CHAPITRE IL
Poirier.
Histoire. — Le Poirier commun {Pyrus communis^ Lin. {fîg, 293) est une de nos espèces d'arbres fruitiers les plus importantes, non»seulement à cause des nombreuses et excellentes sortes de fruits qui servent direc* tement pour Talin^entation, mais encore parce que les
POIRIER. 4i9
fruits d'un grand nombre de ses variétés fournissent une boisson connue sous le nom de poiréy moins hygiénique, il est vrai, que le cidre, mais cependant d'un usage assez répan^ du dans le nordouest et l'ouest de la France. Disons, toutefois, que la consommation du poiré est beaucoup moins grande que celle du cidre. Le bois de cet arbre est encore plus recherché que celui du pommier pour la gravure sur bois, l'ébénisterie et la menuiserie. Les auteurs qui se sont le plus occupés de
l'histoire du poirier ^'ig• 293. — Poirier commun.
le considèrent comme originaire de l'Orient, c'est-à-dire de la Chine, de la Perse et du Caucase. Les Grecs l'auraient d'abord cultivé, puis ensuite les Romains, qui l'auraient introduit en Europe. Ce serait depuis cette époque que cet arbre se serait naturalisé dans nos forêts en même temps qu'on obtenait successivement, par la culture et les croisements, les nombreuses variétés que nous cultivons aujourd'hui. La fabrication du cidre de poire ou poiré est aussi ancienne que la domestication du pommier et la fabrication du cidre. C'est seulement comme arbre produisant une boisson fermentée que nous avons à considérer ici le poirier.
naltiplieatioit dans la pépinière* — Les diverses sortes de poiriers cultivées pour le poiré sont
4â0 CULTURE DES ARBRES A FRUITS A CIDRE.
multipliées au moyen de la gi'effe. On doit choisir comme sauvageon le poirier franc, c*ést-à-dire de jeunes sujeU obtenus au moyen du semis de pépins de poires choisi* sur les variétés les plus vigoureuses.
En procédant ainsi on obtiendra des arbres qui prendront un grand développement et qui auront une longue durée. Nous nous sommes longuemei^t occupé de la mul* tiplication et de Télève des pommiers dans la pépinière : tous ces soins s'appliquent également au poirier. Il nous paraît donc inutile de revenir ici sur cette question.
Climat, sol, ei^poiiitioii. — Le poirier préfère les sols argilo-siliceux et argilo- calcaires riches et sur^ tout profonds, car ses racines pivotent davantage que celles du pommier. Il redoute les sables et les calcaires. Quant au climat, il réussit partout où se plaît le pommier. (Voir la pL II.) Il préfère cependant le climat de TOuesl* Les froids humides du nord -ouest lui conviennent moins qu'au pommier. Nous n'avons rien à ajouter pour cet arbre à ce que nous avons dit A\x pommier à l'égard de l'exposition.
Nous renvoyons également au pommier quant à la place qu'on doit faire occuper aux vergei's de poiriers à poiré et au mode de préparation du sol pour la plantation à demeure.
Clioix des irariëlés. ^ Le nombre des variétés de poiriers à poiré n'est pas aussi considérable que celui des pommiers à cidre. Il ne laisse pas toutefois que d'être aussi assez étendu. Toutes ces sortes de poiriers sont loin d'être également bonnes pour laproduclion du poiré. Les meilleures variétés sont surtout celle$ qui présentent réunies les conditions suivantes : une grande fertilité ; que les fruits renferment les éléments nécessaires pour faire de bon poiré, et surtout la plus grande quantité possible de sucre. Pour rechercherles meilleures sortes do poiriers à poiré, nous avons procédé