U0,0OO
1861 2fr,738,000 —
On peut donc admettre, d'après ce qui précède, qu'aujourd'hui notre territoire produit en moyenne 60 millions d'hectolitres de vin. — Cette culture occupe et nourrit environ six millions d'habitants.
Quant au prix de vente de ces produits le tableau suivant montre qu'il varie avec l'abondance de la récolte, mais on voit aussi qu'il s'est élevé en raison du progrès des débouchés intérieurs ou extérieurs résultant de l'augmentation de moyens de transports.
AKSféES. PRIX MOYEN.
-De 1806 à 1820 33 fr. 29 c. l'heclolitre.
De 1821 à 1830 36 27 —
De 1831 à 1340 35 55 —
De 1841 à 18.H0 34 .55 —
De 1851 à 1860 49 27 --
De 1861 à 1871 49 68 —
(i) Les années de 1852 à 1857 correspondent à la crise de l'uidium avant le soufrage.
(2) A partir de cette année le soufrage a arrêté les ravages de l'oïdium.
(3) Le produit des années 1871 et 1872 ne comprend pas celui de l'Alsace et de la Lorraine, qui ont donné, en i869, 1,512,672 heciolitre's.
Si Ton multiplie par ce dernier chiffre les 60 millions d'hectolitres que nous avons indiqués comme produit moyen de nos vignobles, on trouve une valeur de 2,980,800,000 francs. D'après la statistique officielle de 1862, cette valeur ne serait que de 1,389,750,278 francs. Mais cette année-là le produit total n'a été que de 48,530, 120 hectolitres, et le prix moyen de Thectolitre a été seulement de 28 fr. 52 c.
M. de Gasparin fait remarquer avec raison que, dans le centre et surtout dans le midi de la France, la vigne substitue une récolte dont le produit est à peu près certain à d'autres cultures dont le résultat est beaucoup moins assuré ; qu'elle est une de celles qui exigent le moins de travail relativement au produit net qu'on en retire; qu'elle fait disparaître les jachères et utilise sans relâche toute l'étendue du territoire compris sous le climat qui lui est propre; qu'elle s'étend sur tous les sols, occupe ceux qui ne porteraient que d'improductives broussailles, procure de l'ouvrage dans toutes les saisons, à tous les sexes, à tous les âges , donne Heu à plusieurs fabrications importantes et à une grande quantité de marchandise peu encombrante.
Enfin, M. le docteur J. Guyot fait observer qu'au point de vue de l'hygiène et de l'alimentation, la France devrait consommer, eu égard à sa population, 100 millions d'hectoUtres de vin, ou environ 1 litre par jour et par tête. Or, le produit moyen ne s'élève aujourd'hui qu'à 60 millions d'hectolitres, d'où il suit que la production pourrait être doublée sans craindre l'absence de débouchés. Du reste, cette consommation intérieure augmente de jour en jour par suite des voies de communication qu'on multipUe de plus en plus et qui, diminuant les frais de transport, permettent au vin d'arriver économiquement dans une foule de localités oîi il ne pouvait pénétrer que difficilement. Mais, on ne saurait trop le