‹ Les vignobles et les arbres a fruits a cidreChapitre 41 sur 74 · P031M1ER. 3H · texte numérisé non relu

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coupée en biseau. On pratique une fente verticale sur Técorce, un peu à gaiiche ou à droite du sommet du biseau. Le greffon est taillé comme le montre notre figure. On enlève une petite lanière d'écorce sur Tun des côtés de la languette. Le greffon est ensuite placé sur le sujet, de, façon que la dent qu'il offre au sommet de la partie entaillée chevauche sur le sommet du biseau du sujet, et que la languette étant engagée seulement sous l'un des côtés de récorce, Tincision latérale de cette languette vienne s*appliquer contre le côté de Técorce du sujet non soulevée. On ligature ensuite et Ton couvre de mastic.

Cette greffe peut être employée dans le même cas que la greffe en fente simple. On peut aussi Tutiliser pour les jeunes sujets comme la greffe en fente anglaise.

En général, les greffes en couronne reprennent mieux que les greffes en fente. On n'est pas obligé de fendre et de mutiler le corps ligneux comme cela a lieu pour ces dernières; enfin on Içs exécute plus rapidement. Nous pensons donc, qu'en général, on devra les préférer aux greffes en fente.

Les greffes en écusson se composent d'une plaque d'écorce plus ou moins grande, de forme variable, mais offrant le plus souvent l'aspect d'un écusson d'armoirie A {Bff. 238). Cette plaque porte, vers sa partie centrale, un œil ou bouton.

Ces greffes sont particulièrement employées pour les jeunes sujets trop peu vigoureux pour développer rapidement une belle tige, ainsi que p^^ 238.-Gr'e"ffeen écus-

nOUS l'avons expliqué plus haut en son à œil dormant.

parlant du recepage. On connaît plusieurs sortes de greffes en écusson, mais la suivante est la seule qui intéresse la culture dont nous nous occupons.

Greffe en écusson à œil dormant [fîg, 238.) — On pra-

tique cette greffe en août, et Ton ne supprime la tête du

sujet greffé qu'au printemps suivant, si la greffe a réussi.

Voici les principaux soins que réclame cette opération : 1** Détacher de Tarbre qui doit fournir les greffons un bourgeon dont les feuilles offrent à leur base des yeux ou des boutons bien constitués ; supprimer les feuilles en ne conservant qu'un centimètre environ de leur

Fig. 239.— Kaceinté- pétiole C (%. 288), afin de pouvoir saisir

rieure d'un écusson. ,,, i j * i »-i ..

récusson avec les doigts lorsquil sera séparé du bourgeon. Tenir chacun des bourgeons ainsi

préparés dans un endroit obscur, frais et humide, jusqu'au moment où Ton posera les écussons.

2° Faire sur le sujet, au point oii récusson doit être posé, une incision B, pénétrant jusqu'au bois , offrant la forme d'un T, et écarter vers le haut, avec la spatule du greffoir, les deux lèvres de Técorce qui est ainsi préparée pour recevoir Técusson.

3° Séparer Técusson du bourgeon de façon à enlever, avecTécorce, le moins de bois possible, tout en conservant, au-dessous du bouton, Tamas de tissu cellulaire que montre la figure 239. Sans cette condition la reprise est impossible.

Fig. 2io.— Support pour les jeunes écussons.

4" Glisser Técusson entre Técorce et le bois du sujet au moyen de Tincision B (/zgr. 238), puis rapprocher les lèvres deTécorceaumoyen d'une ligature, de manière que la base du pétiole surtout soit bien appuyée contre le boisdusujet.

5** Quelque temps après cette opération, visiter les écussons et desserrer les ligatures si elles commencent à déterminer des étranglements.

6® Au printemps suivant, si les écussons sont repris, couper la tige du sujet à 0" 08 environ du point où Técusson a été placé, afin de déterminer le développement de ce dernier.

V Lorsque les écussons commencent à végéter, les garantir de la violence des vents eu les fixant contre le sommet tronqué du sujet D (fiff. 240).

8** Supprimer sur la tige du sujet les bourgeons qui se développent en même temps que celui de Técusson, en suivant Tindication donnée, p. 334, pour les greffes par rameaux.

9** Enfin couper en B (ûg. 240), l'hiver suivant, le sommet D de la tige du sujet.

Quant au choix à faire entre les diverses greffes, nous conseillons de suivre les indications que voici :

S'il s'agit de greffer dans la pépinière de jeunes sauvageons en vue de hâter le développement de leur tige, on emploiera la greffe en écusson. Si Técusson n'a pas réussi, on le remplacera au printemps suivant par la greffe en fente anglaise, à la condition toutefois de trouver des greffons presque aussi gros que la tige à greffer. Dans le cas contraire, on aura recours à la greffe en couronne perfectionnée.

Pour le greffage en tête des tiges d'une grosseur insuffisante pour recevoir deux greffons, on choisira la greffe en couronne perfectionnée. Si enfin cette tige est assez grosse pour recevoir deux greffons, on préférera la greffe en couronne Théophraste.

su CULTURE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.

Terminons cette question du greffage par celte dernière observation : Presque jamais on ne tient compte, lors de cette opération, de la végétation plus ou moins précoce du sauvageon et de la variété qu'il va recevoir. Or, parmi les variétés du pommier, il en est qui entrent en végétation un mois après les autres. D*où il suit qu'on est exposé à greffer une variété très-précoce sur un sauvageon à végctation tardive. Il résulte presque toujours de cette dissemblance dans l'époque de végétation un état chétif et languissant dont on ne devine pas toujours la cause. Si le greffon est plus précoce que le sauvageon, il se développe davantage, il forme un bourrelet saillant à son point de jonction avec ce dernier. Si c'est au contraire le sauvageon qui est le plus précoce, sa tige grossit plus vite que le greffon. — Pour éviter ces causes d'insuccès, il y aurait donc avantage à appareiller le sauvageon et le greffon quant à l'époque de leur entrée en végétation. On peut très-facilement remplir cette condition en procédant de la manière suivante : Au printemps de Tannée qui précède le greffage, marquer la tige des sauvageons avec un peu de peinture à l'huile de trois cçuleurs différentes indiquant, la première, les sauvageons très-précoces, la seconde ceux qui sont très- tardifs, enfin, la troisième, ceux qui entrent en végétation entre les deux premières époques. — Quant aux greffons, on connaît d'avance le degré de précocité de leur entrée en végétation. Il n'y a donc plus qu'à les appareiller avec les sauvageons.

Formation de la tête des arbres à fruits à cidre. — La première formation de la tète des arbres qui ont été greffés est une des opérations les plus négligées par les pépiniéristes. Le plus, souvent, ils abandonnent à luimême le développement de la greffe, bornant leurs efforts à ce que celle-ci acquière les plus grandes dimensions possibles dans un temps donné, sans songer à lui imprimer une forme en rapport avec la destination des arbres.

Il s*ensuit que, lorsqu*on plante ceux-ci à demeure, il est impossible de leur imposer une forme régulière, à moins de supprimer la plus grande partie des ramifications de la greffe ; de là, une perte de temps et des plaies considérables toujours nuisibles à Tarbre.

Voici donc comment il conviendra, après le greffage, de procéder à la formation de la tête de nos jeunes arbres.

Pendant Tannée de la reprise de la greffe placée au sommet des tiges, on veillera à ce qu'il ne se développe sur le greffon que deux, trois ou quatre bourgeons. S'il n'y en a que deux, ils devront être opposés (%. 241);

Fig. 2'il. — Pommier d'un an de greffe avec 2 rameaux.

Fig. 242. — Pommier d'un an de greffvî avec 3 rameaux.

s'il y en a trois, ils devront former un triangle ( %.2i2) ; s'il s'en développe quatre, ils devront être opposés en

34(> ClLTllKË DES AllBRËS A FRLlTS A GIOKE.

croix {fig. 243). S'il en appai'aît un plus grand nombre, ou si quelques-uns sont mal placés, on arrêtera leur allongement on pinçant leur extrémité herbacée quelque

Fig. 243. — Pommier d'un an de Fig. 2<4. — Pommier de deux ans de grefre avec 4 rameaux. greffe avec 4 rameaux.

temps après la première végétation. On veillera également à ce que les bourgeons réservés conservent la même force, et l'on pincera, vers le mois de juillet, Textrémité herbacée de ceux qui deviendraient trop vigoureux. L*arbre présentera, à la fin de la première année de greffe, Taspect des figures 241, 242 ou 243, selon le nombre des bourgeons conservés.

Pendant rhiver suivant, on raccourcira les rameaux conservés, en A, à 0"'30 environ de leur naissance, au delà

POMMIER. 3i7

de deux boutons placés de chaque côté, lesquels devront

Fidn de la fig. 24^*

Fi g. 245. — Pommier de deux ans de grerfe avec 6 rameaux.

Pian de la flg. 245.

Fig. 246. .— Pommier de deux ans de grefTe avec s rameaux.

seuls, pendant Tété qui suit, se développer vigoureusement.

A la fin de Tété, Tarbre, composé de rameaux principaux d'égale force ifig. 244, 245, 246), est en état d'être planté à demeure.

Dès que la tête des arbres sera composée de huit rameaux principaux, comme dans la figure 246, elle aura acquis sa formation complète, et il n'y aura plus qu*à en favoriser l'accroissement. Quant à ceux dont la tête n*oflre encore que quatre ou six rameaux, c'est après leur plantation à demeure qu'on complétera le nombre des branches principales.

Soins d entretien de la pépinière. — Ces soins d'entretien ont surtout pour but la culture annuelle du sol. la destruction des plantes nuisibles, les moyens à employer contre la sécheresse, l'application des engrais et la destruction des animaux et des insectes nuisibles. La culture annuelle du sol est destinée à maintenir le > sol ouvert à l'influence des

V / agents atmosphériques. Pour

\ / cela, tous les carrés et les

v^^ \y Jt^ plates-bandes de la pépinière

^^N^ I ^y^ doivent recevoir un labour ^^^=A=^^ chaque année vers le com-

^^f^^^^^ JL ^^^^^Nw ï^^ncement du mois de mars. • /\ ^^ ^^ labour ne doit pas être très-

/ \ profond, afin que les racines

/ \ des arbres ne soient pas mu-

' ^ tilées. Il ne devra pas dépas-

pian de la figure 216. g^r Ç>rfS% pour les carrés où

les plants ne sont âgés que de trois ans. Il pourra pénétrer à 0'",15 partout où les arbres dépasseront cet âge.

Il importera surtout de renoncer, pour exécuter ces labours, à remploi des instruments à lame, qui couperaient une grande partie des racines. 11 faudra n'employer que

des instruments à dents tels que la fourche ou trident {fîg. 247) ou la houe fourchue (fig. 248).

Quant à la destruction des plantes nuisibles, on oblient ce résultat, pour les plantes annuelles, soit à Taide du sarclage fait à la main, sur les plates-bandes de semis, soit au moyen du binage pratiqué pendant Tété. Les

Fig. 2'i7. — Fourche en trident.

Fig. 248. — Houe fourchue.

Fig. 2i9.

Serfouette.

plantes vivaces à racines traçantes sont extraites du sol à l'aide des labours dont nous venons de parler.

L'une des causes qui influent le plus défavorablement sur le succès des pépinières est la sécheresse du sol. On empêche cet effet de se produire à l'aide des binages, des couvertures et des arrosements.

Le binage consiste à remuer et à pulvériser le sol, à la profondeur de 0™05 environ, aussitôt que sa surface commence à se dessécher et à se crevasser. On peut pratiquer cette opération à l'aide de la serfouette ou binette indiquée par la figure 249.

Voici comment on explique Tinfluence des binages contre la dessiccation du sol. La chaleur du soleil dessèche la terre d'autant plus profondément que celle-ci est plus affermie, parce que, les particules qui la composent étant en contact immédiat les unes avec les autres, celles de la surface, desséchées par les rayons du soleil, réparent rhumidité qu'elles perdent aux dépens de celles placées immédiatement au-dessous d'elles. Celles-ci produisent le même effet sur les particules inférieures, et c'est ainsi que, de proche en proche, la sécheresse parvient à de grandes profondeurs.

A l'aide du binage, on ameublit la superficie du sol ; cette couche supérieure ainsi pulvérisée perd, il est vrai, rapidement son humidité ; mais, n'étant plus adhérente à la partie inférieure, elle ne répare plus aux dépens de celle-ci la perte qu'elle a éprouvée, et, s'interposant entre l'action du soleil et la couche inférieure, elle devient un obstacle au dessèchement de cette dernière. Pour maintenir cet état de choses, il faut donner un nouveau binage chaque fois que le sol a été mouillé un peu profondément par la pluie ; car celle-ci, en mouillant la surface, lui fait contracter une nouvelle adhérence avec la couche inférieure, et détruit les effets du premier binage.

Les binages peuvent être utilement employés surtout dans les terres argileuses, qu'ils maintiennent dans un état convenable d'ameubhssement. Quant aux terres légères, déjà trop perméables, et toujours trop exposées à l'évaporation, il sera plus avantageux, quand les circonstances le permettront, d'employer les couvertures.

Ces couvertures, que l'on pourra composer de broussailles quelconques, de fougère ou de bruyère, de feuilles sèches, de paille en décomposition, de silique de colza, offriront le triple avantage d'empêcher les effets de l'évaporation sur le sol, de s'opposer à la croissance des plantes nuisibles, de pouvoir être enterrées et de servir

ainsi d'engrais lors de Tenlèvement des plants. Leur action sera la même que celle des binages, c'est-à-dire que, non adhérentes avec la surface du sol, elles seront un obstacle à l'action des rayons solaires. Ces couvertures, répandues sur toute l'étendue des carrés, devront présenter une épaisseur de 0™ 06 à G" 07.

Les arrosements ne sont nécessaires que pour les semis qui ont reçu préalablement une couverture pour empêcher les effets de Tévaporation. On les pratiquera seulement pendant les grandes chaleurs de Tété, et dans la soirée.

Les divers plants obtenus dans la pépinière épuisent le sol comme toutes les récoltes que Ton demande à la terre. Il convient donc de fumer successivement les divers carrés à mesure qu'on les a vidés et avant de les charger de nouveaiix plants. Cette fumure sera enterrée pendant l'hiver à l'aide d'un labour de défoncement d'environ O» 40 de profondeur.

Destruction des animaux et insectes nuisibles. — La plupart des espèces ligneuses ont parfois beaucoup à souffrir de certains animaux ou insectes nuisibles : les lapins, les mulots, la taupe, la courtillère, le hanneton, le puceron lanigère, elc. Nous parlerons de la destruction de ces divers animaux et insectes nuisibles, après nous être occupés de la culture de ces arbres plantés à demeure.

De ï alternance. — On entend par alternance l'art de faii'e alterner les diverses espèces de plantes sur le même terrain, pour tirer de celui-ci le plus grand produit aux moindres frais possibles. La grande loi de l'alternance s'applique non-seulement aux plantes herbacées, mais encore aux jeunes plants cultivés en pépinière.

La théorie de l'alternance, pour les pépinières, repose sur l'observation du fait suivant :

Si Ton cultive sans interruption la môme espèce de plant

dans le même terrain, la vigueur des dernières levées diminue progressivement, quoique, avant chaque ensemeu' cernent j on ait ajouté au sol la quantité de principes fertilisants que la levée précédente y a absorbée; mais ce sol, devenu stérile pour Tespèce qu'on y a cultivée pendant plusieurs années, peut être très-fertile pour des espèces appartenant à d'autres familles de plantes.

Cette action des jeunes plants sur le sol , action à laquelle on donne le nom d'effritementy ne peut être exf^iquée d'une manière satisfaisante que de la manière suivante : on s*est assuré que les espèces de plantes appartenant à des familles différentes n'absorbent pas dans le sol les mêmes éléments nutritifs. On sait aussi que ces éléments, résultant des engrais, ne deviennent assimilables par les plantes qu'à la suite de réactions chimiques encore peu connues, qui ont lieu dans le sol et qui exigent un certain laps de temps pour s'accomplir. On conçoit d'après cela que, si la même espèce est cultivée constamment sur le même terrain et sous forme de jeunes plantes dont les racines formeront un réseau continu, l'absorption de l'élément nutritif particulièrement propre à cette espèce dépassera sa production dans le sol. Celui-ci deviendra donc relativement stérile pour cette espèce, mais pourra être fertile pour une espèce appartenant à une autre famille.

Il sera donc avantageux d'éloigner le plus possible le retour sur le même sol des mêmes espèces, des espèces du même genre ou de la même famille, et de remplacer dans le can*é des semis et des repiquages chaque levée de plant par des espèces qui s'éloignent le plus possible de celles auxquelles elles succèdent. Si le nombre trop restreint des espèces cultivées dans la pépinière forçait à faire reparaître trop souvent le même plant sur le même sol, il serait plus avantageux, plutôt que d'obtenir des produits sans valeur, de cesser alternativement et pério-

diquement la culture des arbres sur chacune des parties de chaque carré principal de la pépinière, et de la consacrer pendant un an ou deux à la culture des gros légumes. G* est un excellent moyen de rendre la fertilité à un terrain fatigué par la culture trop souvent répétée des mêmes arbres. C'est en vue de cette nécessité que nous avons conseillé d'organiser la pépinière d'arbres à fruits à cidre comme nous l'avons indiqué plus haut, page 811 .

Plantation à demeure. — Forme à donner à la plantation. —Deux formes peuvent être utilement adoptées pour les plantations d'arbres à fruits à cidre : la plantation en bordure sur la hsière des terres labourées de bonne qnalité ; puis la plantation en plein sur les prés naturels ou dans les champs dont le sol, très-léger, est exposé à la sécheresse.

Bordures. — Les plantations en bordure peuvent être considérées : 1® quant au nombre de lignes parallèles qui peuvent les composer ; 2^ quant à la distance à réserver entre les arbres, sur chaque ligne. Les plantations en bordure n'étant usitées que pour entourer les terres labourées, on devra se contenter d'en planter une seule ligne afm que leur ombrage ne cause pas un dommage trop considérable aux autres produits du sol. Quant à la distance à réserver entre les arbres, elle doit être assez considérable, parce que les pommiers ont une tendance à développer leur tête beaucoup plus en largeur qu'en hauteur ; parce qu'ils sont plantés sur un sol qui doit rendre d'autres produits, soit en fourrages artificiels, soit en grains ; enfin, parce qu'il est essentiel que chacune des parties de leur tête soit également éclairée, sous peine de voir les points les moins favorisés rester improductifs. Cette distance doit être telle, que, lorsque les arbres ont acquis leur développement complet, il reste entre la tête de chacun d'eux un espace de 5 à 6 mètres.

Toutefois la distance variera en raison de la nature du

sol ; en effet, les arbres acquièrent un plus grand déve^ loppement dans un terrain profond, substantiel et suffisamment humide, que dans un sol graveleux et exposé à la sécheresse ; et, de plus, les récoltes en fourrages et en grains ont dans les premiers terrains plus besoin de l'influence du soleil que dans les seconds. Pour les premiers, la distance devra être au moins de 20 mètres ; pour les seconds, elle pourra n'être que de 16 mètres.

Plantations en plein. — Si la plantation se compose de plusieurs lignes réunies, on peut donner aux arbres d'une ligne, par rapport à ceux des autres lignes, plusieurs dispositions dont le choix n'est pas indifférent.

Ainsi on distingue la plantation carrée et la plantation en quinconce H),

La plantation carrée [fig. 450) présente, comme on le

Fig. 430. — Planialion carrée.

Fig. ^i5l.

— Plantation en quinconce.

(1) Cette forme de plantation, usitée chez les Romains, portait le nom que nous lui donnons ici et qui dérive du mot latin quincutix, employé pour désigner le chiffre romain V; il y a en effet une grande similitude entre ce chiffre et les triangles équilatéraux que forment les arbres dç celte sorte de plantation, ■ ' '

voit, la disposition suivante : chaque arbre occupe, comme en A, Tundes angles d'un triangle rectangle. D'où il suit que chacun d'eux (L) se trouve placé au milieu d'un carré, dont quatre autres arbres, B, C, P, E, occupent les angles, et quatre autres, plus rapprochés, F, G, H, I, le milieu des côtés. Le terrain est partagé par les lignes de plantation en une foule de carrés, comme un échiquier.

Cette forme de plantation présente cet inconvénient que les arbres ne sont pas équidistants. Il en résulte que la tête des quatre arbres F, E, I, L, touche celle de leurs voisins sur certains côtés et laisse un grand espace au milieu du carré.

Dans la plantation en quinconce (ûg. 451), chaque arbre (A) est entouré par six autres arbres placés sur des lignes inclinées à 60**, de telle sorte que chacun d'eux occupe l'un des angles d'un triangle équilatéral (B).

Plantés d'une façon parfaitement équidistante, les arbres du quinconce sont plus réguhèrement éclairés par le soleil; aucune partie du sol n'est perdue pour la végétation ; enfin l'avantage le plus important, c'est qu'à surface de terrain égale, et à distance égale entre les arbres, on peut en placer un plus grand nombre avec la forme du quinconce qu'avec la plantation carrée. Or, comme on doit s'efforcer de tirer du sol la plus grande somme de produit, nous devons conclure qu'il faudra préférer la forme en quinconce.

Pour tracer un quinconce sur un pré ou sur un champ, on peut avoir recours à l'emploi de divers procédés. Nous indiquons le suivant qui est l'un des plus simples :

On se procure autant de piquets de 0*"40 à 0"50 de long que Ton a d'arbres à planter ; on en attache solidement un à chaque extrémité d'un fil de fer assez fort, recuit et bien dressé et qui aura une longueur égale à la distance que l'on veut ïP^ttre entre les arbres. Ce fil de fer ^er^ 4c n^esure^

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356 OULTL'RK DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.

Cela fait, on jalonne avec beaucoup de soin la ligne AA (//gr. 452) que nous supposons être la direction suivant laquelle on veut faire la plantation; puis on marque sur cette ligne, à Taide de la mesure, les points de B en H où doivent être plantés les arbres. On laisse à chacun

de ces points un piquet que Ton enfonce peu profondément, de manière à pouvoir Tôter facilement. Nous désignons par n» i et n<* 2 les deux personnes qui tiennent les piquets de la mesure. Quand on est arrivé en H, le n® 1 y laisse son piquet ; le n" 2 se porte en I et trace avec la pointe du piquet un petit arc de cercle, en tendant bien la mesure. Alors le n? 1 se porte en G, le n» 2 trace un second arc en I, qui coupe le premier, et enfonce un piquet à leur intersection; puis il se porte en J, y trace le premier arc ; le n» 1 place son piquet en F, le n*» 2 trace les points de I en N, et Ton s'en sert ensuite pour tracer ceux de la ligne OP et des suivantes. Quand l'opération est terminée de ce côté de la ligne AA, on procède de même de l'autre côté. A la fln de l'opération, l'espace est couvert de piquets dépassant la terre de 0" 30 à 0™ 40, qui marquent la place de chaque arbre et permettent de juger de' la régularité de la plantation. On enfonce alors les piquets à demeure pour les faire servir à tracer les trous. La ligne AA, qui sert de base à l'opération, sera toujours prise, autant que possible, dans le sens le plus étendu du terrain.

En traçant les arcs de cercle, le n« 2 doit tendre tou-

Fig.

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