AZOTE. POTASSE
64S30 de vin contenant » i 0,35 )
i6M«de maFC sec... «,30 5^'^^ 0,2» 1 '^^
187'', de sarment sec 0,50 J ^ 0,17 i
123S52 de feuilles sèches 2,34 \ ^'** 0,48 ) °'^^
Cette analyse montre que l'azote joue un rôle peu important dans la fructification de la vigne, puisque 100 kilogrammes de raisin n'en contiennent que 0,30. On le trouve au contraire en assez grande quantité dans les sarments et surtout dans les feuilles. Pour les sels de potasse, c'est le contraire : ils sont beaucoup plus abondants dans le raisin que dans les sarments et les feuilles. Il faut
donc en conclure que les engrais très-azotés favorisercHit le développement du bois et que les sels de potasse contribueront puissamment à la fructification.
Recherchons quels sont les engrais qui satisfont le mieux* à Tune ou à Tautre de ces deux conditions. i
1® Engrais très-azotés. — Fumiers de fernw bien pvépai'és, — Cet engrais est certainement Tun des meâ* leurs, car il introduit dans le sol, non-seulement l'azote, mais encore une partie notable de matières sahnes nécesr saires au développement et à la fructification de la vigoe. Toutefois cet engrais a Tinconvénient d'agir avec trop d'intensité et d'introduire dans le moût une trop grande quantité de mucilage et d'acides libres qui nuisent â la qualité du vin des grands crus. On lui reproche aussi d'avoir un effet trop peu prolongé. Et cependant, si Ton en excepte quelques vignobles renommés de la Bourgo* gne, c'est encore l'engrais le plus employé partout «ô Ton peut s'en procurer. Mais aussi on éprouve souvent^ cet égard de grandes difficultés ; car le vignoble laissé fort peu de chose pour la nourriture du bétail. Il fau<&àit qu'il fût possible d'assopier au vignoble une étendue sufi fisante de prairies naturelles ou de prairies artificielles de longue durée. C'est ainsi que cette culture est organisée dans une partie notable du Beaujolais. — On consacre à h production du fumier une étendue de prés naturels égalé à la surface du vignoble. Ce sont des vaches qui consom* ment le produit de ces prés. Les fumiers qu'elles donnent, leur travail el leur lait suffisent pour payer leuf nourriture et la paille qu'on achète pour la litière. Dans les vignobles du Médoc les animaux de trait qui font \t travail de la vigne donnenf les engrais. Mais presque partout on achète les fourrages destinés à les nourrir. Le^ landes qui'avoisinent ces vignobles fournissent la litière. La gadouey les dépôts de voirie, — Ces matières ont, plus encore que le fumier de ferme, l'inconvénient d'agir
EliGRAIS ET AMENDEMENTS. 189
défavorablement sur la qualité du vin. Aussi devra-t-on s'^abstenir de leur emploi dans les vignobles où l'on tiendra plus à la qualité du produit qu*à la quantité. • . Le& os coDcassés, les débris de corne j les déchets de laine. — Ces engrais sont aussi très-riches en azote, et ils ont, sur le fumier, l'avantage que voici : Ils se décomposent beaucoup plus lentement ; leur action, beaucoup moins iOLStantanée, a bien plus de durée. Ils abandonnent peu à pou aux racines de la vigne les éléments qu'ils contiennent. ii^ir âotion se prolonge pendant cinq à huit ans. Les (^biffons de laine sont maintenant très-employés dans le ^nguedoc. Leur usage commence aussi à se propager fians le SudKOuest. Nous les employons nous-mêmes et nous en obtenons de très-bons résultats. : ; . Tourteaux de graines oléagineuses. — Ces engrais sont B^tcellents et commencent à être très-employés dans les i^4g^pble& de l'Hérault. Mais ils présentent l'inconvénient de- se décomposer très-rapidement et de ne produire d'efi0^ que pendant deux années au plus. On préfère les tourteaux de colza, dont l'application passe pour détruire dans te sol les larves de certains insectes nuisibles, notamment i?elle du gribouri.
Les varechs. — Ces algues marines sont employées l»unme engrais dans quelques vignobles des bords de 1,'iOcéan, notamment dans TAunis. Quoique moins riches que le fumier, ces matières ont un effet assez prononcé, mais de très-courte durée. Elles déterminent d'ailleurs dans le vin une saveur désagréable.
^ Les composts. — Les terreaux. — Ces engrais se composent le plus souvent de couches stratifiées de fumier et de terre. Après quelques mois de cette prépai*ation, ces pomposts sont parfaitement mélangés, puis on les laisse encore en repos pendant un ou deux mois, enfin on les mélange de nouveau, puis on les emploie. Si le vignoble |ïst assis sur un terrain sec et brûlant, on tâche d'em-
ployer pour les composts des terres argilo-siliceuseR, ou bien des terres calcaires si le sol est argileux. — On ajoute souvent à ces composts des feuilles, des herbes, des gazons, etc. — Cette sorte d'engrais, moins riche que. les ftimiers, est préférable à ces derniers pour les vignobles des grands crus. 11 altère moins la qualité du vin. Il est fréquemment employé en Champagne.
Les vases des rivières, des étangs, de mer. — Ces dépôts sont souvent très-riches en matières organiques en dé* composition, mais cet engrais est doué de propriétés acides qui ne peuvent disparaître que par son exposition à Tair en une couche assez mince à la surface du sol, pendant une année. On pourra l'employer plutôt en y ibélangeant, deux mois à l'avance, une certaine quantité de cendres de chaux. Nous exceptons toutefois les vases de mer, qui peuvent être employées immédiatement.
Végétaux herbacés, — Lorsque Ton ne pourra pas se procurer Tun des engrais précédents, on a conseillé d'y suppléer au moyen du semis de plantes herbacées sur le sol même qui nourrit la vigne. Ces plantes sont enterrées par un labour au moment où elles vont fleurir. Mais il faut pour cela que les vignes soient cultivées en Hgnes. Dans le Midi et le Sud-Ouest, on emploiera pour cela le lupin blanc, dans les sols légers ; la féverolle d'hiver, dans les terrains argileux. Dans le centre et le nord de la région viticole, on pourra avoir recours à la vesce dt hiver et au seigle. Cet ensemencement sera pratiqué aussitôt après le premier labour d'hiver. Nous pensons toutefois que la présence de ces plantes sera souvent un obstacle à l'application en temps utile des diverses opérations que réclame le vignoble.
Dans quelques vignobles des bords du Rhône, on enterre ainsi à l'état frais certaines plantes qui croissent en abondance dans les lieux humides, telles que roseaux, typhas, joncs, carex, etc. Ces divers engrais, verts sont
ENGRAIS ET AMENDEMENTS. i91
certainement moins riches que le fumier, mais ils ont su lui l'avantage d'être beaucoup moins coûteux.
2** Engrais riches en potasse. — En général, ces matières, qui favorisent particulièrement la fertilité des ceps, ne dispensent pas de remploi des engrais azotés. Autrement, les ceps, bientôt épuisés, ne développeraient plus que des sarments maigres et chétifs.
Les marcs de raisins. — Cette matière, assez riche en sels de potasse, ainsi que le montre l'analyse précédente, est d'un usage fréquent dans certains vignobles et y donne de bons résultats.
Les cendres de bois. — Ces cendres lessivées, et surtout non lessivées, produis^ent d'excellents effets ainsi que le prouvent certains crus de Volnay et de Pomard. — On peut se procurer une grande quantité de ces cendres dans les localités voisines des landes, des garrigues et terres incultes, en enlevant les gazons de la surface du sol et en les brûlant sur place. — On a découvert depuis peu au centre même de la ville de Lons-le-Saulnier et aux environs de Poligny d'immenses dépôts de cendres résultant de l'exploitation des salines par les Romains. — Ces cendres seront une véritable richesse pour les vignobles du Jura.
Végétaux ligneux. — Tous les arbrisseaux, et surtout c^ux qui conservent leurs feuilles, peuvent aussi être employés pour la fumure des vignes, après que leurs jeunes tiges ont été froissées par les pieds des chevaux ou les roues des voitures. Tels sont les cistes, les bruyères, les ajoncs, le buis, les tentures de haies, le genévrier, les jeunes pins et surtout les sarments préalablement hachés. — Ces arbrisseaux contiennent aussi beaucoup de potasse. Quantité d^eni^raie à employer. — Il est trèsdifficile de préciser la quantité de fumure qu'il convient d'appliquer au vignoble. Cela dépend d'abord du degré de vigueur que l'on veut impripier wx ceps. — Sj l'çp tient
avant tout à la quantité du produit, il est évident qu^il faudra fumer beaucoup plus que si l'on recherche exclusivement la qualité.'
La composition élémentaire du sol, son degré habituel d'humidité, le climat sous lequel on opère et enfin surtoul la richesseuîes matières employées, sont autant de circonstances qui influent sur l'action des engi*ais et sur la quantité qu'il convient d*appliquer. Nous ne pouvons donc, à cet égard , que fournir des indications générales , que nous réunissons dans le tableau suivant :
NOM
NATIRE DBS EIC6KAIS
QUAK-
PlIX