CHAPITRE III
Qnelqnes notions économiques relatives aux vignobles.
La culture du vignoble, telle qu'elle est encore pratiquée aujourd'hui presque partout, s'est constituée sous l'influence de circonstances économiques qui ont nécessairement pesé sur l'ensemble des procédés adoptés. Dans les régions les plus éloignées des grands centres de consommation, le Languedoc, la Provence, l'Aunis, la Saintonge, l'insuflisance des débouchés qui existaient alors par suite de la difficulté des transports a abaissé le prix des produits de la vigne. Aussi s'est-on efforcé d'y rendre la culture le moin^ coûteuse possible. Les vignes,
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plantées à grandes distances et non échalassées, couvrent le sol de leurs pampres. La culture y est faite à la charrue. Pour amoindrir les frais de transport des produits, on en a diminué le volume en les transformant en eaude-vie.
La Bourgogne, le Bordelais, la Champagne, le Maçonnais, le Beaujolais, la Touraine, etc. sont mieux situés, au point de vue des débouchés; ils sont placés au milieu d'une population plus dense, et leur climat, plus favorable à la production des bons vins , permet d*en obtenir de prix plus élevés. Aussi a-t-on pu appliquer un capital plus considérable à l'entretien de ces vignobles : les ceps y sont plus rapprochés, les pampres y sont soutenus par des échalas, la culture y est faite à bras.
Mais les circonstances qui ont présidé à Torganisalion de cette culture ont été, depuis quelques années, trèssensiblement modifiées. Le prix des bras employés dans le vignoble est non-seulement exorbitant, mais ces bras sont devenus insuffisants dans beaucoup^ de localités. De là, la nécessité d*y substituer la charrue partout où elle pourra fonctionner. D*un autro côté, le prix toujours croissant de réchalassement doit engager à le remplacer par des supports moins coûteux.
Il est vrai que les voies rapides de communication qui sillonnent aujourd'hui notre territoire ont ouvert aux produits de la vigne des débouchés inespérés, soit à Textérieur, soit surtout à Tintérieur, et qu'il en est résulté une élévation sensible dans les prix de vente, ainsi que le montre l'un des tableaux précédents. Mais cette élévation de prix est le plus souvent insuffisante pour compenser l'augmentation toujours croissante des frais de culture.
D'ailleurs l'établissement des chemins de fer, dont nous venons de parler, a apporté de graves perturbations dans les débouchés et dans les prix de vente des produits yiticoles de tous les vignobles qui, avant cela, four-