage les viticulteurs de cette région à ne pas modifier leurs procédés. Il nous semble cependant qu'une méthode de culture ne peut pas être considérée comme parfaite lorsqu'on peut, en l'améliorant, la rendre encore plus lucrative. Or, nous sommes convaincu qu'on ferait disparaître les inconvénients que nous venons de signalep, en emplQy^rit poup ces vjgngs )e nîQde dp suppqpt

et de taille en cordon à long bois indiqués par la figure 99, page 140. D'une part, on améliorerait la qualité du produit en plaçant les raisins sous Faction plus directe du soleil, et de Tautre, on augmenterait le produit, soit en rapprochant davantage les lignes de cep et en augmentant ainsi leur nombre pour la même surface, soit en utilisant mieux la sève abondante de ces cépages au moyen de la taille à long bois.

On peut objecter,*il est vrai, que cette augmentation de qualité et de quantité ne compensera pas les frais résultant des supports dont nous venons de parler.

Or, pour une surface d'un hectare offrant la forme d'un carré de 100 mètres de côté, en rapprochant les lignes à 1"»25 au lieu de 1"»50, intervalle ordinairement adopté dans cette région, on aura 80 lignes au lieu de 66. Chaque ligne de support, de 100 mètres de longueur, organisée comme nous l'indiquons à la page 125, coûte 9 fr. 50 qui, multipliés par 80, donnent 760 francs par hectare et par an, y compris l'intérêt et l'amortissement. — L'augmentation de quantité et de qualité résultant de l'application de la méthode que nous recommandons, ainsi que la diminution de la surface à cultiver à bras d'homme, ne couvriront peut-être pas cet accroissement de dépense.

Mais, dans tous les cas, si les bénéfices résultant de cette modification n'étaientpas très-sensibles pour les vins communs de cette région, ils le seraient très-certainement pour les vignobles auxquels on demande des vins de qua- Hté supérieure, tels que ceux de Lunel, de Frontignan, de Saint-Georges (Hérault), de Langlade (Gard), de Rivesalte, d'Alicante, de Collioure, dans les Pyrénées- Orientales, etc.

Donnons, comme nous l'avons fait pour les groupes précédents, quelques autres exemples des formes usitées ppur les yignei? à gr^rjd déyiBloppemppt : — ]>fQus rappp-r

Ions d'abord celles employées en Savoie et dans Tlsère, et que nous avons indiquées aux pages 108 et 112. Nous avons constaté les inconvénients que présentent ces dispositions. Nous y ajoutons les formes suivantes :

Dans le département du Jura, la plantation du vignoble est d*abord faites en lignes dans la proportion d'environ 9,600 ceps à Thectare. Mais ce nombre est bientôt modifié par la vigueur plus ou moins grande de chacun d'eux.

En effet, cette quantité diminue en raison du développement plus considérable de la souche. En outre la plantation en ligne disparaît bientôt, par suite des provignages successifs. De sorte qu'après sept ou huit ans on a une plantation confuse.

Les ceps sont soumis à la taille à long bois, et ce long sarment fructifère, connu dans cette région sous le nom de courgéSy est soumis à une arqûre très-prononcée. La figure 119 montre un cep avant la taille et pourvu de trois

Fig. H9. — Cep adulte du Jura avant la taille.

courgées. Le nombre de ses sarments fructifères varie suivant le degré de vigueur des ceps. Il y en a le plus souvent de un à Irois ; mais parfois le même cep en

porte plus de vingt, ainsi que nous l'avons observé dans quelques vignobles de Salins.

Voici maintenant le mode de taille appliqué à ces ceps. Chacune des courgées de l'année précédente A {fîg. 119) est coupée immédiatement au-dessus du point d'attache du sarment vigoureux B le plus rapproché de la base. Ces sarments sont coupés en B sur une longueur d'environ 0"^50, puis arqués à la place de ceux de Tannée précédente. Au moment de la fleur on procède à un ébourgeonnement qui porte sur les bourgeons des courgées dépourvus de grappes et sur ceux qui naissent sur le vieux bois. En même temps on rogne au-dessus de la grappe les deux bourgeofis les plus rapprochés de l'extrémité des courgées. Les autres bourgeons poussent hbrement ; on ne les attache pas; on se contenle de rogner l'extrémité des plus longs vers la fin de septembre pour faciUter la vendange. Les soins que nous venons de décrire sont répétés chaque année. Toutefois, lorsque les bras du cep qui supportent chaque année la courgée à leur extrémité dépassent une certaine longueur, on les raccourcit au-dessus du point d'attache d'un courson G réservé pour cette destination, et que l'on a taillé chaque année à deux ou trois boutons.

Notre figure montre que les ceps sont pourvu d'échalas, mais ceux-ci sont uniquement destinés à supporter les bras du cep et à servir de point d'attache pour arquer les courgées. Aussi ces échalas ne dépassent pas l^'SO de longueur. On ne les dépique que pour les remplacer, lorsque la base est pourrie. Chaque cep reçoit un nombre d'échalas égal à celui des courgées qu'il porte. — Les échalas sont en sapin ou en bois blanc.

Le peu que nous venons de dire de cette culture suffit pour faire comprendre combien elle est vicieuse. Les ceps sont distribués confusément ; par conséquent, pas de culture à la charrue. Les échalas sont renouvelés sans

138 CULTURE DU VIGNOBLK.

cesse ; les raisins sont soustraits par la masse des bourgeons à Taction des rayons solaires. Aussi nous ne pouvons conseiller d'imiter ce mode de culture.

Dans le département de Loir-et-Cher, on trouve des exemples de vignes à grand développement traitées d'une

Fig. 120. — Vignes en chaintre.

singulière façon. Ainsi, à quelques kilomètres de Montrichard, nous avons vu des vignobles dont les ceps présentent la disposition de celui indiqué par la figure 120 dont nous avons fait le croquis sur place. Le cep représenté par cette figure est vu après la taille. Il présente dans son ensemble une longueur de 4"»50 sur l'^ôO de largeur. Ces ceps, comme on le voit, sont soumis à la taille à très-long bois. Ces longs sarments fructifères sont remplacés chaque année au moyen des nouveaux sarments choisis le plus près possible de la base de ceux de Tannée précédente. On voit aussi qu'ils sont dépourvus de toute espèce de support, ou plutôt que le sol leur en tient lieu.

Entre chacune des lignes de ces ceps, on réserve une bande de terre d'environ 2 mètres de largeur sur laquelle pi> éter^d Jes ceps au moment oii Ton donne 4 la suffqce

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