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offre l'inconvénient de donner lieu à une dépense élevée lorsqu'on doit l'employer en grande quantité. Dans ce cas, on pourra le remplacer par de la résine en prenant le soin de renouveler cet englument de temps en temps jusqu'à ce que la plaie soit cicatrisée.
Nous ne saurions trop blâmer l'emploi du goudron de gaz ou coltary essayé parfois pour couvrir les plaies des arbres. Cette matière contient des substances corrosives, de l'acide phénique, qui détiniisent souvent les tissus vivants avec lesquels jon le met en contact. Telle est du moins l'observation que nous avons faite plusieurs fois.
Lorsque le's ulcères restent longtemps abandonnés à eux-mêmes, ils donnent lieu à une autre maladie, la carie.
I^e corps ligneux mis à nu, restant exposé à l'influence de l'air qui le décarbonise et à celle de l'humidité des pluies, finit par se décomposer, et se corrompt. Si cette maladie fait des progrès, tout le corps ligneux du tronc ou de la branche ou elle se manifeste se décompose de proche en proche; de telle sorte, qu'au bout d'un certain nombre d'années l'arbre devient entièrement creux, et que sa durée est très-sensiblement diminuée. Lorsque la carie est arrivée à ce point, il n'est plus possible de réparer les dégâts qu'elle a occasionnés. On peut cependant, si l'on tient à conserver l'arbre attaqué, prolonger son existence en empêchant
Fig. 276. —Coupe verticale du tronc d'un arbre opéré après la carie.
Taction de Tair et de Thumidité sur les parois de la cavité qui s'est produite.
A cet effet, on comble cette cavité jusqu'à rorifice A (%. 276) avec des pierres et du mortier ordinaire composé de chaux et de sable. Arrivé à ce point, on ferme complètement l'ouverture, de manière que Teau des pluies ne puisse pas y séjourner. On emploie, dans ce but, l'onguent de Forsyth, dont voici la composition :
Bouse de vache 580 gr.
Plâtre 250
Gendres de bois 350
Sable siliceux 30
Ces trois dernières substances étant parfaitement criblées, on y ajoute la bouse de vache, de manière à former une sorte de pâte. Avant d'appliquer cet onguent, on aura dû enlever avec soin toutes les parties d'écorce et de bois desséchées, de manière que les bords de la plaie, mis au vif, puissent développer des bourrelets qui devront fermer l'ouverture. Nous pensons qu'une couche épaisse de résine renouvelée de temps en temps donnera le même résultat. Nous donnons {ûg, 276) la coupe verticale du Ironc d'un arbre ainsi opéré.
Quoique le maçonnage que nous* venons d'indiquer puisse paraître bizarre, nous affirmons qu'il est employé avec beaucoup de succès dans quelques vergers.
Quelquefois aussi, on voit les arbres de certaines plantations qui, après avoir prospéré pendant quelques années, cessent tout à coup de se développer, languissent et meurent. Ce résultat se remarque toujours lorsque le sol a été tout à coup exhaussé à 0"^oO au moins audessus de son niveau primitif. Il se produit alors pour l'arbre une véritable asphyxie. Les racines, ne pouvant plus recevoir Finfluence de l'air, cessent leurs fonctions et pourrissent. Quelquefois cependant, lorsque les arbres sont jeunes, ils développent dans le voisinage de la sur-
face du sol de nouvelles racines qui remplacent bientôt les premières, et Tarbre finit par reprendre sa vigueur. Dès que les arbres placés dans de semblables circonstances présenteront cet état languissant, on devra se hâter d'enlever la terre qui surcharge le sol.
Si les jeunes arbres sont pris dans une pépinière oii, trop serrés, leur tige n'a pas été habituée à l'action du soleil et qu'on les isole au milieu des champs, il en résultera souvent un état maladif auquel on peut donner le nom dH étranglement de la tige. Les écorces, inhabituées à Taclion desséchante de l'air et à l'ardeur du soleil, se durcissent, perdent leur élasticité, la faculté de se prêter à la formation de nouveaux tissus au-dessous d'elles ; il y a étranglement sur toute l'étendue de la tige, et la sève des racines arrive très-difficilement jusqu'à la tête de l'arbre. Alors son action se fait sentir à la base de la tige et fait naître un certain nombre de bourgeons sur le collet de la racine. Le diamètre de la tige de ces arbres reste stationnaireet les rameaux s'allongent à peine de quelques centimètres. Pour prévenir cet accident, il faudra, comme nous l'avons recommandé au chapitre de la plantation, recouvrir ces tiges d'une couche de chaiix éteinte. Pour faire disparaître ce fâcheux état de choses, lorsqu'il se sera produit, il conviendra de débrider au printemps ces écorces endurcies. On pratiquera, dans ce but, avec la pointe de la serpette, sur toute la hauteur de la tige, et du côté du midi, une fente verticale sur Técorce et de façon à pénétrer jusqu'au corps ligneux. L'effet sera tel, qu'à l'au* tomne suivant on remarquera, entre les deux bords de la section, un intervalle dépassant souvent un centimètre. Dès lors l'arbre reprendra sa végétation normale.
Il est une autre maladie qui attaque fréquemment les arbres à finiits à cidre, et dont nous n'avons pas encore parlé : ce sont les chancres.
Cette maladie se reconnaît particulièrement aux carac-
teres suivants : la surface des branches ou des jeunes tiges se couvre d^abord de plaques brunes ; bientôt Técorce, désorganisée vers ces points, se déchire irrégulièrement, et laisse apparaître, sur la circonférence de ces plaies, une sorte de renflement spongieux et pulvérulent, de couleur brune (ûg. 277). Le corps ligneux est quelquefois lui-même attaqué jusqu'à la moelle. La plaie, grandissant toujours, finit pai* entamer toute la circonférence de la branche ou de la tige, et la partie placée au-dessus de cette plaie se dessèche et meurt.
Quelques faits semblent indiquer que le Fig. 277.-chancre S^^^^ ^0 Cette maladie est répandu sur sur une branche toutos les parties de Certains individus e pommier. ^^ qu'ils peuvent la transmettre à ceux avec lesquels on les unit. Si Tongrelfe un rameau d*arbre chancreux sur un autre individu, on voit souvent ce greffon périr de cette maladie et en transmettre le germe au sujet qui Ta nourrie. De là la nécessité de choisir les greffons sur des arbres bien sains.
Mais la cause la plus habituelle des chancres paraît devoir être attribuée à une gêne, à un embarras dans la circulation de la sève. Le fait suivant, souvent observé, semble justifier cette opinion : si des sauvageons vigoureux, élevés dans un sol riche et humide, sont greffés en tête et sur place, presque toujours ces tiges deviendront chancreuses pendant Tété qui suivra cette opération. Mais si ces arbres sont transplantés à l'automne dans la pépinière et qu'on les greffe au printemps suivant, ils ne seront pas atteints par cette altération. Dans le premier cas, la sève, très-abondante dans ces arbres, se trouve restreinte dans des limites trop étroites, par suite du retranchement de la tête pour pratiquer la greffe. Alors cette sève rompt ses vaisseaux, il y a extravasation, mélange des fluides,
fermentation et apparition des chancres sur les points de la tige où ces désordres se produisent. Si, au contraire, les arbres sont déplacés avant le greffage, ils perdent une grande partie de leur vigueur, la sève est moins abondante et Ton peut impunément les étêter.
La 'surabondance d'humidité. dans le sol favorise aussi Tapparition de cette maladie, même sur les arbres non soumis à des retranchements, et cela en augmentant outre mesure- la sève des racines.
D'après ce qui précède, le meilleur moyen préventif consisterait donc à éviter les retranchements considérables sur les arbres vigoureux et à assainir les terrains humides au moyen du drainage.
Lorsque les chancres existeront déjà^ on procédera de la manière suivante, en même temps qu'on fera disparaître la cause : Si Ton opère sur de jeunes ramifications, le plus simple est de les supprimer. Si la maladie s'est développée sur de grosses branches ou même sur la tige, on enlève toute Técorce et le bois malade avec un instrument bien tranchant, puis on laisse sécher la plaie pendant quelques jours et on Ik recouvre avec un englument résineux.
Maladies déterminées par les insectes. — Certains insectes causent des dommages considérables aux arbres à fruits à cidre. De ce nombre sont les suivants :
Puceron lanifère {misoxylus-mali^ Blot.) {%. 278). On reconnaît cet insecte au duvet blanc et abondant qui le recouvre. Il attaque de préférence les jeunes rameaux, au-dessous des- », ^^ ,. , . v ""^
, v^v.ocvuouiw'o Pjg 278. Puceron lanigère grossi. quels il forme une ligne a. individu mâle. B. individu femelle.
continue, même pendant l'hiver. On le rencontre aussi abondamment sur tous les bourrelets qui naissent à la circonférence des plaies. Enfin on Ta fréquemment observé
M>i CULTURE DES ARBREjS A FRUITS A CIDRE.
même sur les racines, près de la surface du sol. Cet insecte pique répiderme et absorbe la sève; c'est déjà là un dommage notable pour Tarbre, mais ce n'est pas le plus grave : sa piqûre cause un tel désordre danis les tissus qu'elle détermine la formation d'exostoses (%:279), qui, grossissant chaque année, entra- A'ent la circulation de la sève, et ibnt languir les branches, qui périssent bientôt. Si ces accidents se produisent sur une certaine étendue de la tête de l'nrbre, celui-ci se dessèche et meurt peu à peu.
Il paraît constant que cet insecte est originaire de l'Amérique septentrionale, et que, introduit d'abord en An* glelerre, puis en Normandie, il y a environ un siècle, il s'est ensuite répandu
tig.279.-Exostosespro- SUr tOUt notre territoire. Il a fait, déduites par la piqûre ré- • IX ' J J
cente du puceron lani- P^^^ cctte epoque, de grands ravages gère sur une branche dans nos plantations de pommiers, en
de pommier. , . . .• i> ^ i
sévissant particulièrement sur quelques variétés; celle dite joeawc/evacAe, plus exposée àses attaques en raison des chancres nombreux qui couvrent ordinairement ses ramifications, en a surtout souffert, à tel point, qu'elle a presque entièrement disparu de nos pommeraies, et que nos cultivateurs hésitent à la 'multiplier de nouveau.
Plusieurs moyens ont été conseillés pour la destruction du puceron lanigère; malheureusement la plupart sont inapplicables dans la grande culture ou sans effet. Un seul a produit, jusqu'à présent, d'heureux résultats : c'est remploi des corps gras et suctout des huiles de poisson non épurées.
On les appli(4ue tout simplement, à l'aide d'une brosse
POMMfER. 405
un peu dure, sur toutes les parties attaquées, et cela pendant le repos de la végétation.
Toutes les fois qu'on aura à opérer sur de jeunes arbres, soit dans les pépinières, soit dans les plantations à demeure, on ne devra pas hésiter à employer ce moyen efficace, et cela aussitôt que l'on s'apercevra de la présence des pucerons; car, ces insectes se déplaçant assez facilement et se multipliant avec une rapidité effrayante, on ne tarderait pas à les voir entreprendre toute la plantation, ce qui rendrait le travail plus dispendieux. ' On pourra également essayer ce moyen sur les vieux arbres; mais il devient sur eux d'une application beauiîoup plus difficile. On a conseillé, dans ce dernier cas, l'emploi du feu, dont on a obtenu d'heureux résuUats ; mais il convient d'user de ce procédé avec la plus grande prudence. A cet effet, on choisit le moment où les arbres sont dépouillés de feuilles ; on met le feu à une poignée de paille, puis on fait passer rapidement la flamme sous les branches attaquées. Le puceron étant recouvert d'un duvet très-inflammable, le passage rapide de la flamme suffit pour le détruire. Le point essentiel est de faire passer la flamme assez rapidement pour qu'elle n'échauffe pas trop récorce des branches et qu'elle n'altère pas les tissus.
Le hanneton commun (melolontha vulgaviSy L.). Nous avons déjà parlé de ce coléoptère en nous occupant plus haut des insectes nuisibles pour les vignobles, p. 261. La larve du hanneton est aussi un fléau des plus redoutables pour les jeunes pépinières d'arbres à fruits à cidre. Voici comment nous conseillons de procéder contre ces larves ou vers blancs : Vers le commencement de juin, à la suite d'une apparition nombreuse de hannetons, pratiquer un léger binage sur les carrés, y répandre de la graine de laitue à la volée et Tenterrer au râteau. Aussitôt que les jeunes plantes ont développé trois ou quatre feuilles, parcourir chaque jour les carrés de la pépinière, dans la soirée, armé
d'une houlette et enlever toutes les jeunes plantes fanées. On trouvera au pied de chacune d'elles trois ou quatre vers blancs.
Anthonome du pommier (Anthonomas pomorum). Cette sorte de petit charençon est de couleur brune. Vers la fin d'avril les individus femelles, qui sont restés engourdis tout l'hiver, percent avec leur bec la base des jeunes fleurs du pommier et y déposent un œuf. Au bout de quelques jours, chaque œuf éclot et donne lieu à une petite larve qui dévore l'intérieur de la fleur; celle-ci noircit et ne s'épanouit pas. Cette larve se transforme en nymphe quinze jours .après sa naissance, dans la fleur même, puis éclot vers le commencement de juin et passe Télé, l'automne et l'hiver dans Tengourdissement jusqu'au printemps suivant, époque de Taccouplement et d'une nouvelle ponte.
Nous ne connaissons pas de moyen pratique applicable à la grande culture pour la destruction de cet insecte.
Fig. 280. — Pyrale des pommes et des poires.
Pyrale des pommes et des poires {Tortrix pomana) {iîg. 280). -rr Après la fécQiïdation, le papillon femqllecJéT
pose un œuf dans l'œil du fruit nouvellement noué. Aussitôt éclose, la petite chenillette pénètre dans Tintérieur du jeune fruit. Devenue plus forte, elle se creuse une galerie sinueuse allant du centre à la circonférence, où elle se ménage une ouverture pour rejeter ses excréments.
Les fruits attaqués par cette chenille continuent de s'accroître et présentent prescpie toujours les signes d'une maturité précoce. Ces fruits se détachent et tombent; dès lors la chenille, qui est arrivée à sa grosseur, sort du fruit et se réfugie dans les fentes de Técorce ou à la surface de la terre. Là, elle s'enveloppe d une petite coque dans laquelle elle passe l'hiver. Au printemps suivant, elle se transforme en chrysalide, et le papillon éclot en juin. — Pas d'autre moyen de destruction que d'enlever avec soin tous les fruits véreux, soit sur l'arbre, soi^ tombés, et de les écraser avec la chenille qu'ils renferment.
Ypnomeute cousine (Ypnomeuta cognateUa) [fig, 281). — Les ailes supérieures de ce très-petit papillon sont d'un très-beau blanc et marquées de 25 points noirs. Ce papillon éclot en août et dépose bientôt ses œuis par plaques à la bifurcation des rameaux. Ils éclosent en septembre et les chenillettes passent l'hiver dans l'engourdissement, abritées sous une petite enveloppe de soie d'où elles ne sortent qu'en mai. Elles se dirigent alors sur les jeunes bourgeons, les enveloppent d'une toile soyeuse et vivent en commun en rongeant le parenchyme des feuilles, passant ainsi d'un bourgeon à un autre et dévastant toute l'étendue de l'arbre, qui semble parfois enveloppé d'une série continue de toiles d'araignées. C'est en juin que ces chenilles se transforment en chrysalides dans un petit cocon allongé. Ces cocons sont réunis en masse sous l'enveloppe commune à l'abri de laquelle les chenilles oi^t vécu. Lo papillon pgr^ît aif mpis d'août.
Cet insecte, qui est un des fléaux les plus redoutables pour les pommiers, est assez difficile à détruire. Il faudrait enlever ces nids de chenille à la fin de mai et en juin
l'ig. 281. — Ypnoinoute cousine.
au moment où elles se transforment en chrysalides, ou bien allumer des feux clairs dans la Soirée, en août, dans le voisinage des pommiers. On brûlera ainsi une grande quantité de ces papillons.
Bombyx livrée (Bombyx neulria^ L.) (ûg. 282). — La figure que nous donnons de cet insecte nous dispense de le décrire. La chenille [fîg, 288) vit sur tous les arbres fruitiers et les dépouille complètement de leurs feuilles. Le papillon femelle dépose ses œufs sous forme d'anneaux
autour des petites branches d'arbre {lîg. 284). Ces sortesi de bracelets ont parfois 0"03 de largeur. Ces œufs éclo-
Fig. 292. — Bombyx livrée.
Fig. 283. — Chenille du Bombyx livrée.
Iig.28'i.-C»:ufs Fig. 2»6. — Chedu Bombyx nille du Bombyx livrée. chrysorrhée .
Fig. 283. — Bombyx chrysorrhée (femelle).
sent au printemps. Jusqu'à l'âge adulte, les chenilles vivent en sociétés nombreuses abritées sous une. légère enveloppe de soie. Elles se dispersent après le dernier changement de peau. En juin, elles filent un cocon d'un blanc jaunâtre placé entre les feuilles ou sous la corniche des murs. Le papillon, d'un roux ferrugineux, éclot vers le commencement de juillet. Pendant tout l'hiver, enlever les bracelets d'œufs qui entourent les rameaux. Dès les premiers jours de mai, détruire les nichées de chenilles
réunies pendant le jour sous leur enveloppe de soie, ou accumulées à renfourchure de^ branches.
Bombyx chrysovrhée, bomkyx cul -brun {bombyx chrysorrhœa) (fig, 285), - papillon blanc, avec les quatre derniers anneaux de Tabdomen d'un brun obscur. La femelle dépose ses œufs, à la fin de juillet, à l'extrémité des rameaux des arbrçs fruitiers. Ces œufs, disposés en paquet, sont recouverts d'une bourre de couleur fauve sécrétée par l'anus de la femelle.
Les chenilles {îîg, 286) éclosent aux premiers jours de septembre. Elles enveloppent alors quelques feuilles d'une toile de soie et s'y tiennent abritées pendant tout Thiver. Au printemps elles sortent de cette retraite? pour dévorer toutes les parties vertes des arbres, mars elles y rentrent le soir ou à l'approche de la pluie. Elles ne qui Lient cet abri commun qu'après la dernière mue. En juin, elles filent un cocon grisâtre et le papillon éclot en juillet,
dette espèce de chenille est la plus commune de toutes et la plus redoutable pour tous nos arbres fruitiers. Couper pendant l'hiver les nids de chenilles parfaitement visibles à l'extrémité des rameaux.
Fig. 287. Fig. 288. — Chenille du Bombyx
Bombyx auriflue. auriflue.
Bombyx auriflue^ bombyx cul-doré (bombyx auri/Fua) {ûff, 287 et 288). — Espèce très-voisine de la précédent^;
elle en diffère par la présence de poils d'un beau jaune qui garnissent Textrémité de l'abdomen et qui servent aussi à la femelle à recouvrir ses œufs. Les mœurs de cet insecte sont semblables à celles de l'espèce précédente. On a recours à l'emploi du même moyen pour les détruire.
Maladies causées par les plantes parasites. — Il est une plante parasite qui cause aux pommiers des dommages
Fig. 290. — Gui implanté sur une branche de pommier.
Fig. 289. — Lichen développé sur la tige des pommiers.
réels, c'est le ffui (viscum album, L., //gr. 289). Cet arbrisseau s'y développe quelquefois en si grande quantité, qu'ils paraissent transformés, pendant l'hiver, en arbres toujours verts.
Ce sont surtout les grives qui procèdent de la manière suivante à la dissémination des graines du gui et les pla^ peiit dans Jps copditipn§ îavp;*a})les à leur développe?nent,
Ces oiseaux sont très-avides des baies de cet arbrisseau. Us les avalent avec les grains qu'elles renferment. Mais ils sont doués de la faculté de rejeter ces graines par le bec lorsqu'elles sont accumulées en certaine quantité dans leur estomac. Ces graines tombent sur les branches et y sont attachées par la matière visqueuse qui les recouvre. Au printemps suivant, elles germent, leur radicule rampe sur récorce et y pénètre par la moindre fissure qu'elle rencontre. Là, elle traverse les couches du liber, chemine entre Técorce et l'aubier, et tire des tissus environnants tous les fluides nécessaires à l'accroissement de la jeune plante. On comprendra que si un pommier nourrit une vingtaine de grosses touffes de gui , ce qui n'est pas rare, il soit singulièrement épuisé par la succion de ces plantes, devienne languissant et se dessèche progressivement.
Il est donc nécessaire de débarrasser les pommiers de cet arbrisseau parasite. Cette opération doit être faite lors de l'élagage et en coupant chaque touffe de gui rez Técorce des branches.
En vieillissant, le tronc et les principales branches des
arbres à fruits à cidre se couvrent d'une écorce sèche,
rude, et qui, en raison de son peu d'élasticité, se prête
difficilement au grossissement de la tige. D'ailleurs, les
interstices multipliés de cette écoi-ce favo-
Xrisent, en retenant l'humidité, le développement d'une grande quantité de mousses et de lichens (fig, 290) servant de refuge à une multitude d'insectes nuisibles. Pour débar- Fig. 291 -Plane rasser les arbres de cette écorce desséchée, îi^îiT'ôcorce ^^ ^^ ^^'** ^^^^ succès, dans le pays d'Auge^ sur la tige des d'une sorte de plane [ûg. 291) tranchante, pommiers. ^^^^ laquelle on gratte la tige et les grosses branches. Cette opération est faite vers la fin de l'hiver, et de telle sorte que toute Técorce desséchée soit enlevée
sans altérer les parties vivantes. Pour empêcher les mousses et les lichens de reparaître, on couvre, immédiatement après, les parties opérées avec un lait de chaux.
Ce travail, qui n'a besoin d^être répété que tous les dix ou douze ans, contribue puissamment à entretenir la vigueur des pommiers, et même à la rappeler dans ceux qui sont fatigués par Tâge. Il contribue aussi, en dimi^ nuant les aspérités des branches, à rendre moins facile la multiplication du gui. Ces vieilles écorces et ces mousses doivent être brûlées avec soin après leur séparation de la tige, afin de détruire les larves d'insectes qu'elles renferment en grand nombre.
Dans certains cas, on voit les pommiers des pâturages qui, après avoir poussé pendant quelque temps avec une vigueur passable, deviennent languissants et se couvrent d'une quantité de mousses et de lichens .dont nous venons • de parler. C'est ordinairement le résultat d'un excès d'humidité dans le sol et de l'absence d'une quantité suffisante d'engrais. Dans ce cas, il faut appliquer à ces arbres l'émoussage dont nous venons de parler, puis donner à la terre un marnage selon la proportion usitée, dans la localité, pour les terres labourées. On répandra, en outre, sur toute la surface du sol, une fumure convenable et l'on procédera à son assainissement au moyen du drainage.
Rendement. — Lorsque les arbres dont nous parlons ont été convenablement traités, ils commencent à donner quelques fruits vers la sixième année de plnntalion; dix ans après, leurs produits sont déjà importants, et l'on peut regarder les firbres comme en plein rapport vers l'âge de 25 à 30 ans. C'est à cette époque surtout qu'ils se chargent quelquefois d'une telle quantité de fruits, que les branches sont courbées jusqu'à terre et se rompent sous le poids. Pour éviter ces accidents, on doit soutenir chacune de ces branches avec des perches fourchues. 11 est presque impossible d'évaluer d'une ma-
4U CULTLRË DES ABBRËS A FRUITS A CIDRE.
nière un peu précise le produit moyen de ces arbres, car il varie en raison de la dimension des individus et d'une foulé de circonstances accidentelles qui favorisent lafruc- Ufication ou Tempêchent. On peut cependant Testimer, en moyenne, dans les années fertiles, à 12 hectolitres par arbre âgé de 30 à 40 ans. Ces 12 hectolitres donnent 3 hectolitres de gros cidre. Ce qu'il y a de très-remarquable sous ce rapport, c'est Tintermittence qui existe dans cette production, particulièrement pour les pommiers. Ainsi on ne voit presque jamais ces arbres fructifier abondamment deux années de suite : une année d'abondance est presque toujours suivie d'une année de stérilité relative. Nous avons indiqué la cause de ce phénomène en nous occupant de l'étude de la fructification en général. (Voir le volume relatif aux arbres à fruits de table.) * Réeolte des fruits. — Cette opération est plus importante que ne le pensent généralement les cultivateurs, car la qualité du cidre dépend presque autant des soins qui ont accompagné cette récolte que de la manière dont il est fait.
On doit, à cet égard, 1** ne récolter qu'au moment où les fruits présentent un degré de maturité suffisant; 2** employer un mode de récolte convenable ; 3* enfin séparer les fruits de qualités différentes.
Époque de maturité. — La maturité des fruits n'arrive pas à la même époque pour toutes les variétés ; elle s'opère généralement depuis le milieu de septembre jusqu'à la fin de novembre. Quelle que soit l'époque de maturité à laquelle appartient chaque variété, on reconnaît que les fruits sont mûrs à leur odeur agréable, à leur teinte jaunâtre, à leur chute spontanée, même en temps calme, enfin à la couleur foncée des pépins.
C'est surtout de ce degré convenable de matvrité que dépend, dans chaque variété, la richesse saccharine du fruit, source première de l'alcool qu'il contient.
POMMIER. 41.n
.Pour les fruits verts, cette richesse est de o "/•>
— mûrs, elle atteint 18 ♦'/u
— blets, elle n'est plus que de.... 8 "/o Enfin, dans les fruits pourris, elle est nulle.... o °io
. Mode de récolte, — Quelque temps avant l'époque de la récolte, les fruits dont la maturité a été hâtée par la piqûre des insectes, les fruits véreux, se détachent de Tarbre. Dès ce moment, il faut éloigner les bestiaux des vergers et des champs plantés d'arbres à fruits à cidre ; car ces animaux, très-friands de ces fruits, mangent avec avidité, d'abord ce qu'ils trouvent à terre, ce qui ne laisse pas d'occasionner une perte notable ; puis, guidés par leur instinct, ils saisissent les branches à leur portée, les brisent pour en enlever les fruits, et déterminent ainsi un dommage réel.
Quant aux fruits véreux, aussitôt qu'ils commencent à tomber, on doit, chaque matin, les faire ramasser. Ces fruits, de variétés différentes, toujours d'une qualité trèsinférieure, sont. mis à part et brassés aussitôt après leur récolte, car ils pourrissent immédiatement.
Dès que les signes de maturité se manifestent pour chaque variété, on choisit un temps sec, et, par un beau soleil, on procède à la récolte depuis dix heures du matin jusqu'à six heures du soir. Un temps sec ost toujours de rigueur ; car, si les fruits sont rentrés mouillés, ils pourrissent et noircissent rapidement.
Pour forcer les fruits à se détacher, un homme monte sur l'arbre et secoue violemment chacune des branches. La plupart des fruits se détachent ainsi très- facilement ; mais, si un certain nombre, moins mûrs, résistent à cet ébranlement, on les fait tomber à l'aide d'une légère gaule terminée par un crochet à l'aide duquel on saisit et on ébranle fortement les jeunes branches qui supportent les quelques fruits qui ont résisté au premier ébranlement.
On ne saurait trop s'élever contre l'usage barbare et
trop répandu qui consiste à procéder à cette récolte en frappant à coups de gaule sur les branches et sur les fruits. Il en résulte les deux inconvénients suivants : D'abord on détache ainsi une grande quantité de boutons destinés à la fructification de l'année suivante ; puis un grand nombre de fruits sont contusionnés, ce qui les fait se pourrir immédiatement et les rend impropres à la fabrication du cidre.
Malgré les soins que nous venons d'indiquer pour empêcher les fruits d*être contusionnés, ce fâcheux résultat se produit encore par suite de leur chute sur le sol parfois assez dur. Nous croyons donc qu*il sera utile de compléter Topéralion que nous vénpns de décrire par le procédé suivant usité sur quelques points de la Normandie {fig. 292):
Il consiste dans l'emploi d'une toile dont la dimension est calculée sur celle de la tôte du plus grand arbre du verger, et dans le centre de laquelle se trouve un trou pouvant embrasser le tronc.
Depuis ce trou jusqu'au bord s'étend une coupure qui, la toile une fois placée, est lacée par une corde passant par des œillets.
A chacun des coins on pratique également des œillets, qui reçoivent de trois côtés des piquets fichés en terre. . Le piquet A est plus élevé que les piquets B. Le quatrième angle est fixé à un tonneau, un panier ou même à une voitmre, moins élevés que les piquets B. Les fruits tombent sur cette toile et, suivant ce plan incliné, ils arrivent ainsi dans l'un ou l'autre de ces récipients.
Par ce moyen, les pommes ne sont pas meurtries ; elles ne sont pas souillées par la terre et la boue ; enfin il y a une assez grande économie de ' main-d'œuvre puisqu'on n'est pas obligé de les ramasser.
- Mise à part des fruits de différentes qualités. — A mesure- que les fruits sont rentrés à la ferme, on les dépose dans des greniers, ou sous un hangar assez vaste,
OÙ Ton a préparé des cases, fermées seulement sur trois côtés ; on place séparément, dans chaque case, les variétés de fruits de différentes qualités : les fruits amers,
Fig. 292. — Mode de récolte des. Pommes à cidre.
les fruits doux, les fruits acides. Il serait bon de mettre à part, autant que possible, les fruits des terres fortes et humides, et ceux des terrains légers ou calcaires. On devra se garder de former des tas trop considérables de fruits, car il se produit au centre de ces tas une fermenta*lion qui détermine promptement la pourriture et nuit singulièrement à la qualité du cidre.
4ii ClLTlRË DES ARBRES A F.RUilS A GIDRË.
Les fruits, ainsi disposés, peuvent attendre sans inconvénients le moment où ils auront acquis un degré de maturité suffisant pour être portés au pressoir. Seulement, s'il survenait des gelées un peu intenses, et que les pommes soient exposées à être atteintes par cet abaissement de température, il serait utile de les couvrir avec une couche de litière.
Dans les grandes exploitations où la fabrication du cidre j oue un rôle important, les pommes sont emmagasinées dans un grand grenier qui surmonte le pressoir. Une trappe pratiquée dans le plancher du grenier permet de faire arriver très-économiquement les pommes dans ce pressoir.
Séchage des pommes. — Dans Test de la France et dans quelques autres contrées, une certaine quantité de pommes, quelle que soit leur nature, est séchée pour être livrée au commerce ou consommée sur place à mesure des besoins. A cet effet, on coupe ces fruits en deux ou trois morceaux ; on les passe au four deux ou trois fois, sans les peler ; puis on les conserve dans des tonneaux placés dans un endroit sec, ou bien on les livre immédiatement au commerce. Ces pommes sèches servent à faire de la boisson. Employées seules, il en résulte un cidre assez médiocre ; mais en y ajoutant un tiers de cormes, on obtient une boisson passable. On procède à la fabrication de cette boisson avec les soins que nous indiquons plus loin pour les cormes.