ROM
le plus conna.
CAIITOH
où chaque nom est conna.
CamiÀre.
Gros-Marin-
Aufiay, Jcan-Hiiré.
De cbé.
De cendres
Double - blonde.
Sapin .
Bonne-
ohanibriène.
Adam.
De bouteille.
De Martremble.
De Fiinsse.
D*Uormilcent.
y Peiit-grisé.
Pied-Bol.
Musette.
Romril
|Gro8-doux-tardir
Reboîs.
Marin-Anfrny.
Barbarie.
De chair
Verte-douce
Trés-doujt'blanc .
Muscadet .
Bayenx (Calvados)
Merdrignae {Côifs-du-Nord).
Homoy (Somme)
St-Pierre-8-Div» s {Caliadox).
Moncontoar [Côtes-du-Nord) Bégard {Côtes-dtt-Nord) ,,,
Bellesme (Orne)
Ham (Somme)
Yvetot (Seine-Inférieure). .
Bayeux (Calvados)
Dozullé (Calvados)
Maig uan -frais .
Hoquet-blanc
Cany (Seine-Inférieure).
nilers-Bucage (Somme).,
Daretie
Dunt-à-la-tro. ke. .
Galrin.
Tnrd-'^euri. | .
Marin-Honfroy, Mari e-ll an fray , Marie-
Âttfray
J'Argueil
\Hamelet ^ dameret y ) omelette
IRoquel D'Orgueil Barhari De grandes feuilles . .
\Merdoux^ Amer-doux- \ rouge
Lisienx (Calvados)
Routot (Bure)
Goderrille (Seine-Inférieure)
Bellesme (Orne)
Mortagne (Orne) * . . . .
Bayeux (Calvados)
Vimoutiers (Calvados)
Bayeux (Calvados)
Venoix (Calvados)
Cancale (Ille-et- Vilaine . . .
Jersey (Angleterre)
Falaise (Calvados)
Falaise (Calvados)
Dozullé {Calvados) .
|Darnetal (Seine-Inférieure).
Bolbec (Seine-Inférii tre) . . .
Neuf bourg (Eure)
Nivillers (O(se)
Pont-de-l'Arcbe (^tt/*)
Les Pieux (Manche)
Gran?ill8 (Manche)
(Saint Brice (I Ile-et-Vilaine..
Troisième sroupe. — Fruits acides.
Glane- d'oignon,
Surette.
De Germaine.
Douce- morel le i rouge.
Verte-belle.
Quénin, Rodon.
Moulin-à-vent.
Méru (Oise)
Offranville (Seine-Inférieure)
Bernaville (Somme)
Forges-les-Eaux (Seinelnf. ) .
Gîsors (Eure)
Livarot (Calvados)
Allairc (Morbihan)
La Chèze (Côtes-du-Nord) . .
ROBMB
de la léte.
des arbres.
Ronde.
Id.
Id.
Pyramidale.
Id.
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Ronde.
Pyramidale.
Id.
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Id.
Id.
Id.
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Ronde.
Id.
Ronde.
Id.
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Id.
Pyramidale.
Ronde.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Pyramidale.
Ronde.
Id.
On comprend que, toutes choses égales d'ailleurs, les diverses variétés de pommes sont loin de donner des cidres de même qualité. D'après les recherches de M. L. Hauchecome, pharmacien à Yvetot (Seine -Inférieure), l'analyse des pommes de chacune des trois époques de malurité donne les résultats suivants :
Les jus de pommes pèsent à l'aréomètre :
Celles de i^^ saison 5° et donnent e à 6.35 p. 0/0 d'alcool.
— 26—76 — gà9 — —
De plus la proportion d'acide malique libre va en décroissant pour les fruits de !'•, 2* et 3* saison ; la qualité des cidres est^ donc proportionnelle à la densité des jus, à leur richesse en alcool, et en raison inverse de la quantité d'acide malique libre que renferment les fruits et qui donne aux cidres leur saveur acide.
Il faudrait donc conclure de ce qui précède qu'on devrait cultiver seulement les variétés de troisième saison. On devra néanmoins se garder de donner exclusivement la préférence à cette série, parce qu ioutesces variétés fleurissant, pour la plupart, au même moment, il pourrait arriver, si le temps n'est pas favorable à cette floraison, qu'on se trouvât complètement privé de fruits. On sera moins exposé à cet accident en partageant également la place entre les trois séries. A la vérité, on aura rarement une récolte complète, mais l'abondance est souvent plus embaiTassanteque profitable pour le cultivateur, qui manque alors de fûts pour placer la totalité de ses produits.
D'un autre côté, lorsque arrive la fin de l'année , soit que la provision de cidre soit épuisée, soit que l'on ait besoin de mélanger du cidre doux avec des cidres devenus trop acides, on attend avec impatience le moment où l'on pourra commencer à brasser; or ce moment se ferait trop attendre si l'on choisissait seulement les pommes de troi-
sième saison. Enlin, si Ton donnait exclusivement la préférence aux variétés de Tune ou de Tautre de ces trois séries, il pourrait se faire que, dans les grandes exploilatations, on ne pût pas brasser tout le produit au moment le plus convenable, c'est-à-dire lorsque chaque variété a atteint son degré de maturité.
Mélange des fruits des diverses variétés, — Nous devons encore présenter l'observation suivante à l'égard du choix des variétés. S'il est vrai qu'il existe quelques variétés de pommiers dont les fruits renferment en proportion convenable les éléments nécessaires pour constituer à eux seuls un bon cidre, il n'est pas moins vrai que ce cas est très-rare et tout à fait exceptionne^l. Aussi serat-il, presque toujours indispensable de cultiver des variétés appartenant au groupe des fruits amers, des fruits doux et des fruits acides, afin de pouvoir mélanger ces diverses sortes de pommes dans les proportions voulues pour obtenir le meilleur résultat. — Or, l'expérience a démontré que la meilleure proportion est la suivante : 5/10 de pommesamères, 4/10 de pommés douces, 1/10 de pommes acides.
Pépinière pour les pommiers » eidre* — Les pépinières sont aussi indispensables pour les arbres à fruits à cidre que pour la plupart des plantes ligneuses destinées à être cultivées sur des surfaces auxquelles on demande d'autres récoltes. — Dans la pépinière, les jeunes plants trouvent un sol mieux préparé et d'une nature en rapport avec leur jeune âge. On pourra ainsi placer les graines dans les conditions les plus favorables à leur développement et entourer les jeunes sujets de ces soins minutieux qu'exige toujours l'enfance des êtres organisés. Ce n'est qu'au moment où les jeunes arbres ont acquis assez de force et de rusticité pour s'accommoder du sol, le plus souvent de moins bonne qualité, qu'on leur destine, qu'on les plante à demeure.
Choix d'un emplacement. — La pépinière doit être abritée des grands vents et surtout des vents froids et desséchants du nord et du nord-ouest, qui tourmentent les jeunes arbres et entravent la marche de la sève. La surface du terrain devra être plutôt horizontale qu'inclinée; elle sera ainsi moins exposée à être ravinée par les pluies violentes.
La nature du sol est une considération importante pour rétablissement d'une pépinière. Le terrain qui convient le mieux est celui qu'on connaît sous le nom de silicéo-argileux ou terre franche. Les terres plus argileuses sont trop peu perméables à Tair et réclament de nombreux labours et binages que la dureté de ces terrains rend trèscoûteux. En outre, peu perméables à Teauetà la chaleur, elles deviennent boueuses sous Tinfluence de l'humidité , et la végétation y est très-tardive. Enfin, les arbres y développant moins de racines que dans les autres terrains, le succès de leur transplatation est moins assufé.
Les terres très-légères, les terres siliceuses proprement dites, offrent des inconvénients contraires. Exposées à la sécheresse, elles nécessitent de fréquents binages et même des arrosements ; encore les jeunes arbres y sont-ils peu vigoureux.
Toutefois, si les arbres de la pépinière à créer étaient tous destinés à la plantation d'un terrain d'une nature uniforme, il faudrait choisir un sol à peu près identique à celui oii les arbres doivent être plantés à demeure, et plutôt un peu moins fertile. La légère différence de fertilité en plus, au profit du terrain oii l'on se proposerait de planter, compenserait la souffrance qu'éprouvent toujours les arbres lors de la transplantation. Règle générale : plus le sol de la pépinière se rapprochera, par sa composition élémentaire, de celui'que l'on aura à planter, plus le succès de l'opération sera assuré, à moins que ce dernier
310 Culture des arbres a fruits a gidrg.
ne soit de médiocre qualité, ce qui donnerait lieu, pour la pépinière, aune végétation trop chétive.
Outre la composition élémentaire du sol, on doit encore étudier sa richesse en engrais. Aux yeux du pépiniériste, cette richesse n*est jamais trop grande : plus les arbres végètent avec vigueur, mieux et plus tôtil en trouve le débit; mais les propriétaires éprouvent souvent du désavantage à acheter des arbres qui, ayant pris un développement proportionné à la nourriture abondante qui leur était fournie, ne trouvent plus lorsqu'ils viennent à changer de positron, surtout après une transplantation qui diminue le nombre et Taction vitale des racines, des aliments suffisants. Le sol où ils sont transplantés étant moins riche que le précédent en principes nutritifs, leurs racines ne sont plus assez nombreuses pour couvrir un espace convenable et y puiser une quantité suffisante de nourriture pour alimenter la tige.
11 est donc désh'able que le sol d'une pépinière soit d'une fertihté moyenne. Les jeunes arbres qui en sortiront seront- moins exposés à rencontrer une différence funeste entre la richesse du terrain où ils ont été élevés et celle du sol où on les plante à demeure.
11 est une autre considération à laquelle on doit encore s'arrêter dans le choix d'un emplacement, c'est la profondeur du sol arable. Plus la couche de terre végétale est épaisse, mieux les jeunes arbres s'y développent. Dans tous les cas, elle ne doit pas avoir moins de b^Qi. 11 faudra surtout faire en sorte que le sous-sol ne se compose pas d'une couche imperméable à l'eau; car, dans ce cas, il en résultera une surabondance d'humidité nuisible à la végétation de la plupart des espèces. Si cet inconvénient se présentait, il faudrait avoir recours à un bon mode de drainage pour assainir cette couche.
Clôtures. — Il est nécessaire de clore la pépinière pour la préserver des bestiaux et aussi des hèvrcs et
POMMIEH. 311
des lapins qui, pendant Thiver, peuvent y faire de grands ravages en rongeant Técorce des jeunes pommiers.
Les murs sont trop coûteux. Les haies vives sont une clôture insuffisante contre les rongeurs dont nous venons de parler ; puis il faut les attendre trop longtemps. Ce qu'il y a de moins coûteux et de plus efficace, ce sont les treillages analogues à ceux qu'emploient les chemins de fer.
Distribution du terrain, — Si la pépinière est vaste, il sera utile d'y établir des chemins assez spacieux pour pouvoir y pénétrer avec une voiture et économiser ainsi la main-d'œuvre. Un chemin de 1*"50 de largeur sera également réservé sur le périmètre afin de pouvoir y circuler librement. La surface sera ensuite partagée en uu nombre de carrés égal à celui des années pendant lesquelles les plans doivent séjourner dans la pépinière , après Topération du repiquage. Ainsi, en admettant que les jeunes plants ne soient bons à être plantés à demeure qu'à la cinquième année de repiquage, on formera cinq carrés, qui seront meublés d'année en année; ces carrés seront séparés l'un de l'autre par un sentier de 1 mètre de largeur. On y cul tivera des récoltes de plantes herbacées en attendant que le moment soit venu de les livrer successivement au repiquage. — Enfin on réservera une surface suffisante pour liraliquer le semis des pépins. Cette surface sera partagée en trois larges plates-bandes et chacune d'elles présentera une étendue telle qu'on puisse en tirer un nombre de plants d'un tiers plus considérable qu'il n'en faut pour le repiquage d'un des carrés. Chacune de ces platesbandes ne sera ensemencée que tous les trois ans et sera consaxîrée à la production de récoltes herbacées pendant les deux autres années. En procédant ainsi on retardera beaucoup le moment où le sol sera épuisé par la reproduction continue de ces planls.
Première préparation du terrain, — La distribution du terrain ayant été tracée, on le défonce convenablement pour le rendre perméable aux racines des jeunes arbres, jusqu'au point où elles peuvent atteindre. Ce défoncement ne doit comprendre que les carrés et les platesbandes. Les chemins sont seulement vidés juqu'à la profondeur de 0"»35 environ, de manière à enlever la couche superficielle, améliorée par Tinfluence de Tair et la décomposition des plantes, et que Ton rejette à mesure sui* les carrés voisins ou sur les plates-bandes. Tous les carrés sont défoncés à la profondeur de 0™64. Toutefois, si la couche de terre inférieure était de mauvaise qualité , il vaudrait mieux faire le défonceraent moins profond que d'en ramener une partie à la surface. On rejette dans les chemins voisins une quantité de terre égale à celle qui en a été extraite; cette terre est prise successivement au fond des tranchées du défoncement. Les plates-bandes des semis sont défoncées seulement à la profondeur d'environ 0""35. Les jeunes plants séjournant au plus deux ans dans ces plates-bandes, les racines ne dépassent guère ce point, et il sera inutile de préparer le sol plus profondément. Une quantité de terre égale à celle qui a été jetée des chemins sur ces plates-bandes doit être aussi extraite du fond des tranchées pour remplacer sur les chemins celle qui en a été enlevée.
Cette opération est effectuée à la bêche ou, mieux encore, à la pioche. Les pierres, les racines traçantes des plantes vivaces, sont enlevées avec soin. Il est essentiel au succès de ce défoncement qu'il soit exécuté plusieurs mois avant Tensemencement de la pépinière , surtout avant Thiver et par un temps sec. Les terres de la couche inférieure, ramenées à la surface, recevront ainsi l'influence fertilisante de Tair et se pulvériseront sous Taction des pluies, des neiges et de la gelée.
Catalogues^ étiquettes. — Un reproche que méritent beaucoup de pépinières, surtout lorsqu'elles sont un peu étendues, c'est qu'on n'y établit pas un ordre suffisant. De là la confusion et les erreurs nombreuses qui se produisent dans la nomenclature des produits de la pépinière. Le seul moyen de prévenir cette confusion et ces erreurs regrettables est de dresser un catalogue des diverses variétés cultivées dans la pépinière. On inscrit sur ce catalogue le nom de chacune de ces variétés et ce nom est précédé d'un numéro d'ordre qui est répété sur le premier arbre de chacune des lignes appartenant à cette variété. Ces numéros pourront être en plomb et suspendus sur l'arbre au moyen d'un petit fil de fer galvanisé. 11 sera bon d'ajouter sur le catalogue, à la suite du nom de chaque vai'iété, son époque de maturité et sa saveur.
Reproduction. — Le semis des pépins du pommier donne le plus souvent des arbres beaux et vigoureux. Mais lès fruits qu'on en obtient diffèrent presque toujours parleurs quahtés de la pomme qui a fourni les pépins. Cela tient à ce que les diverses sortes de pommes que nous cultivons ne sont pas des espèces botaniques ; ce sont seulement des variétés, et celles-ci ne peuvent reproduire par leurs graines les quantités particulières qui nous les font rechercher.
Nous n'avons donc à notre disposition, pour la multiplication de ces variétés, qu'un seul moyen vraiment pratique : c'est la greffe. Mais il faut, pour que cette opération soit possible, se procurer des sujets^ sauvageons ou aigrins destinés à recevoir le greffon des variétés à multiplier. Ces sauvageons sont des pommiers obtenus au moyen du semis de pépins. Examinons donc tout d'abord cette importante opération.
Semis. — Le semis des pépins de pomme est pratiqué le plus souvent pour obtenir des sauvageons, parfois aussi pour avoir de nouvelles variétés.
3l4 OtJLTtîftE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.
Le succès des semis en général dépend surtout du choix des semences ; de leur mode de récolte, de préparation et de conservation; de l'époque des semis; de )a nature et de la préparation du sol ; du mode d'ensemencement et enfia des soins donnés aux semis pendant Tété qui préside au développement des graines.
Pour qu'une graine soit propre à germer, il faut qu'elle ait reçu une bonne conformation sur la plante mère, et surtout qu'elle ait été fécondée. Ainsi chaque graine doit offrir, bien conformée, une tunique et un embryon et être parvenue à un degré convenable de maturité. Cette maturité se reconnaît lorsque le fruit qui renferme la graine a acquis tout son développement, et qu'il se détache naturellement de l'arbre.
Ajoutons que s'il s'agit d'obtenir des sauvageons, il y aura utilité à choisir les pépins sur les variétés les plus vigoureuses. On aura ainsi plus de chance d'avoir de beaux sujets. Mais si Ton a en vue l'obtention de bonnes et nouvelles variétés, il faudra prendre les pépins de celles qui sont déjà les plus remarquables par leurs qualités ; de cette façon le résultat sera moins douteux.
Les pépins de pomme employés pour les semis sont pris dans les mai*cs, après le brassage du cidre. Pour les séparer des pulpes avec lesquelles ils sont mélangés on soumet ces marcs à des lavages à grande eau. Les pépins étant plus lourds que les pulpes, la séparation se fait assez facilement. Ces pépins sont ensuite étendus en couche mince dans un endroit sec et aéré.
On pourrait, imitant en cela la nature, confier ces pépins au sol aussitôt après la préparation que nous venons d'indiquer. Mais la nature du sol et d'autres circonstances, telles que la rigueur de l'hiver et la présence des animaux rongeurs, viennent modifier cette règle. En effet, si le sol de la pépinière est d'une nature argileuse, les graines resteront longtemps exposées , avant leur germination, à
l'influence nuisible de Thumidité surabondante que présentent ces terrains pendant Thiver et pourriront souvent. D'un autre côté, ces graines seront souvent altérées par Faction des gelées. Enfin, elles pourront être dévorées par les rongeurs. Il faudrait donc semer au printemps. Mais alors ces pépins conservés jusqu'à cette époque se dessécheront et perdront ainsi tout ou partie de leurs facultés germinatives. Pour éviter les inconvénients de cette conservation on soumet ces graines à la stratification.
Cette opération est ainsi pratiquée : lorsque les se* menées ont été récoltées et préparées avec les soins que nous avons prescrits, on les dépose sur le sol, en plein air, en les mélangeant avec du sable fin ou de la terre légère, plutôt sèche qu'humide. On en forme une sorte de monticule {iig. 217), qu'on place autant que possible surun
Fig. 217. — Graines stratifiées à la surface du sol.
terrain élevé, de telle sorte que les eaux surabondantes de l'hiver n'y séjournent pas.On recouvre le tout avec une couche de sable ou de terre légère (A) assez épaisse pour empêcher les effets de la gelée (environ 0"'40). Puis on place par-dessus une petite couche de paille longue (B) disposée de manière à éloigner l'eau des pluies. On couvre, dans le même but, le sommet de ce monticule avec un vase renversé (G). Enfin, le pied de ce cône est dé-
Fig. 218. — Graines stratifiées dans un vase enterré.
fendu des eaux qui coulent à la surface du sol par une petite rigole circulaire (D).
Ce mode de stratification peut être employé pour les grandes quantités de graines ; quand on en aura peu, on les disposera dans un vase(A%.218), qu'on .
enterrera en le surmontant d'une petite butte de terre (B) de manière à en écarter les eaux.
On a conseillé de stratifier les graines dans des caves ou dans des celliers abrités de la gelée ; mais la température y étant plus élevée qu'en plein air, la germination s'y trouve trop hâtée, et il devient nécessaire de pratiquer l'ensemencement avant les dernières gelées printanières, qui peuvent alors désorganiser complètement les graines.
Les graines sti*atifiées se conservent aussi bien que si on les eût ensemencées dès l'automne. Au printemps, aussitôt que la germination commence, on procède à la. mise en terre. Ces graines sont semées avec le sable qui les entoure.
La préparation du terrain pour les semis exige quelques soins particuliers. Outre le défoncement uniforme donné comme première préparation à toute la surface de la pépinière, les espaces destinés à être ensemencés devront recevoir un labour au moment même de Tensemencement, afin que la surface soit bien pulvérisée et rendue perméable à Tair et aux premières racines des jeunes plants.
Bien qu'en général le terrain des pépinières doive être maintenu dans un état de fertilité moyenne, la jsurface du sol destiné au semis doit être bien fumée. Ceci est encore
Pt)MMIER. 317
une indication de la nature ; car, si nous examinons ce qui se passe pour les ensemencements naturels des forêts, nous voyons que les graines sont placées dans une couche superficielle du sol très- riche en humus, provenant de la décomposition des feuilles et autres débris végétaux. Il semble que les arbres aient besoin, pendant leur première jeunesse, d'une noumture abondante, facile à puiser, en rapport avec la délicatesse de leurs organes, tandis que, plus lard, alors qu'ils ont acquis plus de vigueur, ils se contentent d'une nourriture moins bien préparée, plus difficile à absorber.
La dernière étude, lors de l'opération que nous décrivons, est le mode d'ensemencement. Ici nous avons à examiner successivement la manière de répandre les semences sur le sol, la profondeur à laquelle elles doivent être enterrées, les procédés à employer pour les recouvrir. Deux procédés sont usités : le semis à la volée et le semis en ligne.
L'ensemencement à la volée est généralement préféré, comme le plus prompt, pour les semences dont la grosseur ne dépasse pas celle du pommier. Pour cela, on unit bien la surface du sol avec un râteau, puis on y répand la semence à la main, le plus régulièrement possible, et de fih» çon à ce qu'elles soient placées à 0",02 environ l'une de* l'auti'e.
La profondeur klsiqueWe les pépins doivent êlre placés dans la terre demande aussi à être examinée avec attention.
On sait que l'air et l'eau sont indispensables à la germination des graines ; celles-ci doivent donc être enterrées de manière à recevoir l'influence de ces deux agents. Placées au-dessous de O'^jlô de profondeur, ellefe sont privées du libre concours de l'air, et elles ne germent pasï placées tout à fait à la surface, lès graines un peu volumineuses ne rencontrent pas une suffisante quantité-
d'humidité, et leur germination reste stationnaire. C'est donc entre ces deux points extrêmes qu'on doit chercher Je degré de profondeur le plus convenable pour le développement de chaque espèce.
Toutefois c^tte indication ne peut être considérée que -comme une règle générale qui varie en raison de la nature 4US01. Ainsi, dans une terre argileuse très -compacte, ces . pépins devront être placés plus superficiellement, ^rce que ce terrain est moins perméable à Fair et qu'il jest toujours plus humide. Dans un sol très-léger, dans un sol siliceux, ils seront placés plus profondément, parce que les couches superficielles sont plus exposées à la sécheresse, et que ce terrain est plus perméable à l'air.
Pour les pépins de poînmier, il con\âendra de les enterrer à environ O-Ol.
Les graines ayant été répandues sur la terre, on les recouvre de. manière à les placer au degré de profondeur que nous venons d'indiquefr. Cette couverture se composera de paille en décomposition, de fumier de couche, ou de matières analogues. Cette sorte de couverture empêchera la couche superficielle du sol de se dessécher aussi vite ou de se durcir sous' l'influence des pluies abondantes ; elle retarde aussi le développement des plantes nuisibles.
Enfin, les pépins ainsi enterrés, il faut Fig. 219. - RoiiiôAu encore procéder au plombage du sol, à main. c'est-à-dire le tasser légèrement sur es graines, afin que tous les points de celles-ci soient t)ien en contact avec la terre et y puisent plus facilement rjiumidité. Celte opération peut être effectuée avec le dos ^filapçlle,ow aveçun^^ort^ d? batte, qu m jeux encofe
avec le rouleau à main indiqué par la figure 219. Ce plombage est surtout utile pour les terrains légers. Dans les terres compactes il est moins nécessaire, et Ton ne devra plomber que très-légèrement.
. Quant aux soins que réclament ces semis pendant Tété suivant, ils consistent surtout en quelques arrosements pratiqués dans la soirée, pendant les grandes chaleurs de Véié ; on procédera aussi à des sarclages pour détruire les plantes nuisibles ; enfin, on éclaircira les jeunes plants lorsqu'ils seront trop serrés. Cette dernière opération sera faite par un temps humide et dès le premier développement des plants.
Ba repiquage. — Le repiquage a pour but d'enlever les jeunes plants des plates-bandes des semis, oîi ils sont trop serrés et se nuisent mutuellement, pour les placer à plus grande distance dans un autre carré où ils s'habi" tuent à l'ardeur du soleil. Par ce déplacement, on arrête aussi rallongement des racines qui, dès lors, se ramifient davantage.
Parfois, certains pépiniéristes, dans le but d'économiser la main-d'œuvre, laissent les plants dans le carré des semis, se contentant de les éclaircir successivement jusqu'à ce qu'ils soient assez distants pour pouvoir attendre, sans se nuire, le moment de leur plantation à demeure, qui n'arrive souvent qu'après cinq ou six ans de semis. Ainsi traités, ces- arbres sont pourvus d'un petit nombre de racines très-longues, peu ramifiées, et qu'on extrait difficilement du sol. Il en résulte que leur reprise est presque impossible. Le repiquage, qui suspend l'allongement des racines et les force à se ramifier, fait disparaître ces inconvénients.
Pour procéder au repiquage, il faudra toujours choisir l'automne, aussitôt que les feuilles commenceront à tomber. En opérant ainsi , les jeunes plants développent q|jfelques Jffcines pendai^t Thiyer ; ils preni^eqt ppgsesï
sion du sol et se défendent alors beaucoup mieux des premières sécheresses du printemps que s'ils venaient d'être plantés. Il y a toutefois une exception à cette règle, c'est pour les terrains compactes et humides, dans lesquels les racines seraient exposées à pourrir pendant l'hiver. Là, il sera préférable de ne faire le repiquage qu'en mars, lorsque le sol sera bien égoutté et qu'il commencera à se réchauffer. Tous les pépiniéristes connaissent les avantages des repiquages d'automne pour les espèces à feuilles caduques ; mais les deux causes suivantes les empêchent souvent de choisir cette époque : d'abord, à ce moment; ils n'ont pas assez de bras pour suffire au travail des expéditions , puis ils manquent alors de terrain pour ces repiquages ; car c'est souvent celui qui devient libre, par suite de la vente, qu'on destine aux nouvelles plantations. Il faudra toujours choisir, pour pratiquer ces repiquages, un temps doux, plus humide que sec, et lorsque la terre est bienégouttée.
L'âge le plus convenable pour soumettre les plants au repiquage est un an ; à ce moment, les racines ne sont pas encore très-longues, et l'on peut les enlever toutes sans les endommager.
Le repiquage comprend trois opérations distinctes , la déplantation , la préparation ou V habillage et la plan^ tation,
La rfe/?7a/2/a/io/2 se fait en creusant à l'une- des extrémités de la plate-bande une tranchée dont la profondeur dépasse de quelque peu l'extrémité inférieure des racines. En minant ensuite le terrain de proche en proche, on soulève les jeunes plants sans détruire ni désorganiser le chevelu de leurs racines. Aussitôt que cette opération est terminée, le jeune plant doit être mis en jauge, s'il n'est pas planté immédiatement, car l'air dessécherait rapidement les radicelles et nuirait singulièrement à la reprise. Nous avons recommandé plus haut de procéder au semis
de façon à obtenir un nombre de plants d*un tiers plus considérable que ne le comporte la surface à repiquer. Lors de la déplantation on ne conservera que les plus beaux, ceux auxquels les pépiniéristes donnent le nom de balivaux. Les autres seront vendus comme plants de rebut.
Uhabillage des jeunes plants consiste à couper avec un instrument bien tranchant celles de leurs racines qui ont été endommagées, et cela immédiatement au-dessus du point où la blessure a été faite, puis à supprimer une partie du pivot de la racine. Ces opérations ont pour but de favoriser la cicatrisation des plaies faites aux racines, et de forcer celles-ci à se ramifier davantage, pour que les transplantations suivantes s*effectuent avec plus^ de succès.
On ne doit supprimer sur les pivots, soit simples soit ramifiés, que le tiers de leur longueur, c'est-à-dire couper vers le point où ils commencent à diminuer sensiblement de grosseur (A,/?5r.220).
On s'est souvent élevé contre la suppression d'une partie du pivot de la racine, surtout pour les espèces destinées à former des arbres de haut jet. On a dit que celte opération nuisait à leur développement futur et surtout à la beauté de leur tige. Mais l'expérience a démontré que les trèsfaibles inconvénients de cette pra- Fig. 220. — Piant d'un an. tique sont bien plus que compensés par les avantages qu'elle procure. En effet, ce pivot ne sert aux jeunes arbres qu'à les fixer au sol pendant les deux ou trois premières années de leur végétation ; passé ce temps, il ne prend plus d'accroissement, et est remplacé par des ra^
;«i CULTURE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.
miflcations d'autant plus grosses qu*elles naissent plus près de la surface du sol; dans les arbres déjà âgés, on n*en remarque même plus aucune trace. En retranchant une petite étendue de ce pivot, on ne fait donc que devancer la nature de quelques années, et Ton favorise le développement de nombreuses ramifications, qui, i>lacées plus près de la surface du sol, fonctionnent avec bien plus d'énergie.
Mais il convient de supprimer aussi une petite étendue de la tige, le tiers environ, afin de rétablir l'équilibre entre cette dernière et la quantité de racines que Ton a conservées. Cette double opération se fait rapidement en prenant les jeunes plants par poignées ; on pose les racines sur unl^iilot en bois et d'un seul coup de serpe on coupe ce qui doit être retranché. On procède de même pour la tige.
Plantation,-^ Le sol de la pépinière ayant reçu la première préparation décrite plus haut, on applique au carré qui doit recevoir le repiquage une fumure convenable^ si le sol n'est pas naturellement assez riche , puis cette fumure est enteiTée à l'aide d'un labour pratiqué à 0™25 de profondeur.
La distance à réserver entre les jeunes plants lors du repiquage doit être telle que la lumière paisse éclairer complètement toute la hauteur de chacune des tiges, afin d'y maintenir un certain nombre de petits bourgeons latéraux qui contribuent à son accroissement en diamètre à mesure qu'elle s'allonge. Autrement ces tiges ne grossiraient pas et l'on n'aurait ainsi que de mauvais arbres. Il conviendra donc de laisser un intervalle de 0«»50 entre les plants.
. Pour la mise en terre de ces plants on se sert d'un cordeau tendu sur chaque ligne, puis on ouvre, pour chaque plant, un trou avec la bêche. Les plants devront être disposés en quinconce.
. Formation de la tige des plants repiqués, — Si^ après
le repiquage on abandonnait à lui-même le développement de ces plants, oïi n'obtiendrait que des buissons plus ou moins informes. Il convient donc de leur appliquer certaines opérations destinées à leur faire développer, le plus l'apidement possible, une tige droite, vigoureuse et suffisamment élevée. L'opération la plus importante pour cela est le recépage f auquel on procède de la manière suivante :
Après la deuxième année de végétation, vers la fin de février, on coupe la tige de tous ces jeunes plants à 0"»10 environ au-dessus du sol. Ce tronçon de tige se couvre bientôt de bourgeons vigoureux. Aussitôt qu'ils ont atteint une longueur de 0""25 environ, on choisit le plus fort, autant que possible le plus rapproché du sol et attaché sur la tige du côté du midi. On le dresse verticalement en le fixant à l'aide d'un jonc contre le sommet du tronçon de tige. Tous les autres bourgeons sont coupés entièrement. — Le bourgeon conservé se développe avec tant de vigueur pendant ce premier été qu'il peut acquérir une longueur de 3 mètres (%. 221). Au mois de février suivant, on coupe en A le sommet du tronçon de tige.
Non-seulement cette opération permet d'obtenir en une seule année une jeune tige droite et vigoureuse , mais elle contribue encore à mieux constituer les racines de l'arbre. Le recépage a, en effet, pour résultat d'arrêter l'allongement des racines et dé les faire se ramifier davantage. D'où il suit que la reprise de ces arbres sera plus
Fig. 221. — Jeune pommier d'ua an de recépagei
324 CULTURE D£S ARfiRËS A FRUITS A CIDRE.
assurée lors de leur plantation à demeure. — Si Ton veut au contraire former la tige avec le brin primitif du plant on n'obtient qu'un arbre tortueux, qui s'accroît lentement, qui s'endurcit et dont les racines, longues et peu ramifiées, rendent la reprise plus difficile. Souvent on remarque dans le carré des repiquages certains plants qui, par suite de leur constitution spéciale, se développent moins vigoureusement que les autres. On prévoit déjà qu'il sera diflicile de former rapidement une belle tige avec ces sujets. Pour prévenir cette difficulté, on devra procéder de la manière suivante : Vers le mois d'août du second été qui suivra le repiquage, tous les individus qui présentent ces caractères reçoivent â leur base une greffe en écusson exécutée avec les soins que nous indiquons plus loin. Cet écusson est pris sur une variété de pommier quelconque, pourvu qu'elle soit extrêmement vigoureuse. Au printemps suivant ces plants écussonnés sont recépés comme les autres, et c'est le bourgeon qui naît de l'écusson qui sert à faire la tige. Celle-ci se développe aussi vigoureusement que celle des plants non greffés. — Si quelques-uns des écussons n'avaient pas réussi, on les remplacerait au printemps par la greffe en fente anglaise que nous décrirons bientôt. Il est bien entendu que les liges ainsi obtenues sont destinées à être regreffées en tête comme celles des plants obtenues directen^ent du sauvageon.
La lige des jeunes pommiers exige encore quelques soins pendant les années qui suivent le recépage. Souvent celte jeune lige se couvre, dès la seconde année, de rameaux latéraux dont quelques-uns, plus favorisés par la lumière ou leur position, se transforment en branches vigoureuses (A, fjg. 222;, qui disputent au rameau terminal la prééminence qu'il doit conserver pour prolonger la tige.
Pour empêcher le développement trop vigoureux de
ces ramifications, on devra, chaque anné'e, jusqu'à Tépoque de la plantation à demeure, visiter ces arbres vers le mois de juin, et couper l'extrémité herbacée des bourgeons latéraux les plus vigoureux, c'est-à-dire ceux qui naissent dans le voisinage du bourgeon terminal {fig. 222). Cette mutilation suffira pour arrêter leur vi-
Fig. 222. — Jeune pommier de 3 ans de recépage.
Fig. 130. —Jeune arbre en pépinière avec branches latérales trop vigoureuses.
gueur. Si Ton négligeait ce soin, les bourgeons seraient transformés en rameaux, puis bientôt en branches qui affameraient le sommet de l'arbre. Si cela arrivait, le seul remède serait de tordre ces rameaux, l'hiver suivant, vers les deux tiers de leur longueur, comme en B (%. 223). Il faut bien se garder de supprimer, comme on le fait quelquefois, tous les rameaux latéraux, à mesure qu'ils se
développent, sous prétexte de favoriser rallongement rapide de la tige. On arrive, en effet, de cette manière, à la faire croître rapidement en hauteur ; mais pnyée du plus grand nombre de ses feuilles, organes qui développent les filets ligneux et corticaux descendants, elle
Fig. 224. — Jeune arbre en pépinière Fig. 223. — Sujet de pommier franc avec branches latérales d'une vi- en pépinière un an avant le grefgueur convenable. fage.
ne prend* plus qu'un très-faible accroissement en diamètre, ne peut pas se soutenir d'elle-même, et Ton est obligé d'enlever une partie de sa longueur lors de la plantation à demeure. On doit donc laisser les jeunes arbres continuellement garnis de petites ramifications du haut en bas (flg, 224), et se borner à supprimer celles qui tendent à prendre un accroissement disproportionné.
POMMIER 3!i7
On continue ce traitement jusqu'au moment où la tige a acquis une hauteur convenable, vers la troisième année après le récepage ; alors, on arrête le rameau terminal à 2"64 d'élévation environ, puis on commence à couper rez tronc les ramifications latérales les plus grosses, à Texception de celles qui sont placées vers le sommet. On répète cette opération pendant les deux ou trois hivers qui précèdent Topération de la greffe, et, ce moment arrivé, la tige offre Taspect de la figure 225.
A ce moment ces arbres sont plantés à demeure ou greffés dans la pépinière. Examinons celle dernière opération.
Greffage, — L'opération du greffage est Tune des plus importantes dans la production des arbres à fruits à cidre. Nous avons vu plus haut, en effet, que c'est le seul moyen qu'on puisse employer pour reproduire les diverses variétés. avec les qualités qui les font rechercher. D'un autre côté , l'opération de la greffe a pour résultat d'augmenter la qualité des fruits de chaque variété ; le principe sucré et l'arôme sont plus développés, et cela parce que la sève éprouve une certaine difficulté à traverser le point de jonction du greffon avec le sauvageon ; dès lors elle arrive en moins grande quantité à la fois dans les tissus du fruit ; elle est mieux préparée, mieux élaborée sous l'influence de la lumière et de la chaleur , le sucre et l'arôme sont moins étendus d'eau. Enfin le greffage hâte la première fructification des jeunes arbres ; cela est encore dû au ralentissement de la circulation de la sève au point de jonction du greffon avec le sujet; il s'ensuit que la sève des racines arrive en moins grande abondance à la fois dans le tissu des feuilles ; elle y est plus complètement préparée et elle devient ainsi plus tôt propre à former des boutons à fleurs.
Parfois, lorsqu'on remarque certains sauvageons (fui,
358 CULTURE DKS AUBUES A FRUITS A CIDRE.
par l'ampleur de leurs feuilles, la grosseur de leui's rameaux, semblent promettre une variété de bonne qualilé; on attend pour les greffer qu*ils aient donné quelques fruits; si cet espoir s'est réalisé, il en résulte une nouvelle variété qui est ensuite multipliée au moyen de la greffe. C'est ainsi que les nombreuses sortes de pommiers à cidre ont été successivement obtenues.
Les instruments ou objets divers nécessaires pour pratiquer la greffe sont surtout les suivants : Le principal est le g ivffoir {fig, 226). C'est une sorte de
petit couteau dont la lame, longue de 0™05 à 0™07, est un peu arrondie à son extrémité antérieure du côté tranchant. Au talon du manche est implantée une spatule en buis, en ivoire ou en os. On doit éviter de la faiie en métal facilement oxydable, parce que, destinée à soulever récorce, elle altérerait la sève. On se sert en oulre d'une serpette^
Fig. 226.
Greffoir.
227.— Égobine ou scie à main AB. Coupe transversale qUC tOUt le monde COnde la lame. ^
naît ; puis di!\xne égobine {fig, 227), petite scie à main dont la lame est longue de 0"18 à 0°»20. Les dents sont disposées de manière à ouvrir une large voie à la lame. Pour atteindre plus sûrement ce résultat, le dos de cette lame (A) est beaucoup plus mince que le côté opposé (B). Sans ce mode de construction, cet instrument, destiné à couper du bois vert, fonctionnerait difficilement. On joint à ces instruments
un petit maillet en bois qui sert à frapper sur le dos de la serpette pour fendre verticalement les grosses tiges des sujets, afin d'y placer le greffon. On doit être également muni d'un petit coin en bois dur, à l'aide duquel on maintient la fente entr'ouverte pendant r.opération.
Les greffons doivent être maintenus dans une position fixe sur le sujet pendant tout le temps de la reprise. On se sert pour cela de diverses ligatures. La laine grossièrement filée et peu tordue est la ligature que Ton doit préférer. Elle est très-élastique, et peut se prêter au grossissement du sujet, ce qui empêche les étranglements de la tige. On emploie aussi, comme moins coûteuses ou pour des tiges Un peu grosses, des lanières d'écorce de saule, de tilleul, d'ormeau dont on n'a conservé que le liber et qu'on fait ramollir dans l'eau au moment de leur emploi.
Une condition importante est de garantir de faction de l'air les plaies occasionnées par le greffage. On se sert pour cela d'un certain nombre de substances.
Les unes, connues sous lenom de /w^îs/jcs à greffer, ont pour base la résine; les autres, désignées sous le nom à' onguents de Saint- Fiacre, se composent en grande partie de terre argileuse.
Les onguents de Saint-Fiacre offrent l'inconvénient grave d'être facilement fendillés par la sécheresse et promptement entraînés par l'action des pluies ; il en résulte que la plaie n'est qu'imparfaitement abritée du contact de l'air. D'un autre côté, ils servent de refuge à certains insectes, et notamment dMx pucerons lanigères^ qui, se logeant entre cette sorte de couverture et f écorce, font naître, sur la greffe des pommiers, des exostoses qui nuisent singulièrement au succès de f opération.
Les mastics à greffer sont donc préférables. Ils doivent être composés de telle sorte, qu'ils ne coulent pas sous rinfluence du soleil et qu'ils ne soient pas fendillés parla
gelée. La composition de ces mastics varie selon que l'on veut les employer chauds ou froids.
Voici la compositioa de Tun des meilleurs parmi ceux qu*on emploie chauds :
Poix noire 28
Poix de Bourgogne 28
Cire jaune '. 16
Suif 14
Cendre tamisée ou ocre ... 14
pour lOO parties en poids.
Ce mélange doit être employé assez chaud pour être liquide, mais pas assez pour altérer les tissus de Tarbre. On ré tend sur les plaies à Taide d*une petite brosse.
Lorsqu'on a un certain nombre de greffes à mastiquer, il arrive souvent que le mastic ne se conserve pas assez longtemps chaud pour qu'on puisse terminer l'opération en une seule fois ; on est alors obligé de le faire réchauffer. Pour obvier à cet inconvénient, nous avons imaginé l'appareil suivant, à l'aide duquel le mastic est tenu constamment liquide.
Cet appareil se compose de deux parties superposées.
Fig. 228.— Appareil pour chauffer le masiic à greffer.
Fig. 229.— Coupe verticale de la ligure 228.
La première (A, fig. 228 et 229 ) est un vase de cuivre ou de fer battu présentant une capacité de 5 litres environ, et
destiné à recevoir le mastic à greffer (I, %. 229). Comme il arrive fréquemment que ce mélange résineux monte lorsqu^on le fait chauffer, le vase devra toujours présenter une étendue une fois plus considérable qu'il ne le faut pour contenir le mastic froid. Ce même vase est muni d'une anse (G, iig. 228), puis de deux petites pattes (D, ûg. 228), percées d*un trou à leur extrémité. La base de ce vase est engagée dans la seconde partie de l'appareil (E,//gr.228), et y est retenue au premier tiers de la hauteur de cette seconde partie, au moyen de petites pattes de tôle (F, //gr.229). Cette seconde partie se compose d'une sorte de petit réchaud de tôle qui reçoit, à sa partie inférieure, une lampe à huile (G, ûg. 229). Cette lampe, introduite par la porte (H, ûg, 228), est retenue au centre de l'espace au moyen de petites pattes en saillie (B, ûg. 229) rivées sous le fond ; des trous pratiqués sur la paroi établissent le courant d'air nécessaire à la combustion. Cette partie inférieure de l'appareil est jointe au vase supérieur au moyen de petites pattes à chai'nières (J) et de clavettes (K, ûg, 228).
Lorsqu'on veut se servir du mastic, on isole le vase de la partie inférieure et on le place sur le feu. Lorsque le mélange est bien chaud, on replace le vase sur le iféchaud et l'on allume la lampe, qui suffit pour maintenir le mastic assez Hquide. On devra faire en sorte que la brosse dont on se sert pour employer le mastic ne séjourne pas au fond du vase, car, lorsqu'on vient à le chauffer, cette paroi acquiert une si haute température, que les crins de la brosse seraient brûlés. Pour éviter cet inconvénient, on devra munir le manche de cette brosse d'un petit crochet, à l'aide duquel on le fixe sur l'un des côtés du vase, comme nous l'avons indiqué (L,%.229).
Les mastics à greffer, composés jusqu'à présent pour $tre employés froids, étaient tous à l'état de pâte malléa-
ble et présentaient par conséquent Tinconvénient trèsgrave d'obliger Topérateur à se mouiller constamment les doigts pour appliquer ce mastic; aussi on donnait presque toujours la préférence aux mastics employés chauds, quoique la nécessité de les faire chauffer déterminât une perte de temps. Mais M. Lhomme-Leforl, de Belleville- Paris, et quelques autres inventeurs ont imaginé un mastic liquide et que Ton -emploie froid. Ce mastic a la consistance d'une bouillie épaisse que Ton appUque très-facilement sui* la greffe à Taide d*une petite spatule de bois. Cette matière se durcit dans Tespace de très-peu de jours, ne se ramollit pas au soleil et ne se fendille pas sous l'influence de la gelée ; l'influence de l'humidité ne fait que hâter sa solidification. Ce mastic étant d'ailleurs livré à un prix peu élevé, nous sommes convaincu qu'il est appelé à remplacer les mastics employés chauds.
Les diverses sortes de greffes qui sont d'une utilité pratique réelle pour les arbres à fruits à cidre appartiennent aux trois groupes connus sous les noms de greffes en fente ^ greffes en couronne Qi greffes en écusson.
Les greffes en fente s'effectuent avec des rameaux ou des portions de rameaux préalablement séparés de leur pied mère.
Les conditions ci-après doivent être remplies, sous peine de voir échouer l'opération qui nous occupe : 1** choisir, pour greffons, des rameaux de l'année précédente, et prendre de préférence les plus vigoureux, les mieux aoûtés et appartenant à des arbres bien sains ; sur un même rameau, choisir le greffon vers le milieu de la longueur; le sominet est imparfaitement aoûté; vers la base, les yeux sont plus ou moins oblitérés; 2® faire en sorte que le greffon eoit toujours dans un état de végétation moins avancé que le sujet; si le contraire avait lieu, le greffon, ne trouvant pas dans le sujet une quantité de sève assez abondante pour fournir à ses be-
POWWIKR. 333
soins, se dessécherait ropidement. Pour atteindre plus sûrement ce but, il suffira de détacher les greffons de leur pied mère un mois ou deux avant l'opération, et de les enterrer complètement au pied d'un mur exposé au' nord. Ces greffons se conserveront parfaitement ainsi, et, leur végétation restant stationnaire tandis que celle des sujets suivra l'influence de la saison, ils seront moins avancés que ces derniers ; si les rameaux qui doivent fournir les greffons étaient en partie desséchés par suite d*un transport lointain et d'un emballage insuffisant, on devra leur rendre toute leur énergie vitale en les enterrant pendant quelques jours ; 3° placer le greffon sur le côté de la tige du sujet exposé au midi, afin que la sève y arrive en plus grande abondance ; 4** pratiquer les amputations nécessaires de manière que les écorces soient coupées bien net et non déchirées sur leur bord'; 5» faire coïncider parfaitement les jeunes couches du liber du sujet avec celles du greffon, sur la, plus grande partie de retendue de la plaie, car la soudure entre le greffon et le sujet n'a jamais lieu par les tissus ligneux, mais seulement par les parties intérieures de Técorce ou couches du liber; 6® ligaturer les parties opérées, puis recouvrir les plaies avec du mastic à greffer ; 7^ abriter les greffons, ^- ^^^ n . a
^ ' o ^ "> f,g. 230. — Cornet de papier
pendant les quinze premiers pour abriter les greffes. jours qui suivent l'opération, contre l'ardeur du soleil et l'action desséchante de l'air; on peut, dans ce but, les recouvrir immédiatement d'un cornet de papier (%. 230): ce cornet a en outre pour résultat d'éloigner certains insectes qui dévorent les boutons du greffon dès qu'ils
commencent à s'enlr'ouvrir; 8*> faire en sorte que les greffons, une fois placés, ne soient plus ébranlés. Le moindre choc, au moment où ils commencent à se souder avec le sujet, peut suffire pour détruire toute chance de succès.
Ce sont surtout les greffons placés sur les pommiers, les poiriers plantés dans les pâturages, les grands vergers ou en plein champ qui sont exposés à ces accidents. Les gros oiseaux viennent s*abattre sur le sommet de ces arbres nouvellement greffés, brisent le greffon ou au moins Tébranlent et nuisent à sa reprise.
Pour obvier à cet inconvénient, il sera bon de placer au sommet des arbres greftës une sorte de perchoir composé d'un rameau flexible (A, fig, 231) long d'un mètre environ, cintré au-dessus du greffon, et fixé solidement à l'aide de liens d'osier, par ses Fig.23i.— Perchoir pour extrémités, de chaque côté de la tige. défendre les jeunes Les oiseaux viennent se poser sur
greffes à haute tige , . ,, , ^
contre les oiseaux et ce perchou» sans ébranler le grefla violence des vents, f^^^ jj^jg ^^^^ pratique présente encore un autre avantage : lorsque le greffon se développe vigoureusement et qu'il est isolé au sommet d'un arbre à haute tige, il arrive souvent que, ébranlé par les vents violents, il se détache ; on prévient cet accident en fixant sur le perchoir, en juillet , les principaux bourgeons (B) que développe le greffon. 9« Veiller avec soin à ce que les nombreux bourgeons qui naissent presque toujours sur la tige des sujets étêtés, n'anéantissent pas le greffon en absorbant à leur profit toute la sève des racines. C'est surtout pendant Tété qui suitJ'opération que
la tige des sujets greffés se couvre de ces bourgeons. Aussitôt que la végétation du greffon commence à. se manifester, on pince les bourgeons de la tige les plus vigoureux, puis on les supprime complètement en commençant par ceux qui se sont développés à la base, et en avançant progressivement vers le sommet, de manière à ne détruire ceux qui sont dans le voisinage du greffon qu*alors que les bourgeons de celui-ci ont atteint une longueur d'au moins 0°»15; dO» Enfin choisir Tépoque la plus favorable pour pratiquer ces greffes. On les exécute le plus souvent au printemps, au moment où les boutons du sujet commencent à s'entr'ouvrir. On peut cependant greffer aussi en fente dans les premiers jours de septemlye, alors que les sujets n'ont plus de sève que ce qu'il en faut pour opérer seulement la soudure du greffon. Celui-ci ne se développe qu'au printemps suivant. Cette époque présente les avanges que voici : les greffons ne sont pas soumis avant leur reprise aux haies du printemps, qui les fatiguent beaucoup ; les cultivateurs sont en ce moment moins pressés de travaux ; enfin, l'on a deux chances de succès au lieu d'une : si l'opération manque à l'automne, on peut recommencer au printemps. Mais si l'hiver est rigoureux les greffons périssent souvent, et parfois aussi le sujet lui-même succombe à cette suspension anticipée de végétation qui résulte pour lui de la suppression complète de toutes ses ramifications. Cette seconde époque conviendrait donc seulement pour le midi.
l^ Une des greffes en fente les plus anciennes et les plus pratiquées est la greffe en fen le simple (fig, 238), Onl'e^^é-