CHAPITRE III
Cormier.
Le cormier ou sorbier domestique (sorJjus domeslica, Lin.) (ïl^. 294) est un arbre qui croît spontanément dans les forêts du centre et du midi de la France.
Sa végétation est assez lente ; il peut rependant acquérir de grandes dimensions.
On en a vu dans l'Anjou dont le tronc offrait 4™ 16 de circonférence sur 3™30 de, hauteur ; Tensemble de -la tige s'élevait à 16 mètres. Mais, en général, le cormier ne dépasse pas les .dimensions du poirier. Le ' fruit, qui présente la forme de petites poires et qui est réuni par grappes, est employé dans plusieurs contrées pour faire une sorte de cidre auquel on donne le nomde corme. Cette boisson est de moins bonne qualité que le cidre de pommes ou que le poiré ; elle se conserve aussi moins longtemps, mais elle n*en a pas moins d'importance pour les localités oii Ton cultive cet arbre, dans les années où les autres fruits sont peu abondants. On consomme aussi les cormes à l'état frais lorsqu'elles sont blettes. Enfin le bois du cormier est très-recherché pour la gravure en relief et pour Tébénisterie.
ITariëtës. — On connaît plusieurs variétés de cor-
Fig. 294. — Cormier.
miers, parmi lesquelles nous citerons particulièrement les suivantes :
Cormiers à fruits roses, — Fruits moyens, turbines.
— à fruits rouges, — Fruits moyens, arrondis.
— ft fruits gris, — Fruits moyens, oblongs.
— à gros fruits roses. — Fruits gros, turbines. »- — rouges. — Fruits gros, arrondis.
— — gris. — Fruits gros, oblongs.
— a fruits blancs, — Fruits moyens.
— à fruits bruns, — Fruits moyens.
La variété à gros fruits rouges est la plus estimée et donne le produit le plus élevé.
Climat et sol. — Le cormier redoute les climats rigoureux ; c'est un arbre qui appartient surtout à la région de la vigne. Aussi sa culture est-elle particulièrement répandue sur quelques points du Midi, dans l'Anjou, le Poitou, une partie de la Bretagne et dans quelques localités de Test de la France.
Quant au sol qu'il préfère, on le voit surtout prospérer dans les sols siliceux un peu frais. Il s'accommode aussi, mais moins bien, des terrains siliceux, pierreux les plus secs, et même des sols calcaires. Dans les terrains riches et substantiels, sa végétation est plus vigoureuse, mais il est moins fertile.
Culture. — Multiplication. — Le cormier peut être obtenu franc de pied, soit au moyen de jeunes sujets recueillis dans les bois, soit, ce qui est préférable, au moyen de semis de pépins faits en pépinière. Mais, outre que l'on n'obtient ainsi que très-lentement de jeunes arbres propres à être plantés à demeure, on n'est jamais certain de la qualité des variétés ainsi obtenues. Aussi est-il préférable de multiplier cet arbre au moyen de la greffe, en se servant, comme sujet, du poirier ou de Taubépine.
Les autres soins de culture sont en tout semblables à ceux que nous ayoï^s indiqués pour le pommier et le noir î4er. . .