CHAPITRE L
Pommier.
Hintoire. — Le pommier commun (Malus communis.
Lin., fig, 216) a une importance presque aussi grande que celle de la vigne; un grand nombre de nos départements trouvent dans ses abondantes récoltes des produits Fig. 216. - Pommier commun. alimentaires bien
précieux, tant pour la table que pour le cidre que l'on en extrait. 11 donne aussi un bois très-recherché, soit pour
29i CULTURE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.
le chauffage, soit pour la gravure en relief, la menuiserie et rébénisterie.
On peut affirmer, d'après les divers auteurs qui se sont occupés de ces recherches, que les diverses sortes de pommes que nous cultivons aujourd'hui pour le cidre ou pour la table ont toutes pour type le pommier commun qui a existé de tout temps à Tétat sauvage dans les parties tempérées de TAsie et deTEurope.
Les Romains, d'après Columelle, connaissaient parfaiment cette boisson, sous le nom de vin de pommes. Les Gaulois paraissent avait fait du cidre dès les temps les plus reculés ; mais ils employèrent d'abord les fruits des pommiers sauvages. La culture de ces arbres en France remonte au moins au v* siècle, puisque la loi saHque parle des plants de pommiers. D'après Fortunat de Poitiers, le jus fermenté de la pomme apparaissait sur la table d'une reine de France, sainte Radegonde, dès 587. Dans les domaines de Charlemagne, au vu® siècle, on fabriquait du cidre.
Quelques auteurs pensent que les pommiers à cidre ont été introduits en Normandie par les marins de Dieppe, Ronfleur, etc., et qu'ils prirent cet arbre en Biscaye où ils entretenaient de nombreuses relations vers 1500. 11 est probable qu'ils introduisirent chez nous quelques bonnes variétés de cet arbre. Mais ce qui précède démontre que la fabrication du cidre existait en France longtemps avant cette époque.
Cette liqueur a dû être d'un usage presque général dans les Gaules, jusqu'au moment où la culture de la vigne, introduite par les Romains, est venue fournir une boisson plus agréable. Mais, dès que le déboisement successif du sol priva les vignobles de leur abri contre la rigueur du climat, la vigne disparut progressivement des parties les plus froides du territoire et y fut remplacée de nouveau par les arbres à fruits à cidre.
--^ . Les teintes les plus foncées indiqu-entlwDçparri