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Grftffe on fente simple

336 CULTURE DES ARBRES A FRUITS A ClDRÊ.

cute de la manière suivante : donner au rameau qui doit servir de greffon une longueur de 0™iO à 0™i5, suivant la grosseur et la vigueur du sujet et de façon à conserver trois à quatre boutons. Faire en sorte que le sommet de ce rameau soit terminé par un bouton (A). Si l'on gveife à l'automne, supprimer les feuilles du greffon en ea consei'vant seulement le pétiole. Tailler la base (B) en lame de couteau sur une longueur de 0"*05 environ, en commençant cette entaille à la hauteur d'un bouton. Le greffon ainsi préparé, couper horizontalement la tête du sujet; bien unir la plaie avec un instrument tranchant si l'on a, pour cela, employé la scie. Pratiquer sur cette' coupe, avec la serpette, , une fente verticale (C) passant par le centre de la tige et descendant à 0™06 environ au-dessous de la coupe. Effectuer cette section verticale en imprimant à la lame de l'instrument un mouvement de bascule de manière à couper l'écorce avant le corps ligneux, afin que la première ne soit pas déchirée au lieu d'être coupée. Maintenir la fente entr'ouverte avec un coin en bois pendant qu'on y place le greffon.

Incliner très-légèrement le sommet (E, %. 233) de celui-ci vers le centre de la tige, puis ressortir un peu la base (F), de telle sorte que le Hber du sujet et celui du greffon soient certainement en contact sur un point de leur étendue. Enfin ligaturer le tout et recouvrir les plaies, y compris le sommet tronqué du greffon, avec du mastic à greffer. Toutefois la ligature ne sera pas rig. 233.— Greffe en fente nécessaire pour les sujets offrant un ^^"^'^* diamètre de 0»«05 et plus, et dans la

fente desquels le greffon sera assez serré. 2« Greffe en fenfe double (%. 23â). — Cette greffe dif-

Fig. 23'i.— Greffe en fente Bertemboise.

fère de la précédente parce qu'au lieu d'un seul rameau on en met deux sur le sujet, un de chaque côté du diamètre de la tige. Cette greffe devra être préférée lorsque la grosseur du sujet permettra d'y avoir recours ; car, la cicatrisation de la plaie horizontale étant surtout le résultat des bourrelets qui se forment à la base de chaque greffon, on conçoit que la plaie sera plus tôt fermée lorsqu'il y aura deux greffons que lorsqu'un seul sera posé. D'ailleurs, on aura ainsi plus de chances de succès : si l'un succombe, l'autre pourra réussir.

Toutefois, cette sorte de greffe présenterait des inconvénients si Ton ne procédait de la manière suivante : en effet, il n'y aura jamais union complète entre ces deux greflons, et la tête de l'arbre sera composée de deux éléments distincts. Or, cette tête d'arbre, arrivant à l'âge de 25 ans et plus, aura une tendance, lorsqu'elle sera chargée de fruits et agitée par le vent, à se diviser en deux et à fendre le tronc jusqu'à la base. Pour prévenir cet accident : conserver les deux greffons jusqu'au moment où la coupe de la tige sera cicatrisée. Alors supprimer le moins beau des deux greffons et faire la tête de l'arbre avQC un seul.

3" Greffe en fente Bertemboise {fig, 234). — Couper la tète du sujet en biseau terminé par une petite surface horizontale, puis placer le greffon au sommet du biseau, en opérant comme pour les greffes précédentes.

Lorsque le sujet ne sera pas assez volumineux pour porter deux greffons, on devra préférer ce mode dopérer aux deux précédents : d'abord, les bourrelets seront moins saillants et la tige moins difforme ; ensuite, toute la sève des racines étant conduite, à cause de la coupe oblique.

vers le point où est posé le greffon, celui-ci se développera plus vigoureusement.

D'ailleurs, il arrive souvent qu'avec la coupe horizontale et lorsqu'on ne place qu'un seul greffon, le sommet de la tige se dessèche vers le point opposé au greffon. On est alors obligé d'enlever cette partie après coup pour que la plaie se cicatrise.

4» Greffe en fente anglaise {fig. 235). —Couper la tête du Jeune sujet en biseau trèsallongé. Pratiquer une fente vers le tiers supérieur, de la longueur de la plaie. Répéter la même opération sur la base du greffon, mais en sens inverse, puis agrafer les esquilles de bois de façon à ce que les plaies se recouvrent l'une par l'autre et que les écorces se joignent parfaitement, au moins sur l'un des côtés de la tige.

Cette greffe, l'une des meilleures, exige malheureusement que le greffon présente un diamètre presque égal à celui du sujet. Aussi elle n'a d'utililé quepour le greffage en pied des jeunes arbres, comme nous l'avons expliqué plus haut à la suite du recépage, p. 324. Les greffes en couronne se distinguent de celles du groupe précédent par l'époque tar Jive à laquelle elles doivent être opérées. On les exécute lorsque les bourgeons du sujet ont atteint une longueur de 0^,02 environ, car il faut que la végétation soit assez avancée pour permettre de détacher facilement Técorce de l'aubier. Elles en diffèrent surtout papce que le corps ligneux n'est pas incisé ; l'é-r

Fig. 235.— Greffe en fente anglaise.

corce seule est fendue verticalement. Les soins généraux pour le succès de cette opération sont les mêmes que pour les greffes en fente. Les principales greffes de ce groupe sont les suivantes :

1^ Greffe en couronne Théophraste {ûg. 236).— Couper horizontalement la tige du sujet ou seulement les ramifications du second ou du troisième ordre, selon Tâge de l'arbre, à 0"'50 de leur naissance. Faire disparaître la trace de la scie avec la lame de la serpette si la tige ou les branches ont été sciées. Fendre récorce verticalement jusqu'à l'aubier sur une longueur de 0"K)8 environ. Tailler les greffons (A) en bec de flûte en pratiquant une coupe horizontale à la partie supérieure de l'entaille. Soulever l'écorce sur les bords de l'incision Fig.

faite au sujet, puis introduire le greffon entre cette écorce et l'aubier, en le disposant de manière que le côté entaillé soit appliqué sur l'aubier du sujet. Ligaturer ensuite, puis abriter du contact de l'air avec du mastic à greffer et coiffer d'un cornet de papier, comme pour les greffes en fentes.

On peut ainsi placer autant de greffoaç sur la coupe de la même tige ou de la même branche que le périmètre de cette tige ou de cette branche lé permet. Il sera toutefois nécessaire de réserver un espace de O^jOS environ entre chaque greffon. Il en résulte une série circulaire de greffons ; de là le nom de greffe en couronne donné à ce mode d'opérer. Cette sorte de greffe est d'un usage trèsfréquent pour les arbres à fruits à cidre déjà avancés en âge et dont on veut changer la nature de fruits.

Lorsqu'on appliquera cette greffe à des arbres âgés de

236 — GrefTe eu couronne Théophraste.

34J CULTUnE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.

vingt- cinq à trente ans et plus, il sera bon de ne pas la pratiquer la même année sur toutes les branches, car l'arbre, se trouvant tout à coup privé de tous ses boutons, et ne pouvant en développer facilement de nouveaux, en raison de l'épaisseur des- courbes inertes de Técorce, il pourra arriver que, les fonctions des racines étant brusquement suspendues, celles-ci pourrissent et déterminent la mort totale de Tarbre. 11 sera donc prudent de n'opérer que sur la moitié des branches à greffer, en les choisissant de manière qu'elles soient également réparties sur Tensemble de la tête de l'arbre ; puis on retranchera une faible partie des branches réservées. Deux ans après, lorsqjie les premières greffes auront pris un déve-

Fig. 237. — GrelTe en couronne perfeclionn«^e.

loppement convenable, on opérera les branches conservées.

2® Greffe en couronne perieclionnée (ïig, 237.) —Nous

avons perfectionné ainsi la greffe précédente : la tige est

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